‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 29 sur 67 · INVOCATION A L'ANGE GARDIEN · texte numérisé non relu

INVOCATION A L'ANGE GARDIEN

tuyele D qui custos es Auge de Dieu qui êtes mon moi, me tibi commissum pie- gardien par un bienfait de la tate supernà illumina, Cus- divine charité, écluirez-moi, todi, rege et guberna. Amen. protégez-moi, dirigez-moi et gouvernez-moi, Ainsi soit-il,

L'Ange protecteur de Sainte Céci, “Cécile, d'une famille illustre de Rome avait, dès sa plus tendre iounesce, voué sa virgiaité à Jéses-Christ. Elle méditait et jour le sant Evangile qu'elle portait toujours fille avait mis sa vertu à l'abri de la séduction

ns et du siècle par la pratique € ntinuelle de Ta

jortificationt: car sous Ses habits de soie elle portait

et par la prière pure que Dieu exauce toujours, a chambre devenait un sanctuaire. Tà, son céleste rardien, unique témoin de sa vie angélique et protecteur le <a chasteté, se manifesta à elle, et avec elic il chantait ee cantiques inspirés. Fiancée malgré elle par ses parents un jcune sc igneur Toma le vit arriver avec tine ndhcible tristesse le jour des noces. eo que toute ka famille se livrait à la joie, la vicrge de Jésus- Christ chantait dans son coeur les paroles du Psalmiste: ‘Faites, à mon Dieu, que mon coeur et ‘on corps jemeurent immaculés et que mon front n't point à

rougir.”

Depuis deux jours elle n'avait riture et ne cessait d'invoqnuer les ange t saint patrons NC trouvant entin époux l'rés-doux utsst avec tune noble fiquer furez-tmor qu personne Valérien en fit * Je dois vous apprendre q de Dieu, qui <'est const gard Va moindre tentative re part, sa contre Votre témérite, CEA uccomberez J'en serars désoiée

révélation “une ' 1 gré

voulait convertir, se sentit effrave: Epouse bien-aimé répondit-il, si vous voulez que j'ajoute foi à vos paro!ss, faites-moi voir cet ange. Quand je l'aurai reconnt pour un véritable envoyé de Die, je ferai ce que vous ve

Si vou | nes conseils, reprit la vierge, <i von embrassez la foi du Diet unique et veritable, vous verrez de vos veux l'ange qui veille à ma garde, Et quel est celui qui me mettra en état de voir cet ange? demanda

Valérien [y a, répondit Cécile, dans une retraite

voisine, un vieillard qui a le pouvoir de puritier les âmes et par son ministère elles deviennent dignes de contemple: !

les esprits célestes, Ce vieillard, où le trouverai-je,

reprit Valérien. La bienheureuse vierge lui indiqua la

retraite où se cachait Saint Urbain, Valérien v court, se fait instruire, et profondément touché de la gr:

à Cécile, revêtu des habits blancs des néophytes. En ce

moment, Cécile priait dans sa chambre: elle n'était plus seule: à sa droite se tenait debout nn ange, au visage resplendissant, aux ailes de flammes. Il portait dans ses mains deux couronnes entrelactes de Ivs et de roses. Valérien, transporté de bonheur, entra, et prosterné aux pieds de l'ange, reçut sur sa tête l'une de ces couronnes, Cécile l'autre. * C'est du jardin du ciel que je les apporte, dit l'ange, méritez de les conserver: elles ne se flétriront jamais. Maintenant, Valérien, puisque tu as été fidèle, le Christ, Fils de Dieu, m'a envoyé vers toi pour recevoir toute demande que tu auras à lui adresser, — Je n'ai qu'une affection en ce monde, répondit Valérien, qu'un désir à exprimer, celui de voir mon frère bien-aimé partager mon bonheur.” A ces mots, la figure de l'ange prit une nouvelle expression de joie céleste: * La grâce que tu demandes au Sauveur, dit-il, est celle qu'il désire le plus t'accorder.”" La vision angélique remonta aux cieux, au moment où Tiburce, frère de Valérien, entrait. ln embrassant son frère et sa belle-soeur: “ Quel est donc, S'écria-t-il, ce parfum qui s'exhale de vos cheveux ? D'où vient, dans la saison où nous sommes, cette odeur de roses et de lis qui remplit l'appartement? — C'est moi, frère chéri, dit Valérien, qui t'ai obtenu le privilège de sentir ce parfum céleste. Cécile et moi nous portons une couronne que tu ne saurais voir encore. — Est-ce un songe cria Tiburce, — Un songe! répondit Valérien:

