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DISTANCES DES SATELLITES AU CENTRE DE JUPITER

en rayons de ia planète, en liilomètres.

I" satellite. lo 6.049 430 000''

11= — . Europa 9.623 682 000

III» — . Ganymède 15.350 1 088 000

IV" — . Callisto 26.998 1 914 000

Ces distances sont relatives aux centres des satellites et de Jupiter, de sorte que, pour avoir les distances aux points les plus voisins de leurs surfaces, il faudrait, des nombres précédents, retrancher la somme des rayons de chaque satellite et

succès de la doctrine copernicienne.Mais on a été plus loin, et des observations précises et prolongées ont fourni des notions exactes sur les éléments dos orbites, sur leurs variations, sur les inégalités qui troublent leurs mouvements elliptiques. Si l'on songe aux actions réciproques de ces corps sur eux-mêmes et sur Jupiter, et si on les compare à celles du système autrement simple de la Terre et de la Lune, on n'est point étonné que Laplace ait dit que les inégalités dont nous parlons « rendent leur théorie fort compliquée ».

Bornons-nous à dire que l'ellipticité des orbites du 1" et du 4" satellite est insensible, celle du 3' très-faible, et que l'orbite du 4° a seule une excentricité notable.

de Jupiter, ce qui les diminuerait chacune, à peu de chose près, de 72000 kilomètres.

En raison de la faible inclinaison des plans de leurs orbites sur le plan de l'orbite de Jupiter, les trois premiers satellites passent, à chacune de leurs révolutions, dans le cône d'ombre que la planète projette à l'opposé du Soleil'. Il en résulte une éclipse de Soleil pour chacun de ces corps, et, pour Jupiter comme pour la Terre, une éclipse du satellite immergé dans l'ombre. En outre, suivant les positions difTérentes de Jupiter et de la Terre relativement au Soleil, il arrive que les satellites, même avant leur immersion dans l'ombre, même après leur sortie, sont occultés par le disque de Jupiter. C'est ce qui a toujours lieu pour les deux premiers satellites, de sorte qu'on ne peut jamais, de la Terre, observer que leur éraersion ou leur immersion ; tandis que le troisième et le quatrième disparaissent et reparaissent quelquefois du même côté du disque. Quant au satellite le plus éloigné, sa distance et l'inclinaison plus grande de son orbite sont cause qu'il passe assez fréquemment au-dessus du cône d'ombre, ou n'y plonge qu'en partie. Ses éclipses n'ont donc pas lieu à chacune de ses révolutions autour de Jupiter.

Il existe entre les mouvements des trois premiers satellites un rapport particulier', d'où résulte cette conséquence, constatée d'ailleurs par les observations, que les trois satellites les plus voisins de Jupiter ne peuvent subir d'éclipsés simulta-

1. L'ombre projetée par Jupiter forme un cône (cône non circulaire, vu l'ellipticité prononcée du globe), dont la longueur n'est pas moindre de 89 millions de kilomètres (0.6 de la distance 1). La section de ce cône, à la distance du satellite le plus éloigné, a un rayon dont les dimensions apparentes dépassent à peine 2°; mais à la distance du premier satellite, ce rayon soustend environ 19". Or, l'inclinaison des orbites des deux premiers satellites sur l'équateur de Jupiter étant à peu près nulle, leur inclinaison sur le plan de l'orbite n'atteint guère que 4°; ils pénètrent donc toujours dans le cône d'ombre, tandis que le IV° peut passer au-dessus ou au-dessous dans certaines circonstances.

2. Voyez Laplacc, Exposition du système du inonde, &" édition, p. 132.

nées : quand le second et le troisième sont éclipsés en même temps, le premier est en conjonction avec la planète; si tous deux passent au-devant de Jupiter, de façon à produire pour celui-ci des éclipses de Soleil simultanées, le premier satellite se trouve en opposition, c'est-à-dire éclipsé lui-même. La circonstance que nous venons de rappeler ne s'applique d'ailleurs qu'aux éclipses réelles des satellites, c'est-à-dire à leurs pas-

Fig. 160. Jupiter sans satellites, le 21 août 18o7. Positions des satellites relativement au rayon visuel mené de la Terre.

sages dans le cône d'ombre, et non pas aux simples occultations par le disque, occultations qui suffisent à les faire disparaître aux yeux des observateurs placés à la surface de la Terre. Il arrive quelquefois que les quatre satellites disparaissent à la fois pour nous, les uns étant éclipsés ou occultés, les autres se trouvant projetés sur le disque lumineux de Jupiter. Cette circonstance s'est présentée dans la nuit du 21 au 22 août 1867, quatre jours avant l'opposition : de 10'' 13" à il

58™ (temps moyen de Paris) la planète a paru complètement privée de ses compagnons ; le premier, le troisième et le quatrième satellite étaient tous trois en avant du disque avec lequel ils se confondaient, et le deuxième se trouvait éclipsé par son passage dans le'cône d'ombre de Jupiter. La figure 160 rend compte de ce phénomène, assez rare d'ailleurs \

De la Terre, les satellites de Jupiter sont aperçus comme de bien petites étoiles, dont l'éclat, du reste, n'est pas constant, ainsi qu'on va le voir. Mais, vus de la planète, ce sont des astres qui rivalisent pour le moins, en importance, avec notre Lune. Struve, en efTet, a mesuré leurs dimensions apparentes moyennes, et a trouvé des nombres qui indiquent des dimensions réelles fort remarquables. En voici le tableau :

Satellites.

• Dimensions apparentes -

Dimensions Terre = 1

■ée

les en

cUi diamètre kilomètres.

Volume.

Terre ^ 1 .

Le IIP satellite, le plus lumineux des quatre, est aussi, comme on voit, le plus volumineux; il vaut plus de quatre

1. Des observations analogues ont. été faites, le 2 novembre 1681, par Molineux; le 23 mai 1802, par W. Herschel; le 15 avril 1826, par Wallis ; le 27 septembre 1843, par Griesbacli.

2. Ces dimensions apparentes sont rapportées à la distance moyenne de Jupiter à la Terre. Secchi a trouvé des nombres un peu différents, que voici :

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