RAVIS
Lorsque notre Sainte s'appliquait à la priére intérieure, elle était bientôt iout al orbée dans l'amour de
Dieu, et il lui arrivait de rester jusqu'à six, dix et douze heures, et même tout un jou et une nuit, dans un état de ravissement : c'est pour cela qu'elle dormait très-peu, quelquefois à peine une heure en huit jours. Dieu fit voir par plusieurs prodiges combien ses prières étaient ardentes: son visage paraissait tout rayonnant de célestes clartés. Plus d'une fois son corps fut élevé avec son âme
dans ces divins ravissements.
Dans le couvent de Besançon, elle resta quinze jours en extase, et comme les frères et les soeurs craignaient qu'ele ne fut morte, ils prièrent le Père Henri de lui ordonner, au nomade la sainte ohéissance, de revenir à elle. I! y consentit, et à l'instant Colette, docile à la voix de son confesseur, sortit de son ravissement, avec l'usage de ses sens et de ses forces, aussi libre que si rien de surnaturelne se fût passé en elle. Ces extases lui arrivaient souvent dans ses voyages. Un jour qu'elle allait avee plusieurs relinieuses au monastère d'Auxonne, son visage s'illumina
à coup: le Père Henri qui l'accompagnait aussi, se trouva dans le même état. On accourut en foule sur leur passage pour être témoin de ce spectacle : mais eux-mêmes ne se doutaient point du prodige qui s'opérait en leur pré-
sence. À Dôle, leur ravissement cessa ; les frères vinrent
Re VIE ETERNELLE 341
en procession chercher la sainte zbbesse et la conduisirent
à l'église où elle fut ravie de nouveau... Un jour, assise à terre, au milieu de ses filles, elle les entretenait de l'extrême pauvreté que Notre-Seigneur avec sa sainte Mère et les Apôtres a bien vouiu souffrir pour nous. Elle les exhortait à l'imiter. Pendant qu'elle parlait, les douze Apôtres, comme douze vieillards vénérables, vêtus de ro-. bes blanches, l'environnèrent ct demeurèrent auprès d'elle jusqu'à ce qu'elle cessàt de parier. Alors ils s'élevèrent dans les airs et la servante d Diu avec eux jusqu'à ce qu'ils disparussent aux yeux des soeurs ravies. Souvent dans sa orière elle tombait en extase et était soulevée de ierre, et que'quefois si haut, qu'elle disparaissait aux re-
ards de ceux qui en étaient teinoins,
Saint Pierre d'Alcantara. —- “Les oraisons de Saint Pierre d'Alcantara étaient accompagnées le plus souvent d'extases et de ravissements irodigieux. Son corps, miraculeusement affranchi des lois ‘iu monde terrestre, suivait l'âme dans son essor vers le ciel. On vit fréquemment le Serviteur de Dieu s'élever d'ur vol rapide à la hauteur des voutes de l'église, d'autres fois planer dans l'espace audessus de la cime des plus grands arbres. La nuit, lorsqu'il priait à la clarté des étoiles, les pâtres du voisinage
l'apercevaient dans les airs, à genoux, à des hauteurs considérables, Dans ces transports aériens, son COrps parut quelquefois transfiguré, lumineux, lucide comme un pur cristal, et participant en que'que sorte de la splendeur
les corps glorifiés.
“Se trouvant une fois dans le jardin du couvent de Pédroso, notre Saint contemplait de loin une grande croix qu'il avait fait planter sur le sorimet de l’une des monta ges voisines: au souvenir de la Passion du Sauveur, il est ravi en extase, s'élève de terre, traverse l'esepace, ar rive au sommet de la montagne, et s'arrête devant la croix. soutenu en l'air et les bras étendus. De ses yeux jaillissent des rayons qui illuminent le signe de la rédemption : de la croix partent aussi des rayons qui vont frapper le vrsage du Saint. En même temps on voyait apparaitre audessus de sa tête une nuée Inmineuse qui se balançait dans
l'espace et formait comme un ÿ» lon. De cette nuce se
détachaient des jets de lumière plus resplendissants que le soleil, qui illuminaient toute la montagne et une partie de la plaine. Jamais le beau ciel de l'EÉstramadure ne s'était illuminé de pareilles spiendeurs. Les religieux ac
courus étaient présents à cette scène imposante, unique
peut-être dans les fastes de se: saisis d'admiration
$ de crainte et de respect, ils s'étaient prosternés ; on eût
dit les Apôtres sur le Thabor. Te Saint, une fois revenu
à lui, parut éprouver une vive confttston : aussi il eut hate je se dérober aux regards st (le regagner à l'instant sa pauvre cellule !”