notre vie en était un, car les idoles que nous adorions ne

sont que d'impurs démons. — Comment as-tu pu t'en convaincre, demanda Tiburce? — L'ange de Dieu me l'a enseigné, répondit Valérien, et il se manifestera À toi, si tu veux embrasser notre foi, — S'il m'était possible de voir un ange, reprit Tiburce, je ne demande pas mieux.” Cécile initia immédiatement le jeune patricien à l'étude dk nos saints mystères, lui découvrit l'inanité de la croyance aux idoles, et mit sous ses YCUX un pathétique tableau des espérances et des joies du ciel. Attendri et illuminé par les paroles que l'Esprit Saint mettait sur les lèvres de Cécile, Tiburee éclata en sanglots: * Frère, s'écria-t.. aie pitié de moi, conduis-moi sans délai à l'homme de Dieu." Valérien ne <e fit pas prier. Saint Urbain le, accueillit avec une indicible allégresse. Tiburce fut régénéré par le baptême, et la grâce divine, qui de--endit dans son âme, fut si abondante, qu'il voyait les anges de Dieu face à face. Les deux nobles patriciens, conquêtes de Cécile, furent bientôt dénoncés comme chre tiens et amené au tribunal d'Almachius. Promesses, menaces, sophisines rien ne fut négligé pour les séduire, rien ne put les anler. Au pied du tribunal même, en face de leurs juges et de la mort, le zèle et l'amour divin qui

dévoraient en faisaient des apôtres. Comme leurs

paroles produisaient quelque sensation dans l'esprit des

auditeurs, en signa à la hâte leur sentence et ils furent conduits sur le lieu du supplice “Touché de leur sort, l'officier qui commandait

leur disait d'u compassion: * Pour

vous obstinez-vous dans ce fatal aveuglement? l'ourquoi dire sitot un triste adieu à la vie? — Penses-tu, reprit Miburce, que si nous n'étions assurés des félicités de l'autre, nous montrerions tant d'allégresse au moment de

perdre celle-ci? — Ah! dit Maxime, si j'avais la certitude

que vous cites vrai, moi aussi je serais prêt à répudier

Jes frivolités du monde...” On voit déjà que la mission

du bon Ange de Cécile n'était pas encore finie.

# Tiburee promit à Maxime de lui donner un sign de son sort à venir, à condition que celui-ci demanderait pardon de ses péchés et se ferait instruire, s'il tenait li même sa parole. La promesse fut faite sincèrement. Au moment où les deux illustres victimes eurent la tète tranchée, les veux de Maxime furent témoins d'un prodige, * Quand le glaive frappait les martits, dit-il, j'ai vu distinctement les anges de Dieu, resplendissants comme des soleils. Cette vision ne s'effacera jamais de ‘m4 mémoire. J'en atteste la vérité, J'me de Valérien et celle de Tiburce se sont élevées vers le ciel, semblables à deux astres radieux (formes virginales!) les anges les ont reçues dans leurs mains et les ont transportées au pied du trône de Dieu.” Jn disant ces paroles, Maxime versait des larmes d'attendrissement. Il fut baptisé avec

toute sa famille et une infinité de païens à sa suite (TL).

L'Ange protecteur de Sainte Françoise Romaine. —

Nous empruntons tout ce qui suit à l'intéressante

(1) Darras- Histoire Générale de l'Eglise.

Vie de la Sainte, écrite tout récemment par la Comtesse

de Rambuteau (1).%..., En 1410, le pape Alexandre V

mourait à Bologne et seize cardinaux réunis dans cette ville, lui donnaient pour successeur Jean XXII Au moment où l'on procédait à l'élection, Ladislas, roi de Naples, comptant sur les troui ?s de l'interrègne, “'avançait jus” ‘à Velletri et menaçait Rome d'une invasion. Le nouveau pontife se hâta dé renouer l'alliance de son prédécesseur avec Louis d'Anjou. Tout d'abord leurs forces combinées triomphèrent des Napolitains, mais apres sa victoire, Louis fut abandonné de ses soldats que le pertide roi de Naples avait gagnés à prix d'argent. Seul et sans ressources, il dut se retirer. Quelques mois plus tard, Ladislas tombait à l'improviste sur la ville de Rome et la livrait au pillage. Les horreurs et les cruautés le cette invasion dépassèrent tout ce que la capitale du unde chrétien avait souffert jusqu'alors... A la svite des troupes napolitaines, la famine et la peste envahissent Rome. Ie jeune fils de la Sainte, le petit Evanista, qui avait à peine neuf ans, fut l'un des premiers atteints par la terrible épidémie. Aussitôt il se confetsa avec la naïveté de son âge et les sentiments d'un saint. a ensuite sa mère d'approcher; ses regards, d'une tendresse ineffable, se fixèrent sur elle, et pour la preparer au sacrifice, son coeur enfantin se fondit

