‹ Le ciel sur la terreChapitre 116 sur 120 · SOLENNELLE DE CET HORRIBLE 5ACRILÉGE · texte numérisé non relu

SOLENNELLE DE CET HORRIBLE 5ACRILÉGE

La nuit de Noël de l'année IGol, deux jeunes étudiants à Saumur, après avoir passé une partie de la nuit en de dégoûtantes orgies, se rendirent à Notre- Dame-dos-Ardiliiers pendant qu'on y célébrait solennellement la messe de minuit. Au moment de la communion ils eurent l'audace sacrilège d'aller s'asseoir au banquet des élus, avec les pieux fidèles, oubliant que les choses saintes sont pour les saints ', De retour dans la maison oîi ils s'étaient livrés à l'orgie, ils veulent proférer des blasphèmes contre l'Eucharistie qu'ils venaient de recevoir si indignement ; lorsque tout à coup ils sont frappés par la main de Dieu; ils tombent par terre, se tordent dans d'horribles et épouvantables contorsions; ils confessent avec larmes l'horrible sacrilège dont ils se sont rendus coupables;

hommes en robes rouges, tenant cliacun deux flambeiuix cl;ms une lanterne; et devant et derrière la pieuse troupe chantait des cantiques. La réception dans la ville de Dôle, le 21 décembre, fut des plus magnifiques, et Ton arrêta qu'à pareil jour, chaque année, il y aurait une procession solennelle où serait portée en triomphe l'hostie miraculeuse.

31IRACLES. 385

ils passent ainsi trois nuits et trois jours sans pouvoir prendre aucun aliment ni aucun remède humain ; Lorsqu'à la fin du troisième jour, le corps sacré de Jésus-Christ, sans altération aucune, bien qu'il fût demeuré trois jours dans ces sépulcres pleins d'immondices, sort de la bouche de ces sacrilèges, et vient se reposer sur un plat d'argent qu'un prêtre tenait entre ses mains.

« En punition de ce crime, le juge prévôt de la ville de Saumur et l'assesseur criminel condamnèrent ces deux jeunes gens à une peine légère, par une sentence du 5 janvier 1632, de laquelle ayant appelé, le procureur général du roi, M. 3Iolé, interjeta aussi un appel à minime.

« La cour, par son arrêt du 17 février 1C3'2, infirmant la sentence, aggrava la peine, et condamna ces deux sacrilèges :

1" A un bannissement perpétuel de la ville de Saumur;

2° A une amende de douze cents livres tournois, applicable, 1° deux cents livres pour l'entretien des prisonniers de la conciergerie du palais ; 2° la somme de mille livres tournois sera mise à la disposition du substitut du procureur général, et employée à l'achat d'une lampe d'argent de deux cents livres, qui sera mise en ladite église de >'otre-Dame-des-Ardilliers, audevant du lieu où repose le saint Sacrement, et les huit cents livres restant à fonder une rente pour entretenir à perpétuité l'huile de ladite lampe, et pour

faire mettre et attacher près du lieu où est le saint Sacrement de l'autel une plaque de cuivre sur laquelle sera inscrit le présent arrêt.

« Fait au Parlement, le 17 février 1632. (( Signé : Radigues. »

m\V SIÈCLE

Page 1