‹ Le ciel sur la terreChapitre 101 sur 120 · FÊTE DES MIRACLES A AMSTERDAM · texte numérisé non relu

FÊTE DES MIRACLES A AMSTERDAM

FÊTE DES MIRACLES DC TRÈS-SAINT SACREMENT A AMSTERDAM, LE PREMIEa- HEItCREDI APRÈS LE 12 MARS.

« La Divine Majesté s'étant plu à illustrer la ville d'Amsterdam par une foule de miracles que la vertu du Seigneur, réellement présent au très-saint Sacrement, y a opérés, les habitants de cette cité ont établi à celte occasion une fête commémorative.

a L'an lo4ô, un pieux habitant d'Amsterdam, se trouvant en danger de mort, avait reçu la sainte communion dans les dispositions les plus chrétiennes. Mais, un violent vomissement étant survenu, les personnes qui le servaient jetèrent dans le feu ce qui avait été rendu par le malade, sans penser à la sainte Eucharistie, Le lendemain, une de ses gardes, s'étant approchée du foyer, vit au milieu des flammes l'hostie toute lumineuse et sans aucune altération. Elle la retira, et l'enveloppa dans une fine toile de lin. Peu après, un prêtre qui eut connaissance de ce prodige vint, avec toutes les marques de la piété la plus tendre et la plus respectueuse, visiter cette sainte hostie, qu'il renferma dans un ciboire. Mais, la nouvelle de ce miracle et de plusieurs autres qui suivirent s'étant répandue dans la ville, le mari de la garde-malade, qui voyait les esprits partagés sur c&

qu'on en devait croire, entra en fureur contre sa femme, à qui il reprocha d'avoir, par sa trop grande envie de parler, causé ce trouble et ces rumeurs. Tout à coup le fils de cet homme, enfant encore en bas âge, échappa aux bras de son père, et tomba dans le feu; ce qui fut pour ce malheureux l'origine de fréquentes attaques d'épilepsie. Le père reconnut sa faute ; et, lorsque plus tard, s'étant fait accompagner de sa femme et de tous ses parents, il eut été nupieds visiter et adorer la sainte hostie, il obtint la guérison de son fils,

« Le clergé, la ville tout entière, voulant témoigner à Dieu sa religieuse gratitude, on résolut de donnera la miraculeuse hostie un sanctuaire plus auguste ; et du lieu trop peu digne où elle avait été conservée quelque temps, elle fut transférée provisoirement avec solennité dans une ancienne église. Ensuite la maison où était arrivé le premier miracle fut démolie ; et, grâce à la libéralité des pieux et nombreux fidèles qui visitaient ci t endroit, on put y élever une chapelle dans laquelle une congrégation d'ecclésiastiques célèbre tous les jours le service divin, en présence delà miraculeuse hostie.

« L'an de Jésus-Christ 1552,1e 25 mai, Amsterdam fut ravagé par un affreux incendie qui consuma la moitié de la ville, et détruisit la chapelle du trèssaint Sacrement. La sollicitude des fidèles pour l'hostie qu'on y conservait les fit presser autour de l'édifice,

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afin d'en ouvrir les portes. Mais ce fut en vain, Dieu se réservant ainsi l'occasion de faire un nouveau prodige. Lorsque l'incendie fut éteint, on trouva parmi les ruines de la chapelle le vase qui renfermait l'hostie. Le feu ne l'avait point endommagé ; il n'avait pas même laissé la moindre trace sur le pavillon de lin dont le ciboire était couvert.

« Cetteconservation miraculeuse fut bientôt connue de toute la Hollande et des autres contrées. Partout la dévotion pour le vénérable sacrement reçut un nouvel accroissement. On ne tarda pas à ériger une chapelle beaucoup plus belle que la première ; et tant en ce sanctuaire qu'aux environs, et même au loin, le Tout-Puissant multiplia ses miracles en faveur de ceux qui imploraient avec humilité Jésus caché dans cette sainte hostie.

« En l'année 1445, un jeune homme de Brème, se rendant à Ceuta, en Afrique, fut pris par les barbares, qui, après l'avoir chargé de coups et couvert de blessures, le jetèrent dans un sombre cachot. Privé de tous secours humains, il invoqua le Seigneur, et se rappela, pendant sa prière, la miraculeuse hostie d'Amsterdam. Alors, plein de confiance en la bonté et la toute-puissance de Dieu, il fit vœu d'aller visiter la chapelle où reposait cet objet vénérable, si le Seigneur le rendait à la liberté. Aussitôt ses chaînes tombent, les portes de sa prison s'ouvrent, et le jeune captif se trouve en quelques instants sur le chemin

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d'Amsterdam, où il arrive bientôt pour satisfaire à son vœu.

« L'Empereur Maximilien, archiduc d'Autriche et comte de Hollande fut attaqué en l'année 1471) d'une maladie mortelle, ^^'ayant plus d'espérance dans leshommes versés dans la science de guérir, il s'engagea, s'il guérissait, à visiter la vénérable hostie d'Amsterdam. Rendu aussitôt à la santé, il s'acquitta de son vœu, et Gt don à la chapelle d'ornements magnifiques et d'un calice d'or. Vingt-neuf ans plus tard, les habitants du comté de Gueldres, ayant pris et détruit la ville de Wésop, exercèrent les plus atroces cruautés sur l'un des captifs, 3lartin Hollaert, lequel, ayant recours à Dieu, n'eut pas plutôt invoqué le saint Sacrement d'Amsterdam, que, délivré subitement de ses fers, par un miracle, il pub passer en plein jour, sans être remarqué, au milieu de ceux qui l'avaient arrêté et qui s'étaient constitués ses gardiens.

V Le Seigneur, dans son infinie bonté, a opéré beaucoup d'autres miracles par le moyen de cette hostie adorable. Il a voulu par là désigner le sanctuaire où elle repose comme un lieu de réconciliation pour les pécheurs, de consolation pour les affligés, de secours pour les délaissés, de lumière pour les aveugles, d'affranchissement pour les captifs, de santé pour les malades ; enlin comme un lieu dépositaire d'un trésor qui renferme des ressources iné-

ipuisables pour toutes sortes de besoins. {Légende du Bréviaire.)

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