d'amour et de pitié. — “ Très-douce mère, dit-il, consolez- Se

(1) Sainte Françoise Romaine. Victor Lecoffre, Paris 1909.—1 Vol. in-12.

vous. Pourquoi pleurer? Ne vous l'ai-je pas souvent répété que le monde n'était pas fait pour moi et que je voulais aller vivre avec le doux Jésus dans le pays des anges? Là, il n'y a ni péché, ni souffrance, ni chagrin... Non, non, mère chérie, il ne faut pas pleurer en ce jour de ma fête. 11 faut se réjouir et remercier Dieu... Les voici, mes saints protecteurs. Jls viennent me chercher ct m'emmener dans le Paradis... Je prierai pour vous, douce mère, EÉvangélista ne vous oubliera jamais. Au ciel, il sera toujours votre fils et vous viendrez le

rejoindre.”

L'enfant garda le silence un instant. Bientôt son visage s'éclaira d'une lumière surnaturelle: ses regards s'élancèrent vers les cieux et il s'écria comme en extase: “ Et voilà aussi les anges qui viennent pour m'emmener auprès de Jésus... Bénissez-moi, douce mère, et demeurez en paix... Que Dieu vous garde dans sa grâce, vous, mon pére bien-aimé, et tous ceux qui habitent cette demeure.” Il croisa ses petits bras sur sa poitrine; nn dernier sourire fleurit sur ses lèvres, et, "vec une joie tranquille, il rendit son âme innocente à son Créateur.

Au moment où il expirait, un touchant prodige vint glorifier sa mémoire et consoler sa mère. Dans la maison voisine, une enfant se mourait du même mal qu'Evangelista. Déjà elle avait perdu l'usage de la parole, lorsqu'on la vit se dresser sur sa couche avec les signes

du ravissement. D'une voix forte et distincte, elle s'écria

— Eee ie

à plusieurs reprises : * V'ovez, voyez, comme c'est beau!

Voilà Evangclista Ponziani qui monte au ciel entre deux anges.”

.... Une année s'était écoulée depuis que la Sainte bleurait son Evangelista, tout en l'invoquant comme un ange. Elle priait une nuit dans son oratoire, à l'heure où le ciel blanchit sous les Premières Jueurs du jour. Toui à coup, elle se voit enveloppée de rayons éclatants €t surnaturels, en même lemps qu'une joie mystérieuse inonde son âme. Elle lève les Yeux: Evangelista est debout devant elle. Sa taille, son doux sourire n'ont pas changé, mais ses traits sont d'une beauté inconnue à la

terre. A ses côtés est un autre enfant dont Ja splendeur Surpasse encore la sienne.

Françoise veut appeler son fi les forces lui manquent... Evangelista s'approche d'elle et la salue en inclinant sa belle tête... Alors la mère étend les bras, tais le corps immatériel de l'enfant échappe à ses étréintes, — Est-ce vous, à fils de mon coeur ? s'écrie-t-elle enfin, De quelle région descendez-vous ? Quels sont vos Compagnons et vos joies ? Ange de Dieu, n'avez-vous pas oublié votre pauvre mère? Au milieu des béatitudes

célestes, songez-vous encore aux souffrances d'ici-bas ? ”

* Le regard d'Evangelista s'éleva vers les cieux aver

ane indicible expression de bonheur avant de se reposer + — ‘ Ma demeure est au ciel. répon/lit l'en-

fant... Mes compagnons sont les anges, nous ‘avons

Pas d'autre occupation que de contempler les perfections

divines, source inépuisable de tout bonheur. Eternelle-

ment unis à Dieu, nous ne connaissons d'autre volonté que

{a sienne, et notre paix est aussi complète que son Etre

est infini, Lui-même est notre joie, joie sans limite et sans fin.”....

