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LES SATELLITES

Le monde solaire connu des anciens comprenait tous les corps célestes dont nous venons d'étudier les mouvements et la constitution physique, à l'exception des petites planètes et des satellites de Jupiter et de Saturne. Il y a un siècle, le nombre des planètes n'avait point augmenté, et les confins du système ne s'étendaient pas au delà de Saturne. Il était donné au plus fécond et au plus ingénieux observateur des temps modernes, à l'illustre William Herschel, de doubler le rayon de la sphère qui embrasse les astres soumis à l'attraction du Soleil, en découvrant une, planète nouvelle, la planète Uranus.

C'est le 13 mars 1781, entre dix et onze heures du soir, qu'Herschel, occupé à explorer avec son télescope la constellation des Gémeaux, y découvrit une étoile dont le diamètre considérable fixa son attention. Il reconnut bientôt que le nouvel astre se déplaçait, et le prit d'abord pour une comète. Les observations, soumises au calcul par les géomètres, finirent par démontrer qu'il s'agissait là d'un corps dont la grande distance au Soleil et l'orbite presque circulaire ne pouvaient

laisser de doute sur sa nature : c'était bien une véritable planète .

Uranus a le plus souvent — cela dépend de sa distance à la Terre — l'éclat d'une étoile de sixième grandeur. Il est donc quelquefois visible à l'œil nu. C'est là du reste une petitesse toute relative, qui tient à l'immense distance de la planète au Soleil et par suite à la Terre, et à la faible intensité de la lulumière que le premier de ces astres lui envoie. Mais si l'on examine le point lumineux avec une lunette d'un fort pouvoir grossissant, la forme circulaire du disque apparaît avec netteté, et son diamètre apparent devient susceptible de mesure.

L'orbite décrite par Uranus autour du Soleil enveloppe l'orbite de la Terre à une si grande distance, qu'il est impossible d'apercevoir dans le disque de la planète aucune apparence de phases. Elle tourne pour ainsi dire toujours vers nous sa moitié éclairée.

L'orbite d'Uranus a une excentricité presque égale à celle de Jupiter (0.0466), de sorte que, pendant tout le cours de sa révolution qui dure environ 84 ans, — plus exactement 30 686 jours ^, — la distance d'Uranus au Soleil varie sans cesse, s'élevant au maximum à 742 millions de lieues, au minimum à 675 millions, en moyenne à 710 millions. C'est, on le voit, une différence de 68 millions de lieues environ entre ses distances extrêmes, entre l'aphélie et le périhélie d'Uranus.

Son éloignement de la Terre varie plus encore ; il est le plus grand possible, lorsque les deux planètes sont de part et d'autre et à l'opposé du Soleil; le plus faible, au contraire, si les deux planètes se trouvent du même côté de l'astre central. Dans le premier cas, Ui'anus est en conjonction, et sa distance à la Terre peut s'élever jusqu'à 775 millions de lieues, tandis que dans les oppositions cette distance peut descendre à 640 millions.

Son diamètre apparent, vu de la Terre, varie alors dans une proportion qui est figurée dans le dessin suivant (fig. 187).

De la distance d'Uranus et de ses dimensions apparentes, on a conclu ses dimensions réelles, qui en font un corps sphéroïdal 74 fois 2 aussi' volumineux que notre Terre, le diamètre de notre globe étant 4 fois et un cinquième moindre que celui d'Uranus (4.2085). C'est 13 400 lieues environ pour le diamètre, 42 250 lieues pour la périphérie de la planète. La

Fig. 18". Variations du clianiètre apparent clTraniis, à ses distances extrêmes et à sa distance nimenne de la Terre.

figure 188 montre les grosseurs conqjarées d'Uranus et de la Terre.

Les astronomes ne sont pas d'accord sur la question de savoir si le globe d'Uranus est parfaitement sphérique ou s'il est aplati à ses pôles de rotation. W. Herschel affirmait ce dernier fait, et Mœdler a déterminé , il y a quelques années , un aplatissement d'vm dixième, qui laisserait supposer une grande vitesse dans le mouvement de rotation d'Uranus sur son axe. D'autres astronomes, tels qu'Otto Struve , n'ont pu constater d'aplatissement sensible. Mais ce fait n'est peut-être pas en contradiction avec les observations de Mœdler et d'Herschel, et voici pourquoi. Il suffirait, comme le remarque Arago% de supposer par analogie que l'équatciu" d'Uranus coïncide à peu près avec les plans des orbites de ses satellites, pour expliquer comment il a pu se faire qu'à des époques différentes les

Fig. 188. Uranus et la Terre dimensions comparées.

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