Saint Joseph de Copertino. — “La vie de ce Saint ne
fut qu'une succession d'extases et de ravissements. |
Père Joseph vécut moins sur la terre que dans le ciel; 4 fut constamment uni à Dieu par ia prière et la contempla
Père. allant faire la visite de sa Province, avait pris le
VIF! TÉRNELLE
üon. Le Père Jérome Rodriguez, dle Ja Ce Mnpagne de Jé sus, qui avait conféré avec lui à Assise, en parle ainsi dans Sa déposition faite dans le procés de canonisation “Le Pêre Joseph, dit-il, vivait en étroite union avec Dieu. Son
coeur ctait disposé à cette union comme la poudre est dis-
poste à s'embraser au contact de l'étincel “Le Père Antonio de San-Mauro, Provinciat des Conventuels de la Province de Saint-Nicolas de Bart, à la
{elle appartenait notre Saint, raconte :© fait suivant: C
l'ére Joseph, comme compa . € cela, moms pour sa
unmmodité personnelle que pour l'édification du prochain “Sur la route, dit ce Père, le Serviteur de Dieu eheminiut en état d'extase. Lorsque nou FéCONtTIONs une femme,
voulant savoir s'il faisait oraicon Je lui disai
Pere Jo seph quelle est cette femme? [] me réponait: C'est la Bienheureuse Vierge Marie, c'est Saint Catherine de Sienne, c'est Sainte Claire, me désignant telle ou telle autre sainæ, selon sa disposition intérieure du Moment, Si nous rencontrions un jeune homme ou un vicillard, je Jui de inandais que! était cet homme. [l me repondait : c'est Saint
Igicux. Je
Jean. SE nous rencontrons un ui posais ja méme question, et il me répondait: c'est saint Antoine
‘est Saint Didace Ainsi, tout dans Ja nature lui était un
échelle pour s'élever aux choses surnaturelles, En réal
<lurant ce voyage je ne préchar que de parote : le steph précha d'action.”
‘Noire saint ne cessait de recommander à ses à
Pratique de la sainte oraison: “Uites oratson, leur repé-
tait-il sans cesse, faites oraison : si les aridités d'esprit, si
les distractions vous font obstacle, récitez attentivement
le Pater; vous ferez ainsi tout ensemble et la prière vo-
cale et l'oraison mentale.”
“L'oraison de Saint Joseph de Copertino fut continuelle et, dès sa plus tendre enfance elle fut accompagnée d'extases. Ces extases ne furent que le prélude de phénomènes d'un ordre supérieur, de ravissements prodigieux qui se manifestèrent après sa promotion au sacerdoce, et
se reproduisirent très fréquemment jusqu'à sa mort.
“Le premier ravissement du Saint eut lieu le jour de la fête de Saint François, peu après qu'il eut été ordonné prêtre. On l'avait désigné pour porter la chape à la procession: au milieu de la cérémonie, il entre en extase, pousse un cri, s'élève en l'air, traverse l'espace et va se poser à genoux sur la chaire. Le peuple fut profondément troublé d'un tel spectacle, mais au trouble succédèrent des
sentiments de respect et d'admiration.