Ja bienheureuse écoutait comme ravie en extase, et toute son àme s'élançait au-devant des secrets divins.

“ Dans le ciel, poursuivit l'enfant, les anges supérieurs nous révèlent par Jeur lumière les mystères de la divinité. Si vous souhaitez, Ô ma mère, connaître le rang qui m'est à igné au milieu des choeurs célestes, sachez que l'adorable bonté de Dieu m'a placé parmi les archanges. L'esprit bienheureux que vous voyez à mes côtés est mon compagni m: il occupe un rang plus élevé que le mien, aussi sa beauté est-elle plus radieuse que la mienne, Dieu vous l'envoie pour vous consoler et votis guider dans voire pèlerinage de la terre au ciel. H sera toujours auprès de vous, visible à vos yeux, Mais invisible à tous... Jamais je n'ai perdu le souvenir de ceux qui m'ont aimé sur Ja terre. Je savais combien vous seriez heureuse de € revoir, et Dieu m'a permis de venir vous “nsoler. Réjouissez-Vous, Car je suis en réalité votre fils Évangelista. Mais j'ai pour vous un autre message, Ô ma mère. Le Seigneur réclame ma petite soeur Agnès (1); sa place est prète dans la Jérusalem d'en haut, et bientôt elle me rejoindra. Ne veus affligez pas. Soyez heureuse

plutôt d'apprendre qe VOS enfants seront parmi les anges

du ciel.” (1) Gracieuse enfant de huit ans, et qui, une année plus

4ard, alla réellement, elle aussi s'unir au choeur des Anges!

SAINTE FRANCOISE ROMAINT

Comme il parlait encore, le jour » vait. [ce soleil lançait à pleines gerbes ses flèches d'or dans l'oratoire.

Ah! combien cette brillante lumiere du matin semblait

pâle et froide, devant la splendeur qui rayonnait des

Bienheureux

Après s'être entretenu une heure avec sa mère. Evangelista lui demanda la permission de la quitter, car il gardait au ciei le respect filial : puis il disparut laissant

près d'elle son frère du paradis.

Françoise se jette aussitôt aux pieds de l'archange ; elle implore son aide pour la guider vers Dieu, la défendre contre Satan, la rendre conforme à la volonté divine. D'un sourire l'ange approuva sa prière et dès lors 11 Ja suivit, enveloppé d'une auréole lumineuse. Si vifs étaient ses rayons, que, durant la nuit, la bienheureuse pouvait facilement lire ou écrire à leur clarté. Ses regards éblouis ne distinguaient parfois aucune forme dans les flots de lumière. Mais lorsqu'elle luttait contre les démons ou qu'elle décrivait son guide céleste à Dom Antonio { Pia splendeur se voilait doucement et les traits de l'ange ressortaient dans leur merveilleuse beauté. Cette splen deur, reflet de la lumière divine, éclarait les âmes aux yeux de Françoise. La sainte voyait à découvert leurs. intentions, leurs fautes les plus secrètes: de là l'immense

action qu'elle exerçait autour d'elle. Elle suivait ainst (1) Dom Antonio di Monte Savello, religieux olivétain, son directeur,

toutes les pensées qui se formaient dans l'esprit de :on confesseur. Le saint pretre avait-il le coeur alangui de tristesse ou d'angoisse, il parlait de l'ange avec la bienheureuse, et aussitôt jaillissait en jui une source de lumière et de joie. Il se plaisait à questionner Françoise: :L'archange est-il toujours à vos cotés? Sous quelle forme le voyez-vous? Quelle est sa taille: — Sa taille, répondait la sainte, est celle d'un enfant de neuf ans: c'est la taille de mon Évangelista. Sa beauté surpasse celle du soleil. Je le vois souvent les bras en croix sur la poitrine, ses beaux Yeux levés vers le ciel, dans l'attitude d'une profonde adoration. Aucune parole ne peut ren Ire la pureté de son regard. Il me suffit de le contempler, pour sentir mon coeur bruler d'un souverain amour, et pour comprendre la noblesse de la nature angélique. son long vêtement, d'une éclatante blancheur, tombe jusqu'à ses pieds. Sur ses épaules, je vois une dalmatique, où tunicelle. dont La couleur varie, ile me parait parfois j'un blanc pur comme le lis, parfois rouge comme la flamme on bleu d'azur comme le ciel. Jamais il ne me quitte. Si je marche. il marche à mes côtés. S'il m'arrive de traverser des chemins poussiéreux où des sentier

fangeux, il les traverse avec moi: mais poussière ni fange

ne l'atteignent jamais. [l ne leur est pas permis de sout! in

ces pieds angéliques €t si purs.”

