‹ Le ciel sur la terreChapitre 108 sur 120 · TURIN · texte numérisé non relu

TURIN

lÀ VILLE DU SAINT SACBEME>T

L'apparition de Bolsène et l'institution de la fête annuelle du saint Sacrement dans l'Eglise universelle, dont cette apparition fut la cause, coàicident, dans

l'ordre des temps, avec les progrès de l'hérésie des Vaudois qui, sans nier encore la présence réelle, commençaient du moins à dévier de la foi catholique sur plusieurs dogmes relatifs au sacrement de l'Eucharistie. Ce n'est guère qu'à l'époque de leur passage au calvinisme que les Vaudois nièrent ouvertement le dogme de la présence réelle ; mais, s'ils n'osaient jadis s'élever contre le sentiment de toute l'Eglise dans un article si important de notre foi, ils professaient diverses erreurs, et on les soupçonna de ne pas croire à la présence réelle.

Vers le milieu du quinzième siècle, la célèbre apparition qui eut lieu à Turin et qui fit donner à cette ' ville le nom de ville du saint Sacrement convertit un grand nombre de Vaudois. Quoique le miracle ait été accompli dans la ville de Turin, il eut un grand retentissement dans les vallées qu'occupaient les Vaudois, ainsi que nous allons dire.

Les pièces et les documents authentiques que l'on conserve encore aujourd'hui dans les archives ecclésiastiques et civiles attestent donc, non moins que la tradition orale et la tradition écrite des historiens, les faits suivants.

En 1455, la guerre existant entre les Français, les Savoyards et les Piémontais, la ville d'Exilles, diocèse de Suze en DaAjphiné, fut saccagée. L'église subit le même sort ; le ciboire qui renfermait la sainte Eucharistie fut volé avec d'autres objets. Le 6 juin suivant, quelques inconnus entraient dans

Turin, en conduisant un mulet chargé d'objets volés, au sac d'Exilles, la sainte hostie était cachée au milieu de ces hardes. Lorsqu'ils furent arrivés sur la place de l'église Saint-Etienne, qui était alors paroisse, l'animal s'arrêta tout à coup , et devint immobile, malgré tout ce que l'on fit pour lo faire avancer. Peu d'instants après, une main invisible ouvrit toutes ces hardes et fit paraître aux yeux delà population le ciboire découvert, et l'hostie s'éleva dans les airs, rutilante d'une belle et brillante lumière. Elle conserva quelque temps cette position, apparaissant à tous les yeux comme un magnifique soleil dans le ciel, jusqu'à ce que l'évcque de Turin, qui accourut avec son clergé, se mit en prière, en suppliant le Seigneur de daigner s'arrêter dans cette ville : MaJie nubiscum, Domine. Et tout le peuple faisait la même prière; alors le prélat prit un calice, la sainte hostie y descendit d'elle-même, et on la transporta processionnellement à la cathédrale, où elle fut longtemps conservée et publiquement vénérée.

Telle est la relation unanime des historiens, corroborée par les nombreux documents originaux qui sont conservés dans les archives du pays. En 1855 la sainte Congrégation des Rites autorisa un office commémoratif du miracle, avec des leçons propres qui en renferment toute l'histoire.

Zfù MIRACLES.

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