‹ Le ciel sur la terreChapitre 109 sur 120 · LA BIENHEUREUSE RIÉTI · texte numérisé non relu

LA BIENHEUREUSE RIÉTI

« La bienheureuse Colombe de Riéli, religieuse du liersordre de saint-Dominique, qui vivailen 1485, fut souvent favorisée de pieuses et saintes visions.

« Un jour, pendant qu'elle assistait au saint sacrifice, ayant aperçu au-dessus du calice son Jésus attaché à la croix, pâle et défiguré, le côté ouvert et la tête couronnée d'épines, la compassion qu'elle en eut la fit tomber par terre et la réduisit à une sorte d'agonie. Cette défaillance se prolongeant, on avertit son confesseur, qui vint auprès d'elle. Alors la bienheureuse lui dit:

({ Priez pour moi, mon père, afin que je ne voie « plus ce déchirant spectacle ; car je suis persuadée « que, si je le vois encore, je mourrai de douleur. »

« Elle reçut plusieurs fois la sainte communion de la main de Noire-Seigneur et de ses anges. Un jour que son confesseur disait la messe dans une autre église que celle oîi elle l'attendait, elle pria la trèssainte Vierge de satisfaire le désir ardent qu'elle éprouvait de s'unir à son divin Fils. Au bout de quelques instants, un prêtre vint à elle tenant entre ses doigts le corps sacré de Jésus-Christ, et le lui donna.

Pendant ce temps-là le père Sébastien de Pérouse, son confesseur, qui rapporte ce fait, célébrant les saints mystères, éprouvait une peine très-vive de ne

pas retrouver dans le calice, au moment de la communion, le fragment de l'hostie qu'il y avait déposé Colombe revint à celte église pendant qu'il y achevait la messe, et le Père, après avoir déposé les habits sacerdotaux, lui fît part de son chagrin.

« Ne vous alTIigez point, mon Père, lui réponditelle, ce fragment de la sainte hostie m'a été apporté dans la cathédrale par un ange, et il repose en ce moment dans mon cœur.

« En ce cas, reprit le confesseur, je me réjouis de la perte qui m'a causé tant d'inquiétude, et je remercie Dieu de vous avoir fait participante de ma communion. » (Vie de la bienheureuse Colombe Riétij par le P. Sébastien de Pérouse.)

MAXIiniLIEN D'AUTRICHE

MAXIMILIES d'aUTHICHE DÉLIVRÉ d'dNE JIORT CERTAINE PAR L'EUCnARlSTIE.

« Maximilien d'Autriche, fils de Frédéric, empereur d'Allemagne, et son successeur au trône, étant allé à la chasse à travers des rochers escarpés, se trouva si engagé au milieu des précipices qui l'entouraient de toute part qu'il ne pouvait échapper à la mort. Tous ceux qui étaient attachés à sa personne et qui l'avaient accompagné l'entendaient, le voyaient au milieu des abîmes, et ne pouvaient le secourir. Deux jours et deux nuits se passèrent ainsi dans cette affreuse perplexité, sans espoir de pouvoir lui venir en aide. Alors, toute espérance humaine étant perdue,

soumis et résigné à la volonfé de Dieu, Maximilien accepte la mort et crie à ses gens : « Allez chercher un « prêtre, dites-lui d'apporter avec lui la divine Eu- « charistie, afin que j'aie la consolation de mourir en « présence de mon Dieu, puisque je ne puis le rece- « voir. » Bientôt après un piètre, portant dans ses mains la divine Eucharistie arrive. Dès que Maximilien aperçoit le ciboire qui renferme son Dieu, il rassemble toutes les puissances de son âme et il adore Jésus-Christ, s'estimant trop heureux de mourir en présence de son divin Maître, 11 priait encore, lorsqu'un jeune homme, vêtu en villageois, lui apparaît, et, renversant les rochers qui le tenaient emprisonné au fond de ces abîmes insondables, il lui tend la main en lui disant : « Suivez-moi, je vous remettrai dans « le bon chemin, » Ce qu'il fit; car un instant après Maximilien était au milieu de ses serviteurs qui pleuraient de joie et de bonheur en voyant leur maître sauvé. Alors 3Iaximilien cherche autour de lui son guide et son libérateur ; mais il avait disparu, et Dieu lui fil comprendre que ce guide était son ango gardien qui l'avait délivré en récompense des grands services qu'il rendrait un jour à l'Eglise et à l'Allemagne entière. » (Corbin, avocat au Parlement. Panégyrique du saint Sacrement.)

MIMGLES. 563

SAINT ANTOMIN

es JEtWE HOJfllK EST PRÉSERVÉ DE LA FOCDBK POCR AVOin ASSISTÉ AD SAI5T SACRIFICE DE LA ME'^SE.

Saint Anlonin, archevêque de Florence, rapporte, dans un de ses ouvrages, que deux jeunes gens ayant choisi un dimanche pour aller faire une partie de chasse , l'un des deux eiit soin d'aller entendre la messe auparavant. Tandis qu'ils étaient tous les deux en chemin, le ciel se couvrit de nuages; il s'éleva tout à coup une violente tempête, et ce qui les effrayait le plus, c'est qu'au milieu du bruit du tonnerre et de l'éclat des éclairs qui sillonnaient les cieux et menaçaient d'incendier la terre, ils entendaient une voix qui criait : « Frappe, frappe! » Comme ils continuaient à marcher, saisis de frayeur, la foudre éclata et tua celui qui n'avait pas assisté à la messe. L'autre, saisi d'épouvante et hors de lui-même, ne savait où porter ses pas. Comme il était dans cette mortelle incertitude, il entend de nouveau la même voix qui criait : « Frappe! frappe! » Le malheureux jeune liomme s'attendait à une mort inévitable ; mais il fut bientôt rassuré par une autre voix qui répondit : «Je ne puis le frapper, parce qu'aujourd'hui il a entendu le Verbum caro fuctum est. » Par ces paroles de l'évangile de saint Jean, qui sedit ordinaire;nent àla fin de la messe, la voix ne voulait dire autre chose, sinon qu(.' ce jeune homme avait entendu toute la messe. Ce fut donc la messe à laquelle il avait assisté

qui le préserva d'une mort si épouvantable et si soudaine.

l'eucharistie nNiQCE NOunniTur.E de quelques saints.

Souvent l'Eucharistie a remplacé chez les saints la nourriture ordinaire. La nourriture ordinaire produit une union intime entre la nature extérieure et le corps de l'homme : de même aussi l'Eucharistie, nous introduisant dans une région supérieure, unit ceux qui la reçoivent avec Dieu, et les fait participer à sa vie. Dans la nourriture ordinaire, celui qui mange, étant supérieur à ce qui est mangé, s'assimile les aliments qu'il prend et leur communique sa propre nature. Mais, dans l'Eucharistie, l'aliment est plus puissant que celui qui le mange : ce n'est plus la nourriture qui est assimilée, c'est elle au contraire qui s'assimile l'homme et l'introduit dans une sphère supérieure. Il se produit alors comme un changement complet delà vie tout entière. La vie surnaturelle absorbe en quelque sorte la vie naturelle, et l'homme, au lieu de vivre de la terre, vrl désormais de la grâce et du ciel. Les aliments qui lui semblaient autrefois les plus délicieux n'excitent plus en lui que le dégoût, et l'estomac se refuse à les prendre ou à les garder. Apportons quelques faits :

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