Françoise ajoutait que l'admirable chevelure de l'archange. semblable à l'or le plus fin. tombait en boucies

soveuses sur ses épaules. Cette parure céleste de Iumirt

SAINTE LIDWINE 115

‘levenait à certaines heures, pour Ja sainte, “une armure invincible." Se Voyäit-elle aux prises avec Satan, l'archange intervenait, * D'un mouvement très-doux et trèsgracicux, il secouait sa belle tête. Aussitot sa ches clure flamboyait à grande splendeur. Elle Projetait autour de lui les rayons d'or de sa beauté, pareils à des flèches de feu, et Satan disparaissait comme une ombr

l'ovages spirituels. — * Dans le commerce si niystélieux des Kaints avec leur Ange gardien, ce qu'il y a de

particulièrement merveilleux, ce sont les voyages

intelletcuels d'abord, puis les voyages réels en corps et

en âme, exécutés en sa socie Le et avec son assistance. Entre mille exemples de ce genre, nous nous cemtentcrons de n'en citer que deux ou trois, que nous CMpruntons à la grande Vie des Saints, “Suinte Lidivine. — Cette Sainte extraordinaire, em- Dortce ct dirigée par son ang gardien, fut, durant vingtuatre ans, chaque nuit, Pendant une heure au moins, conduite extatiquement en différents lieux, à R me, dans la Terre-Sainte, dans Plusieurs communaute religieuses, l'état spirituel desquelles elle re sut les informations exactes, * Dans ces circonstances, Ja était accompagnée apparaissait jamais que & merveilleuse, portant une croix Jumi ju elle ne püt être induite

* des ténèbres, qui a horreur de ce

‘Lorsque pour la première fois elle fut ravie, dit con vénérable biographe. cette inexprimable séparation qui retirait son CSprit de la sphère de la vie corporelle, iui causa une telle impression qu'elle se sentit défaillir, et qu'elle se erut Su le point de mourir Mais ensuite S'étant ACCOULUNICE AUS ravissements de ce genre, elle n'éprouvait qu'une inexprimable paix dans son coeur. out le temps qu'elle était transportée dans les licux que son bon‘ange lui faisait parcourir, son COTPS restait couché dans son lit, comme séparé de son àme et privé de

sentiment

“ Le plus souvent, au début, l'ange prenant l'extatique par la main. la conduisait dans l'église de Schiedam, qui était sa paroisse, devant l'autel de la Sainte Vierge, puis, quand Lidwine v avait fait une prière, il s'élançait avec

elle vers l'Orient. antôt le chemin passait à travers des

prairies verdovantes, émaillées de fleurs odoriférantses,

tellement qu la Sainte hésitait à suivre les pas de son ide spirituel! qui allait devant elle, de peur de mettre Îles ur la tige de ces fleurs. Ce n'était qu'aprés avoir

recu l'assurance qu'elle ne les briserait pas, qu'elle se décidait à aller plus avant. JT'antôt elle se trouvait devant un fourré si haut et si épais, qu'elle n'osait entreprendre d'y pénétrer: mais tout à coup elle se voyait transportée au-delà de l'obstacle par son ange, et le voyage se conti-

nuait sans embarras.

SAINTE LIDWINE 117 “Quant à ces voyages eux-mêmes l'historien de Sainte Lidwine rapporte en termes exprès, que ses voyages

n'avaient pas lieu seulement en esprit, mais que souvent

aussi, ils se réalisaient dans un ravissement corp Voici comment il s'exprime : ‘ Quoique la pieuse vierge, dans son état devenu normal depuis bien des années, fût dans l'impossibilité de se tenir sur ses pieds, elle acquérait, de bien des façons, la certitude qu'elle avait été ravie corporellement en divers lieux. Après avoir ainsi voyagé à travers la Palestine, visité les Licux-Saints, le Calvaire, Bethléem, Nazareth et d'autres encore qu'elle couvrait de ses baisers, qu'elle baignait de ses larmes, revenue de

là, on lui voyait les lèvies couvertes de durillons, et son

ange conducteur lui disait: “ Vous portez ces marques

comme une preuve certaine que vous avez été ravie, non-

seulement en esprit, mais aussi dans votre corps.

