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OPÉRÉE PAR LA DIVINE EUCHARISTIE

ET LES Pr.IÈIlES DE SAINT JOSEPH DE COPERTINO.

« Rien de plus miraculeux que la conversion à la religion catholique de Jean-Frédéric, prince de Brunswick. Curieux de connaître les principales cours

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de l'Europe, ce jeune souverain vint à Rome en 1649, et de Rome, se rendit à Assise, afin d'y voir saint Joseph de Copertino, dont la sainteté faisait tant de bruit en Allemagne. Le cardinal Francesco Rapaccioli, envoyé par le pape Innocent X, arrivait à Assise en même temps, avec une lettre pour le custode et des ordres relatifs à la réception de ce prince. Une autre lettre, écrite aussi par ordre du pape et portant un caractère confidentiel, prescrivait au custode de mettre Son Altesse en relation avec Joseph, afin que par ses bonnes paroles et ses prières à Dieu, le saint religieux obtînt que le prince se convertît du luthéranisme au catholicisme, ce qui serait d'une grande importance pour les mtéréts de la religion en Allemagne. Le custode s'empressa de se rendre à l'hôtellerie où le prince était descendu avec deux comtes, ses chambellans, l'un catholique, l'autre luthérien. On les conduisit dans les grands appartements du saint couvent, connus sous le nom d'appartements du pape. Son Altesse exprima tout d'abord le désir de voir le P. Joseph, et manifesta l'intention do partir après la conférence. Le lendemain donc, qui était un dimanche, le prince et les deux comtes furent introduits très-secrètement et par un escalier dérobé dans la chapelle du vieux noviciat, où frère Joseph célébrait ordinairement la messe. Personne ne fut prévenu, pas même Joseph; il ignorait l'arrivée des étrangers et ne soupçonnait nullement leur présence au saint sacrifice; mais il devait en être bientôt averti.

Au niomont de rompre l'Iioslie consacrée, l'homme (le Dieu laissa échapper un douloureux gémissement. Poussant ensuite un grand cri, il vola dans l'air, à reculons, à genoux, à une distance de cinq pas, et revint de la même manière à l'autel, où il resta en extase un peu de temps. Il voulut rompre l'hostie, l'hoslie résista. Il fidlut un effort pour la briser. De cette circonstance il conclut qu'un cœur dur assistait au saint sacrifice. Ce douloureux et extraordinaire gémissement du serviteur de Dieu avait frappé le prince; il en demanda la raison. Le custode répondit que, à moins d'y être contraint par l'obéissance, Joseph n'aimait pas à donner de pareilles explications. En considération cependant d'un hôte si illustre, le supérieur posa la question et reçut la réponse suivante : « Compatriote, les personnes que lu m'as ence voyées ce matin ont le cœur dur; elles ne croient « pas ce que croit la sainte mère Eglise; c'est pour . « ce motif que l'Agneau, devenu dur sous mes doigts, « ne pouvait se rompre. »

« Le prince médita celte réponse au fond de son cœur. Ses projets de départ en furent ébranlés. Tantôt il voulait partir, tantôt il voulait rester, et ne se décidait à rien. Il ne prêtait ni ne fermait entièrement l'oreille à une voix secrète qui le pressait puissamment de se faire catholique. Joseph, averti des intentions du pape, animé d'ailleurs d'un ardent désir de sauver celle âme, parla de cette affaire à Dieu, cl aussitôt ses prières commencèrent d'être exaucées. La grâce des-

cendit dans le cœur du jeune souverain et y engagea une de ces luttes qui sont moins un combat qu'une victoire. Après qu'il eut dîné, le prince demanda un entretien au serviteur de Dieu, et demeura seul avec lui dans sa cellule jusqu'à l'heure des compiles. Dans cette longue conférence, que dit Joseph à Dieu en faveur du prince? que dit-il au prince de la part de Dieu? Nous l'ignorons : ce que nous savons, c'est qu'à l'issue de k conférence, le prince, tout pensif, se rendit à l'église et s'agenouilla devant l'autel de Saint-François, peut-être avec l'intention de dire au saint les raisons qui mihtaient pour et contre sa conversion ; mais il se releva brusquement, honteux d'avoir paru céder à cette lumière dont il reconnaissait les divines clartés, mais qui ne l'avait point encore subjugué.

« Comme un aigle qui poursuit une noble proie, Dieu jetait le prince de Brunswick dans les voies où il avait résolu de ne pas entrer. Introduit dans le chœur comme malgré lui, le prince y entendit, sans le vouloir, Toflice des compiles, et, sans le vouloir, fit ensuite la procession, où il affecta plus d'indifférence que de piété, plus de curiosité que de dévotion. Mais contre les traits acérés de Dieu et la puissance de sa grâce que sert le bouclier de la dissimulation? Le lendemain, lundi, le prince voulut assister à la messe du P. Joseph, et de nouveau Dieu frappa ses yeux d'un admirable prodige. Au moment de l'élévation parut, sur la surface de l'hostie, une croix noire qui

fut aperçue de tous les assistants. Au même instant, le P. Joseph, élevé en l'air, se trouvait à une palme de hauteur au-dessus du marchepied de l'autel, et semblait suivre la divine hostie dans les cieux.

