‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 30 sur 67 · LES APOTRES ET LES MARTYRS · texte numérisé non relu

LES APOTRES ET LES MARTYRS

SOMMAIRE: Ascension: les Justes de l'Ancienne Loi.—Les Apôtr prélude, Passion et Ms e de saint Pierre ;; de Saint Paul; de Saint Andr ; de Saint Ignace d'Antioche; de Saint Côme et Saint Damien; de Sainte Thècle ; de Sainte Agathe; de Saints Agnès; de Sainte Christine,

Les temps sont accomplis. Les Patriarches ct les Prophètes, les Justes de l’Ancienne Loi ct toutes les âmes droites qui avaient connu, adoré, ct servi le Dieu véritable, créateur de tout l'univers, et qui avaient cru d'une foi divine au Messie à venir, au Rédempteur du genre

humain, vont recevoir leur éternelle récompense,

Le jour de l'Ascension ‘s'est levé radieux; [a terre qui s'émut à la naissance de l'Emmanuel éprouve un tressaillement inconnu: l'ineffable succession ges mystères de l'Homme-Dieu est sur le point de recevoir son dernier

complément. Mais l'allégresse de la terre est montée jus-

qu'aux cieux: les hiérarchies angéliques s'apprêtent à

recevoir le divin Chef qui leur fut promis, ct leurs princes sont attentifs aux portes, prêts à les lever quand le signal de l'arrivée du Triomphateur va retentir. Les imes saintes, délivrées des limbes depuis quarante jours,

planent sur Jérusalem, attendant l'heureux moment où

la voie du cicl, fermée depuis quatre mille ans par le péché, s'ouvrant tout-à-coup, elles vont s'y précipiter à la suite de leur Rédempteur. L'heure presse, il est temps que notre divin Ressuscité se montre et qu'il reçoive les adieux de ceux qui l'attendent d'heure en heure, et qu'il doit laisser encore dans cette vallée de larmes... Plus heureuses, les âmes des Juste, délivrées des limbes, l'ont suivi dans son Ascension rapide, et cÎles jouissent pour l'éternité des délices de sa présence.” (lnnée Liturg.

l'Ascension.)

Les Apôtres, après le départ de leur divin Maitre quittent la montagne des Olivicrs et se retirent au Cénacle, pour y attendre dans le recueillement de la prière, L céleste Paraclet qui doit les transformer en des hommes

nouveaux. Car nous savons par le saint Evangile que

“tout le temps qu'ils avaient été avec Jésus-Christ, ils

n'avaient montré que des sentiments conformes bassesse de leur condition, partageant mème les idées charnelles que les Juifs s'étaient faites du Messie. C'étaient des hommes craintifs, pusillanimes, qui avaient renié où abandonné leur Maître dès qu'ils l'avaient vu entre les mains de ses ennemis. S'ils cussent toujours conservé le même caractère, le chistrianisme serait resté enseveli dans le tombeau de son Fondateur. Mais il n'en a pas été ainsi. Le jour de la Pentecôte nous offre une nouvelle scène. On y voit ces hommes, jusqu'alors

faibles et si timides, prêcher aux Juifs la résurrection de

LES AVPOTRES 129 Jésus-Christ, leur reprochant, en face, de l'avoir crucifié, Désormais, ni la haine de la synagegne, m la fureur du peuple, rien ne les’arrète, parce qu'ils ne craignent rien; c'est une gloire, une joie pour eux de souffrir les affronts,

la mort même, pour le nom de Jésus.

.... Dès lors, on voit les apôtres ct leurs suc seurs en butte à la haine de Ja synagogue et des pharisiens, à la tyrannie des empereurs et des rois, à la cruauté des Souverneurs ct des magistrats, à la fureur des peuples. Durant trois siècles la pérsécuton n'a pas cessé de sévir contre les chrétiens: on publia contre eux des édits Sanguimaires ; on les condamnait à mort uniquement parce qu'ils étaient chrétiens et qu'ils ne voulaient point renoncer au christianisme, Les Souverneurs des provinces ajoutaient encore à la cruauté de ces dits des empereurs : Partout, dans l'empire romain, une population superstitieuse ct féroce demande à grand le sang des chrétiens: leurs tourments font partie des spectacles et des jeux publics,

-. On ne peut calculer le nombre presque infini

des victimes qui ont été immolées durant cette longue

période de trois cents ans. C'étaient des chrétiens de l'un et de l'autre sexe, de tout âge, de toute condition, de tout rang qui affrontaient la mort avec un calme, un sang-froid, un hésoïsme surhumain qui, bien des fois,

1èta dans l'administration et Jusque dans Ta stupeur, les

uels tyrans eux-mêmes (1).

Et d'où venait ce force et cette indomptable

" Gousset—Théol. Dogm,

constance à tous ces illustres martyrs? Rien ne saurait

mieux répondre à cette question que l'admirable lettre

écrite par l'Eglise de Smyrne à l'Eglise de Philadelphie et à toutes les Eglises catholiques, sur l'héroïques martyr de son vénérable évêque Saint Polycarpe: “Qui pourrait n'être pas ému d'admiration à la vue de ces homme incomparables pour qui les tortures et les chevalets, les fouets armés de pointes, le fer des bourreaux et les flammes d'un bucher ardent n'étaient qu'un doux et gréable rafraichiss ment? Ils voyaient sans pälir couler leur sang par mille ouvertures que la cruauté des tyrans avait faite à leur corps: ils regardaient d'un oeil tranquille leurs entrailles palpitantes. Le peuple, ému d'un spectacle si plein d'horreur, ne pouvait retenir ses larmes ; les martyrs seuls, fermes, inébranlables, ne laissaient pas mème échapper un soupir, pas un gémissement, pas un cri : leur bouche, fermée à la plainte, ne s'ouvrait que pour bénir le nom du Seigneur. Ils se présentaient, sans résistance, aux supplices: mais ils souffraient en silence, et leur patience n'était pas moins digne d'admiration que

leur générosité.

“ Dieu, qui du haut du ciel jetait des regards de complaisance sur ces illustres combattants, non seulement les animait au combat par l'espérance prochaine d'une récompense éternelle, mais aussi faisait couler dans leur: membres déchirés une vertu secrète qui tempérait la

violence de leurs maux, et qui, soutenant par sa force

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