* Dans un voyage du même genre, passant sur un terrain glissant, elle fit un faux pas, et dans sa chute elle se blessa à la jambe droite qui resta ensuite enilée Plusieurs jours ct lui causa une vive douleur, — Comm ine fois, elle visitait les principales églises de Rome, qu'en allant de l'une à l'autre, elle se frayait un chemin les buissons avec les bras, il lui entra une ï dans Ie doigt et elle l'y retrouva au sortir de son «

À la vue et au sentiment des lésions corporelles recevait, elle avait coutume de dire, en répétant les paroles de son guide, qu'elle croyait avoir été ravie corpore

dans les lieux d'où elle venait.”

Le Bienheureux Gentil de Matclica. — Le bienheureux Gentil naquit à Matelica, petite ville de la Marclie d'Ancône: à peine parvenu à l'adolescence, il entra dans l'Ordre de Saint François: plus tard, étant déjà revêtu du sacerdoce il obtint de ses Supérieurs la permission! d'aller travailler à la conversion des infidèles, et il s'embarqua pour le Levant.

“ Avant de partir pour ces lointaines regions, il alla dire adieu à son père. Celui-ci, déjà infirme et avance en âge, se plaignit amerement de ce que son cher fils le délaissait ainsi au déclin de sa vie. ‘Mon père, lui répondit le B. Gentil, je vous promets devant Dieu de revenir vous assister à Vos derniers moments €t vous rendre les derniers devoirs. Consolé par cette promesse, de vieillard bénit son fils et le laissa partir.

# Arrivé en Orient, le bienheureux Gentil rencontre un obstacle qui lui parut insurmontable: malgré tous ses efforts et toute sa bonne volonté, il ne rt apprendre la langue de ces contrées, Découragé par cet insucces humble religieux <è disposait à reprendre le chemin de l'Europe, lorsque le Seigneur Jésus lui apparut et lui conféra le don des langues pour évangéliser ces nations infidèle:

‘Le hienheureux Gentil se mit alors à cvangéli-

l'Arabie et la Perse avec un Zee qu'aucun

obstacle ne put arrèter: le Seigneur confirmait sa Miss to

par des prodiges, et

saient la

BHENHEUREUX GENTIL 119

“Le don de prophétie ne mManqua pas non plus à

notre bienheureux. Mare Cornaro, ENVOYÉ extraordinaire

de la République de \ enIse auprés du roi de Perse, a

rencontré le saint Missionnaire, le Pria de l'accompagner # travers l'Arabie, Chemin faisant, Cornaro tot ba Malade et fut, en peu le jours, réduit à l'extrémité Ia Bienheurenx Jui prédit une Prompte guérison, les viciss tudes et les épreuves qui l'attendaient et lui annonça qu'il it un jour doge de Venise : tout arriva comme

serviteur de Dieu l'avait prédit,

En passant prés du Mont-Sinaï, le bienheurenx Gentil voulut visiter Sur cette montagne le tombeat de Sainte Catherine, et S'Y arrèta quelques jours avec l'am bassade vénitienne. Or, un jour, il disparut soudain du milieu de ses Compagnons de Voyage: son absence dura huit jours, après lesquels il Féparut parmi les péler étonnés. Mare Cornaro le pressa de lui découvrir où ; était allé, et ce qu'il avait fait pendant cette absence, 1: Bienheureux ne put S'empécher de lui avouer que,

la promesse qu'il en avait faite, il tait allé en Italie assister son père à ses derniers moments, qu'il avait présidé les funérailles ct Pris part au conseil de pour le règlement des affaires. Mare Cornaro, du n Italie, passa à Matélica Et put constater que la pr

Bienheureux dans <a pa

wec l'épouue et

Sinaï: il témoigna plus tard de ce fait et des autres prodiges que le serviteur de Dieu avait opérés chez les infidèles.. .”

La Vénérable Marie d'Agréda. — “ La relation suivante offre des exemples non moins surprenants que ceux qui précèdent. Nous les laissons dans l'ordre où 1ls sont rapportés dans la vie de la servante de Dieu pour té rien ôter de son intérêt à l'histoire, en la scindant Elle ctait bien jeune lorsqu'elle reçut les premi lumières infuses, les ravissements, colloques, appatit extases dont toute sa vie fut semée. Dès lors, Die reconnnanda de n'avoir plus d'entretiens et de rapport intimes qu'avec lui, avec Sa sainte Mère, les saints Ant

et les Pienheureux.

