‹ Le ciel sur la terreChapitre 103 sur 120 · RELIGIEUSE DU TIERS OBDBË DE SAINT-FRANÇOIS · texte numérisé non relu

RELIGIEUSE DU TIERS OBDBË DE SAINT-FRANÇOIS

MORTE SODS LE PONTIFICAT DE CLÉMENT V, EN LANNtË 1309.

L'ouvrage où sont rapportées les visions consolantes qu'elle eut touchant le saint Sacrement de l'Eucharistie a mérité les suffrages des cardinaux chargés de l'examiner, et a obtenu l'approbation de plusieurs souverains pontifes. Le cardinal Bona et le pape Benoît XIV citent dans leurs écrits divers passages de l'ouvrage de cette sainte.

(( Une fois, dit-elle, je vis dans l'hostie consacrée Notre-Seigneur sous la figure d'un enfant; mais cet enfant était déjà d'une assez grande taille, il avait un air d'autorité et de majesté, comme s'il était déjà roi: il avait dans sa main quelque chose que je ne pus bien discerner, cela ressemblait à un sceptre; je vis tout cela des yeux du corps ; tous ceux qui étaient présents étaient prosternés, j'étais laseule qui ne me prosternais pas, je n'étais occupée dans ce moment qu'à considérer l'air de noblesse, de grandeur et de beautc'^ que j'avais tant de plaisir de trouver dans cet enfant; j'aurais voulu le contempler encore longtemps, et je fus mortiliée que le prêtre le remît sitôt sur l'autel. Cette vision me remplit de joie et de l'assurance que ce que je voyais était réel ; l'impression que j'en ressentis ne s'effacera jamais de ma mémoire, j'en fus si absorbée, que je ne fis pas même attention de lui

demander son assistance et sa protection : j'étais si

émerveillée de cette divine beauté, que je ne sus que

dire.

« Une autre fois, j'eus aussi pendant la célébration

de l'auguste sacrifice un semblable ravissement ;

j'en profitai pour dire à Dieu : « Seigneur, vous êteî

« certainement dans le saint Sacrement de l'autel ;

« mais dites-moi où sont vos amis fidèles? » Alors i

ouvrit les yeux de mon intelligence en me disant

Partout où je suis^ mes amis y sont aussi avec moi

Je compris réellement cette vérité-là, je me vis moi

même partout où Dieu était, non que je sois dam

l'intérieur ou au dedans de Dieu, mais celle manicn

d'êlre avec lui est toute hors de Dieu, car Dieu cstb

seul qui soit partout et qui renferme tout.

« Jésus-Christ s'est souvent montré à mon âme

dans le divin Sacrement, m'ais dans des formes diffé

rentes ; quelquefois je l'ai vu, sous une forme res

plendissante de lumière et de clarté, qui rejaillissai

d'une partie spéciale de son corps, et cette splendeui

était si brillante, que celle du soleil à midi du joui

le plus serein ne peut lui être comparée, et paitou

où il se montre je puis assurer qu'il surpasse pai

son éclat tout celui du soleil, et ma peine à ce sujc

est de ne pouvoir le faire entendre comme je le vou

drais. Sous quelque forme qu'il m'apparaisse, je sui;

toujours comblée de joie et de délices, et, quoique

chacune produise une satisfaction si différente d'une

autre qu'elles ne peuvent être comparées entre elles

il reste que les scnlimcnls qu'elles me procurent ne s'effaceront jamais, comme jamais on ne trouvera ni termes ni figures qui puissent les faire comprendre.»

LA BIENHEUREUSE IMELDA LAMBERTIMI

LA CIENBEUBEUSE VIEKGE IMEIDA LAHBERTIM EST COUMCMÉE MIRACULEUSEMEXT.

« La carrière de cette jeune vierge ne fut pas de longue durée ; mais sa vertu a jeté un éclat si vif, que le temps qui s'est écoule depuis sa mort n'a pu l'obscurcir. Elle naquit à Bologne, ville célèbre de l'Italie, en l'année 1324. Dès l'âge le plus tendre, Imelda montra une maturité d'esprit et un attrait pour la piété qui faisait l'admiration de tout le monde. A l'âge de dix ans, déjà dégoûtée du monde et fuyant l'opulence de la maison paternelle, ImeUla sollicita et obtint la permission d'entrer dans le monastère des dominicaines de Sainte-Madeleine, pour y vivre dans la pratique des vertus religieuses, en attendant qu'elle pût s'y con.sacrer à Dieu.

« Heureuse de s'être mise à l'abri de la contagion du siècle, celte sainte enfant marcha avec courage dans les sentiers de la perfection. Son exactitude aux moindres observances régulières, son ardeur pour la mortification, son attention continuelle à veiller sur les moindres mouvements de son cœur, sa ferveur dans la prière, sa générosité dans l'accomplissement de ses devoirs les plus pénibles, la rendirent bientôt

un modèle pour toute la communauté, et les sœurs confessaient qu'elle les surpassait toutes par sa vertu. « ImeUla avait surtout une très-grande dévotion envers l'adorable Sacrement de nos autels: elle en faisait chaque jour l'objet de ses pieuses médilalions pendant la messe, et les larmes qui coulaient alors de ses yeux prouvaient assez combien elle était sensiblement touchée de l'amour que le Sauveur nous témoigne dans cet auguste mystère. Une chose l'affligeait vivement, c'était de n'avoir pas la permission de communier lorsque les religieuses approchaient de la sainte table. Son confesseur, faisant moins attention à sa vertu, à sa piété, à sa modestie et à sa sagesse, qu'à la faiblesse de son âge, avait jugé à propos de l'en tenir éloignée ; mais Notre-Seigneur ne tarda pas à répondre aux désirs ardents de sa jeune servante. Il voulut montrer par un miracle éclatant qu'il regarde moins aux années qu'aux dispositions du cœur. Un jour qu'Inielda, pendant la communion des religieuses, se livi ait à la douleur, aux larmes, aux gémissements, parce qu'elle était privée du bonheur d'y participer, on vit descendre du ciel une hostie, qui resta suspendue au dessus de sa tète ; on comprend aisément combien son ardeur et ses désirs redoublèrent à la vue de ce prodige. Les religieuses, (jui s'aperçurent bientôt de la merveille, frappées d'étonnement, n'osaient en croire leurs yeux. Cependant on avertit le chapelain, qui, s'étant approché, fut lui-même témoin du fait, et j ayant reçu la sainte hostie sur une patène, en

communia la jeune vierge, puisque Jésus-Chiist manifestait ainsi sa volonté de descendre dans ce cœur innocent. Imelda, au comble de ses vœux, mais trop faible de corps pour soutenir la mesure de bonheur qu'elle éprouvait, ferma les yeux comme si elle s'était livrée à un doux sommeil, et rendit aussitôt son esprit à son Créateur, à l'âge de onze ans.

« Le bruit de son heureuse mort s'étant bientôt répandu, son nom devint célèbre par la vénération des fidèles et les nombreux miracles opérés par son intercession. Le 16 décembre 1826, le pape Léon XII permit à l'ordre de Saint-Dominique de faire l'office de la bienheureuse Imelda, et d'en célébrer la fête le 16 septembre. » (L'abbé Godescard. — Vies des Samts, t. XIL)

Page 1