« Celui des deux comtes qui était hérétique, affectant un profond dédain en présence de ces miracles, que Dieu daignait faire en partie pour lui, s'écria insolemment : « Maudit soit le jour oîi je suis venu « dans ce pays; je vivais tranquille dans !e mien, et « me voici agité de misérables scrupules de con- « cience ! »

« Le prince tenait un tout autre langage; pressé par l'évidence des miracles d'un côté, par les influences de la grâce de l'autre, il se sentait fortement ébranlé ; mais il résistait toujours, et, bien qu'il ne fût déjà plus luthérien, il n'osait encore se déclarer catholique. Ses anxiétés trahissaient un esprit convaincu qui ne peut se résoudre. Joseph, qu'une lumière surnaturelle avertissait des intimes agitations du prince, souriait de ses irrésolutions, sachant avec quelle puissance Dieu s'empare de l'àme qu'il poursuit. « Réjouissons-nous, dit-il à un ami ; le cerf est « blessé ; il est à nous. »

« Cependant le prince se sentait de plus en plus disposé à recevoir le don de Dieu. Après la messe, il demanda à Joseph un entretien qui dura jusqu'au dîner. Et parce que la grâce commençait à triompher dans cette âme, après dîner il voulut reprendre la conférence. Lorsque Joseph le vit paraître sur le seuil

(le sa cellule, il fit quelques pas en avant, ceignit le prince du cordon de Saint-François, et, dans un transport extatique, il sécria à plusieurs reprises : Je te lie pour le Paradis.

« Après avoir dil ces mois, le saint resta en extase. Revenu à la vie réelle par la vertu de la sainte obéissance, lui, ce pauvre frère, né dans une étable, regardant en face le prince souverain i!e Brunswick, le fils du duc de Saxe, l'hérilier de nombreux Etats, lui dit avec chaleur : « Va, je t'ai lié pour le Paradis. « Prie â l'autel de saint François d'Assise, assiste à « l'office de coniplies, fais la procession, et tout ce que « lu verras faire aux religieux, fais-le humblement.»

« Le prince, profondément ému et devenu humble, enlendit et obéit, parut à l'église comme un smiple novice, assista à compiles et fit la procession. Ce n'était plus un Saul, c'était un saint Paul pénilent et converti. Assisté des cardinaux Facchinetti et Piapaccioli, il se prosterna devant l'autel du très-saint Sacrement, et là, avec un air empreint de majesté, d'une voix sonore et forte, il dit : « Le roi du monde « est adoré dans cette église ; dans cette église, je con- « fesse et je crois toutes les choses que confesse et « croit l'Eglise catholique. »

« Il voulut ensuite entretenir le serviteur de Dieu des secrets de sa conscience, et resta avec lui jusqu'à une heure fort avancée de la nuit.

« Le prince déclara qu'il reviendrait l'année suivante à Assise faire son abjuration publique entre les

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mains du P. Joseph; c'est en eOet ce qui eut lieu. 11 voulait, par la prudence de cette conduite, coordonner d'abord les affaires publiques de ses États avec les intérêts de la religion catholique, et régler ensuite publiquement les intérêts privés de sa conscience. » {Vie de saint Joseph de Copertino , de l'ordre des Frères-Mineurs, par Dominique Bernino.)

niRACLE DE FAVERNEY

LES SAINTES HOSTIES PEÉSERVÉES DE l'iNCEXDIE.

En l'année 1608, le 24 du mois de mai. il s'opéra un grand miracle dans l'église abbatiale de ^'otre-Dame de Faverney, dans, le diocèse de Besançon. 11 y avait, chaque année, aux fêtes de la Pentecôte, un grand concours de fidèles qui se rendaient à Aotre-Dame pour y gagner une indulgence plénière accordée par le Souverain Ponlife. C'était la coutume, pour cette grande solennité, de dresser un autel en bois et richement décoré à l'entrée du chœur. On y exposait le très-saint Sacrement. Le feu ayant pris pendant la nuit à l'autel, sur lequel se conservaient deux grandes hosties renfermées dans un ostensoir, entre deux cristaux, et ayant réduit en cendres l'autel, les gradins et le tabernacle, les linges, les tapis et les ornements, l'ostensoir seul, où reposaient les deux hosties, ne fut point endommagé par les flammes, mais demeura à la même place, sans aucun soutien, suspendu en l'air pendant trente-trois heures consécutives, à la grande

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admiration, au grand étonnement de plus de dix mille personnes accourues pour contempler ce prodige. Après ces trente-trois heures, pendant qu'un curé du voisinage, qui était venu en procession avec tout son peuple, offrait le saint sacrifice, après l'élévation de la sainte hostie, l'ostensoir descendit lentement, sans le secours de personne, et alla reposer sur un missel couvert d'un corporal, qu'on avait préparé à cet effet. Ce nouveau prodige se passa à la vue d'une foule immense de spectateurs parmi lesquels on choisit plus de cinquante témoins irrécusables. Après les informatione les plus sévères et les plus exactes, l'archevêque de Besançon déclara, par un acte public, que le fait était incontestablement miraculeux ^

* Ce miracle est un fait historique que ne permettent pas de révoquer en doute : i° les informations et le décret de Tarclievèque de Besançon ; 2° la bulle de Paul V, enregistrée au troisième livre du BuUaire du parlement, fol. 246, et énonçant toutes^ les principales circonstances du miracle; Z" la narration historique et topographique des couvents de l'ordre de Saint-François dans la province de Bourgogne, par le Fodéré, auteur contemporain du miracle; in-4°, Lyon, 1619. — Une des hosties miraculeuses fut donnée à la ville de Dole, qui députa, pour aller la chercher : 1° de la part du chapitre le doyen, avec plusieurs clianoines et prêtres ; 2° de la part du parlement, deux chevaliers d'honneur, deux conseillers clercs, le substitut du procui-eur général avec un greffier; 5° de la part de la Chambre des comptes, deux conseillers maîtres. A cette députation se joignirent trois cents cavaliers des principaux de lu ville. La sainte hostie l'ut portée dans une litière couverte de damas, laquelle était portée elle-même par deux chevaux blancs ; aux côtés marchaient quatre

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