+ [tant religieuse, lc

licate que sublime, celle d : avait, pour atteindre ce but, besoin

plus hautes régions de l'oraison ct servaient de m

Comptons parmi les plus insignes, la société de cinq à

qui aidaient l'ange gardien à l'illuminer,

plus hautes regions de l'oruson et servaient

ordinair servante de Jésus-Christ, pour COMIMTIM 1 avec le ciel... À mesure que ja Vénérable, à l'aide dk saints protecteurs, gravissait les hauteurs de la perfec

et acquérait de nouvelles clartés, sa charité s'étendait s'enflammait, montait avec les extases.

culièrement pour objet la conx ersion des paiens

voulu obtenir de Dieu, pour tous les hommes, la conni

sance de la vraie foi. Son désir devint fort comme la mort Ft le Seigneur, qui l'exauça enfin, l'associa au

Ministere de ses apôtres,

“ Dans une extase, après la communion, comme de dù

cout

ne, elle vit d'unr

gard de l'âme l'univers enticr avec les races et les familles des divers pe uples, passer et se

dérouler devant elle avec une grande précision. Recon-

nüssant combien on faisait peu d usage de la surabon-

dance du salut que Jésus-Christ nous a procuré par son Sang, elle se sentit défaillir de douleur. lui fut dit qu'elle devait prier et travailler continuellement pour ces

unes infortunées. La méme vision se reproduisit souvent, mais Ja plus surnaturelle et la plus merveilleuse dont elle

fut favorisée est sans contredit celle-ci :

“Dans son extase, elle se sentit transportée sur les

lieux memes qu'elle n'avait qu'entrevoir fait jusque-là.

Après avoir visité des pays très-éloignés et fort différents

de l'Espagne, elle reconnut se trouver dans une des ontrées du Nouveau Monde. Quelque rapide que füt € trajet effectué par la pensée, il lui sembla subir tous cs effets d’un long voyage, ressentant le changement de |

la nuit, plus loin le jour, voyant

Himat, rencontrant ic

ur à tour luire le soleil où tomber la pluie; traversant

le longs espaces occupés par la mer: parcourant des gions inconnues, diversement accidentées, certaine, en

n mot, qu'elle passait d'une partie du monde dans l'autre.

Au terme de ce singulier voyage, elle se trouva au milieu d'une peuplade d'Indiens. D'un coup d'oeil, elle embrassa ce pays dont elle dit le nom: elle en vit les habitations qu'elle trouva fort différentes de celles de sa patrie; elle remarqua les habitants, leurs manières, leur commerce, leurs combats, leurs armes: elle entendit leur langage ; elle s'imagina leur parler et se faire comprendre d'eux. Puis, il Jui sembla que le Scigneur lui ordonnait de

cher Ja foi à ce peuple, et de lui enseigner son Évangile: elle sentit ainsi qu'elle catéchisait tous ces hommes qui se pressaient curieusement autour d'elle, qu'elle les suivait, qu'elle s'apercevait des progrès de leur conversion et les voyait à genoux réclamer les secour

piritucls."

“ Cette vision merveilleuse lui fut accordée non une fois, mais cent fois, et toujours la joie la plus vive dans l'oeuvre de conversion qu'elle était appelée à produire

récompensait l'ardeur de son zèle. Préoccupée de la

pensée de faire conférer le baptéme à ses prosélytes, il

lui <embla, dans un de «es voyages mystérieux, être

ausportéc à travers le nouveau Mexique et x découvrit

un ctablissement de religieux de Saint François, occupés à evangcliser ces peuplades du Nouveau-Monde. T1 y avait fort loin de cet établissement au pays des Indiens: néan

moins, en arrivant près de ceux-ci, elle leur fit part de nne nouvelle, leur conseilla d'envoyer cherche