“Le Serviteur de Dieu voulut faire planter trois croix, en l'honneur de la Passion du Sauveur, sur une petite colline située entre Copertino et son couvent de là Grottella. La principale croix était en bois de noyer et extrémement pesante : lorsqu'on vou'ut la planter, les ouvriers ne purent y réussir. Notre Saint jette alors son manteau, s'élève dans l'air comme un oiseau, saisit là croix des deux mains, ct la transportant comme une paille légère il la place dans l'excavation préparée. Dans trois
ML, sens À
autres circonstances, comme il Passait auprès de son ca!-
aire, il entra en extase, poussa nn cri, et d'un vol rapide il alla se poser sur ja croix du milieu, où it resta immobile jusqu'à la fin de l'extase, Un jout qu'il se promenait dans le jardin du couvent avec un ile ses amis, celui-ci lui dit: “Père Joseph, que Dieu à fait un beau ciel!" A ces mots, le Saint pousse un grand cri, s'élève en l'air, et d'un vol rapide va se poser à SenouUx Sur la cime d'un olivier, dont la branche se bal: inçait doucernent comme sous le simple poids d'un oiseau : il Y resta en extase pendant environ une demi-heure, Lors de son s ‘jour chez les Capucns de Fossombrone, se Promenant un soir dans le jardin, il y aperçut un petit agneau : c'était le dimanche du Bon-l'asteur: le Saint témoigna Je désir de le posséder : un jeune frère le lui mit entre les mains, Le Serviteur de Dieu l'examina attentivement, puis se souvenant de l'Evangi'e du jour, il prit par les pattes l'innocent petit animal, le mit transversa'ement sur ses épaule: et se mit à courir ainsi à travers le jardin. Les religieux qui se trouvaient égatement dans le jardin à cette heure regardaient avec étonnement cette étrange conduite, lorsque tout à coup, ils vorent le Père Joseph, enlevant de ses épaules le petit agneau, le lancer en l'air de toutes ses forces. Ts poussent un cr; mais, 6 prodige ! le petit agneau, au lieu de tomber lourdement à terre, comme on devait S'y attendre, monta au contraire tranquillement dans le- rs, et le Saint, ravi en extase, suivit le petit agneau, et bientôt on les vit tous
deux planant dans les airs, à la hauteur de la cime des plus
grands arbres: ce phénomène extraordinaire dura plus de
deux heures. Les actes du procès de canonisation nous parlent d'un l'ère Conventuel et d'un Père de lObservance, qui furent comme associés À son Extase, soulevés en l'air, et entrainés dans l'espace par le saint thaumaturge: ce qui est peut-être sans exemple dans la vie des
autres saints
“L'homme de Dieu éprouvait ces ravissements en quelque lieu qu'il se trouvat, plus fréquemment toutefois dans le lieu saint. Aux approches de la Nativité de Notre-Scigneur, le Père Joseph avait invité tous les bergers du voisinage à venir, la nuit de ia fete, dans l'église du couvent de la Grottella, pour y chanter des noëls en Thon neur du divin Enfant Les bergers vinrent en grand nombre avce leurs fifres et leurs misettes, se placérent dans la nef et se mirent à faire entendre leur musique cham pétre. A peine notre Saint les at il emtendns qu'il ponsse un grand en, s'élève dans l'espace. et, du milieu de l'église.
le tabernacle, et
vole vers de maitre-autet, où 1 embrasse reste lt, à genoux, un quart heure environ; il faut remarquer que Fautet était alors environné de flambeaux allumés or, notre Saint se posa parmi ces flambeaux, sans
ce briver et sans renverser un seul chandelier.
Au eut nom deJésus et de Marie, le serviteur de Lieu tombait en extase et son corps s'élevait vers les cieux : chaque fois qu'on récitait en sa présence les Lita
nies de la Très Sainte Vierge, il s'élevait en l'air. et allait
embrasser l'image de la Mère de Dieu. Pour notre Saint, les lois de la gravitation semblaient suspendues, où plutôt le centre qui l'attirait ce n'était point la terre, mais le ciel!
“Ces transports aériens, ces vols dans l'espace furent si habituels au Saint que les actes du procès de canonisation en rapportent plus de soixante-dix, survenus dans le seul territoire de Copertino. II faudrait un volume pour raconter tous ceux qui eurent lieu durant tout le cours de sa vie. Ces phénomènes surnaturels devinrent si fréquents, est-il dit dans ces mêmes actes que pendant plus de trente-cinq ans, les supérieurs durent exclure le Père Joseph des offices et cérémonies du choeur, des processions, du réfectoire, parce que ses extases et ses ravissements troublaient les exercices de la communauté, L'o: peut affirmer que durant la moitié peut-être de sa vie, ses pieds n'ont point touché la terre.”
REÉSCTETL
Récompense des Elus.
BONHEUR DU CIEL