‹ Le ciel, séjour des élus [microforme]Chapitre 6 sur 67 · TÉMOIGNAGE DE SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGE DE SAINT AUGUSTIN

les saintes Femmes, tous les Saints: ct cette douce et invincible espérance nous accompagnera partout jusqu’à la conclusion de ce présent ouvrage, Où nous verrons tous le

Justes, brillant comme des astres au firmament

du Paradis pour toute l'éternité!

Entreticn de Saint

le bonheur du Ciel. — “Le jour n'étant pas éloigné où

tgustin avce sa mère, touchant

ma mère devait sortir de cette vie, jour qui nous était inconnu et que vous seul connaissiez, il arriva, et ce fut, je n'en doute point, par une disposition secrète de votre providence, qu'elle et moi nous nous trouviunes seuls ensemble, appuyés sur une fenêtre dont Ja vue s'étendait sur le jardin de la maison dans laquelle nous nous étions retirés à Ostie, Dans cette maison, qui était éloignée du bruit du monde, nous nous reposions des fatigues d'un voyage déjà long, et nous faisions en même temps les

préparatifs de notre embarquement.

“Etant donc seuls de la sorte, nous nous entretenions ensemble avec une douceur inexprimable: ct laissant dans un entier oubli toutes les choses passées, “ portant toutes nos pensées sur l'avenir,” nous cherchions

entré nous, ct en présence

l'éternelle vérité qui est

vous-même, quel serait ce bonheur qui doit être le partage de vos saints durant l'éternité: “ce nheur que l'oeil n'a point vu, que l'oreille n'a point entendu ct que le

coeur de l'homme ne peut comprendre." Toutefois nos

Coeurs S'ouvraient avec avidité pour aspirer jes eaux de

votre céleste fontaine, de cette fontaine de vie qui est en

vous, afin qu'après nous en être arrosés autant qu'il était en nous de le faire, nous pussions en quelque sorte comprendre une chose aussi élevée. La suite de notre entretien nous ayant amenés à cette considération que les voluptés sensibles, en les supposant les plus grandes possibles, au milieu du plus haut éclat de beauté qui se puisse imaginer dans les choses corporelles, non-seulement n'étaient pas dignes d'entrer en parallèle avec la félicité de cette autre vie, mais auprès d'elle ne méritaient pas méme d'être nommées ; et les mouvements d'une affection plus vive nous élevant alors vers cette félicité immuable, nous traversämes l'un après l'autre tous les objets que renferme ce monde matériel, nous élevant jusqu'à cette vote des cieux d'où le soleil, la lune et les étoiles répandent leur lumière ici-bas : nous allâmes ensuite plus avant, continuant de penser à v° 18, de parler de vous, d'admirer vos ouvrages; et asrivés jusqu'à nos âmes, nous passämes encore au-delà, afin d'atteindre cette région

de délices inépuisables où la vérité est l'aliment incor-

ruptible dont vous nourrissez votre peuple, où la sagesse

est la vie, cette sagesse par laquelle ont été faites toutes les choses qui sont, tout ce qui a été, tout ce qui sera jamais; et cette sagesse n'a point été faite, mais elle est, elle à toujours été, et elle sera toujours; où pour mieux dire, elle n'a point été, elle ne sera point ; mais simplement elle EST, parce qu'elle est éternelle; car avoir été et devoir

être n'est pas être éternel

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