eux et leur indiqua le chemin à suivre,

“ Cette étrange vision qui se renouvela, nous le répétons, un grand nombre de fois, avec les mêmes cir- Constances, jeta la sainte religieuse dans une vive inquiétude. Son premier mouvement fut l'incrédulité : elle chercha à se persuader qu'elle ne devait regarder tout cela que comme une hallucination, et qu'elle était le jouet de ruses diaboliques : un fait matériel vint donner une forme réelle à ses doutes ct la jeter en même temps dans une perplexité extrême. Elle se rappela que, dans nne de ses visites aux Indiens, clle leur avait distribué des chapelets. Or, ces chapelets, elle les avait réellement possédés dans sa chambre: ct Cependant, quelque recherche qu'elle y fit ensuite, elle ne parvint pas à les Tétrouver.. Force Jui fut de croire à la possibilité de ses Voyages, à l'existence de ce Peuple inconnu, à sa conversion à la foi du Christ, et convaincue que rien ne Saurait limiter les miracles du Tout- Puissant, elle en vint à se persuader qu'elle avait dû être transportée corporellement en Amérique, Un fait Si extraordinaire ne pouvait pas rester dans 1 mbre. Llle consulta ses savants

directeurs et tous furent du même sentiment, Leur

Opinion et celle des théologiens qui ont examiné le prodige

est que la Vénérable Marie d'Agréda, ou son bon Ange, CMpruntant ses traits, avait opéré toutes ces choses. Elle avait donc été représentée ou transportée par son bon Ange jusqu'en Amérique.

: celte époque, des religieux de Saint-François avaient été envoyés en effet en mission dans le Mexique

€t Y avaient fondé une Custodie de leur Ordre. Le

vénérable père Alonzo de Benavidès les dirigeait. — Un jour, ils virent arriver à eux une petite troupe d'Indiens inconnus, qui paraissaient venir de fort loin, presque à l'aventure, et qui leur, de indèrent le baptème. Aux questions que l'étonnement diciz atX missionnaires, les Indiens répondirent que, depuis quelque temps, ils étaient instruits dans la loi du Christ par une femme qui paraissait au milieu d'eux sans qu'ils sussent d'où elle venait, et qui s'en allait sans qu'ils vissent où elle se retirait ; que cette femme, après de nombreuses visites et de longue: prédications, leur avait ordonné de se rendre à la mission afin de se faire baptiser. Les religieux demandèrent quelle était cette femme, comment elle était habillée. Les Indiens repondirent que c'était la première personne étrangère qui fût venue en leur pays, et à quelques indications, les pères reconnurent que ec devait ètr une religieuse. L'un d'eux avait un portrait de fa sainte mère Louise de Carrion: les Indiéns dirent que ce portrait portait bien le même costume, mais que la femme qui les

visitait était jeune et belle. Deux pères de la mission furent envoyés avec les Indiens, ils eurent à suivre des chemins longs et difficiles, et arrivés au nülieu du peuple, ils le trouvèrent si bien disposé, si instruit de tous les mystères de notre foi, qu'ils purent aussitôt leur confier

le baptème.

“Le père Custode Alonzo de Benavidès frappé de ce

reconnaitre l'origine Appelé en

les affaires de sa mission, il se rendit à

Madrid et consulta le Révérendissime l'ère Bernardin de Sienne, alors Ministre Général de l'Ordre. Le G néral, qui connaissait la soeur Marie, ne douta point que ce ne fut elle dont le Seigneur se servait pour opérer ces choses merveilleuses, et envoya !e père Benavidès à \gréda avec des lettres pour la Soeur, pour son Confesseur et pour le Provincial. Obtenir de la Soeur le récit de ses visions n'était point chosé facile: il fallut que le père Custode fit appel à la volonté du premier supérieur des Religicux et qu'il commandât en son nom. La Soeur pat Dans un rapport qu'il écrivit de cette entrevue, le père Benavidès consigne l'étonnement qu'il cpronva en entendant soeur Marie lui d'écrire un pays que seul il connaissait en Espagne, lui dépeindre les costumes, la manière de vivre des Indiens, préciser certaines circonmtances qu'il n'était possible de connaitre qu'après un séjour de plusieurs années, et ajouter même les détails les plus exacts sur les habitudes de la mission. lle affirma qu'elle connaissait le père Benavidès pour l'avoir vu avec ses Religieux, elle fit le portrait de chacun d'eux et indiqua 1e jour et le heu où elle les avait rencontrés

‘Le récit du père Benavidès a obtenu du temps une

authenticité incontestable, Ecrit pour la Custodie du

nouveau Mexique, il y fat copié par le père Mathieu de Hérédias, et envoyé en 1668 au Conseil royal des Indes. C'est dans les archives de cette illustre assemblée qu'i a été recucilli, non par un historien obscur, :nais par le père Samaniego, qui, d'abord provincial, devint ensuite le

Ministre Général de tout l'Ordre Séraphique.

CRETE PEUTANE Vi

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