CHAPITRE PREMIER
SOMMAIRE: Le bonheur du Ciel est indescriptible.—Témoi a.ages: Saint Paul—Saint Augustin: aimer Dieu.— Entretien de Saint Augustin avec sa mère, à Ostie.—
Saint Augustin voulant faire un traité sur le bonheur
du Ciel.—Sainte Catherine de Sienne.—Saint Sauve.—La
Vén. Jeanne Flameng.—Saint Léonard de Port-Maurice: à un voyage au Ciel.—Sainte Thérèse: visions.
Saint Paul. — Le prophète Isaïe, contemplant dans l'avenir l'avènement de Jésus-Christ, s'était écrié: ‘’Lorsque vous ferez éclater vos merveilles, Seigneur, nous ne
les pourrons soutenir! vous êtes descendu et devant votre face se sont écoulées les montagnes. Depuis le commencement du monde, les hommes n'ont point entendu, l'oreille n'a point ouï, et l'oeil n’a point vu, hors vous seul, à
Dieu, ce que vous avez préparé à ceux qui vous attendent GÉSPrIv re 4)
L'apôtre Saint Paul, dans sa première Epitre aux h
Corinthiens, leur disait: “.... Cependant nous prêchons \
la sagesse parmi les parfaits, non la sagesse de ce siècle,
ni des princes de ce siècle qui périssent; mais nous
4 préchons la sagesse de Dieu dans le mystère, sagesse qui a été cachée, que Dieu a prédestinee avant les siècles pour
notre gloire; qu'aucun prince de ce siècle n'a connue; car, : 44
s'ils l'avaient connue, jamais ils n'auraient crucifié le Seigneur de la gloire.”
Et l'Apôtre continuant, rapporte ici ce passage prophétique d'Isaïe, mais plus quant au sens que selon la
Jettre: “2° is comme il est écrit: Ce que l'oeil n'a point
vu, ce que l'oreille n'a point entendu, ce qui n'est point
monté dans 'e coeur de l'homme, ce que Dieu a préparé à ceux qui l'aiment: c'est aussi ce que Dieu nous à révélé par son Esprit; car l'Ésprit pénètre toutes choses, mème
les profondeurs de Dieu.”
Dans sa deuxième Epitre aux Corinthiens, Saint Paul, après leur avoir rapporté ce qu'il avait déjà enduré pour Je Christ, continue ainsi: * S'it faut se glorifier (cela ne convient pas sans doute), j'en viendrai aux visions et aux révélations du Seigneur. Je sais un homme en Jésus- Christ, qui, il y a quatorze ans, fut ravi (si ce fut dans son corps ou hors de son corps, je ne sais, Dieu le sait) jusqu'au troisième cie. (Tr); et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou hors de son Corps, je ne sais, Dica le sait) fut ravi dans Île paradis et entendit des
QG) Les Hébrenx reconnaisstient trois cieux di ents et
d'une élévation inégale. Le premier et le moins élevé, st l'air, où volent les oixCŒua dt ciel, et où sont les nues qui répandent les eaux sur Ja terre, Le second ciel, supérieur au premier, eest le firmament, dans lequel sont comme enchâs- «ces les étoiles, et où le soleil et la lune ont leur route marquée par les ordres du Tout-Puissant. Au-dessus du firmament, sont les eaux supérieures dont il est parlé dans nos Saints Livres, Enfin, le troisième ciel, et le plus élevé de tous, est celui où réside ln majesté du Très-Haut, C'est à que fut ravi Saint Paul, et qu'il entendit ces choses qu'il n'est pas permis
à l'homme de publier. (Bible de Ven », T. XXI)
TÉMOIGNAGE DE SAINT PAUL o
paroles mystérieuses qu'il n'est pas permis à un homme de redire.” Ainsi parle le grand Apôtre il nous déclare donc très-formellement que vouloir faire la description des merveilles du Paradis, c'est, pour l'homme ici-bas, chose absolument impossible !
Saint Augustin: Aimer Dieu. — “O mon Dieu, qu'est-ce que j'aime donc, quand je vous aime? Ce n'est pas une beauté corporelle, ni la majesté d'un visage, ni l'éclat d'une lumière flattant agréablement les yeux, ni les douces mélodies de cantilènes variées, ni la suave odeur des fleurs et des parfums, ni le goût du miel ou di la manne, ni des étreintes corporelles. Non, ce n'est pas là ce que j'aime en mon Dieu. Et pourtant ce que j'aime en lui, c'est une certaine lumière, une certaine voix, une certaine odeur, une certaine nourriture, un certain embrassement ; tout cela n'étant éprouvé que par ce qu'il y a en moi d'intérieur. Mon âme voit briller une lumière qui n'est pas dans l'espace, elle entend un son qui ne s'éteint pas avec le temps, elle sent un parfum que le vent n'emporte pas, elle goûte un aliment que l'avidité ne fait pas diminuer, elle s'attache à un objet que la œavité ne lui fait pas abandonner, Voilà ce que j'aime, quand j'aime mon Dieu.
Mais qu'est-ce donc qu'un tel objet?
Le saint Docteur est aussi obl de dire ici et de
répéter avec tous les autres, que tant que nous serons ici-
bas, dans notre chair mortelle, la beauté de Dieu et les
splendeurs du Ciel resteront indescriptibles!
Car, ‘nous ne voyons maintenant qu'é travers un miroir (peu transparent), en énigme, Maintenant, je connais imparfaitement: mais alors je connaitrai aussi
bien que je suis connu moi-même ([. Cor, xu1, 12.)
Ce n'est donc que dans le Ciel que nous jouirons emement de Dieu, lorsque, dans la Vision Béatifique, nous nous trouverons devant lui fece à face! Oh! qu'il tarde donc ce moment heureux, où il nous sera donné de contempler ainsi notre Dieu et de jouir de Lui, pour toujours, dans les enivrantes et indescriptibles jouissances
du Paradis!
En attendant, considérez, nous dit l'Apôtre bien-aimé, “’considérez quel amour le Père nous a témoigné, de vouloir que nous sovons appelés ét que nous soyons en
effet enfants de Dieu. C'est pour cela que mde ne
nous connait pas, parce qu'il ne connaît pas Dieu, Mes
bien-aimés, nous sommes déjà enfants de Dieu, mais ce que nous serons tin jour ne parait pas encore. Nous Savons que lorsqu'il apparaitra nous serons semblables à
1e nous le verrons tel qu'il est. Et quiconque a cette espérance en Jui, se sanctifie, comme il est saint Wi-méme. Joan tr:
donc cette espérance qui noue sanctifie, et en nous sanctifiant nous obtient ! éverance finale, qui nous introduit dans les éternelles jouissances du Paradis,
qui à soutenu les Apotres «
. les saints Docteurs, les Conte