SAINT CYRILLE
Saint Cyrille, patriarche de Jérusalem, né vers l'an 350, et mort en 386, a laissé des écrits que la Providence, par une protection toute particulière sur son Eglise, a bien voulu lui conserver, pour être à jamais un monument authentique de la foi de ces siècles apostoliques sur le sacrement de l'Eucharistie. Lisez avec une religieuse attention le commentaire qu'il fait des paroles suivantes de l'apôtre saint Paul. C'est du Seigneur que j'ai appris ce que je vous ai aussi enseigné, qui est que le Seigneur Jésus, la nuit même qu'il devait être livré à la mort, prit du pain, et ayant rendu grâces à Dieu son Père, rompit ce pain et dit à ses disciples : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, qui sera livré pour vous : faites ceci en mémoire de moi. » 11 prit de même le calice après avoir soupe, et le leur présenta, en disant: « Ce calice est la nouvelle alliance que Dieu contracte avec vous en mon sang, qui va être répandu pour vous. »
Ces paroles du bienheureux Apôtre suffisent à elles seules pour nous rendre un témoignage certain de
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la vérité des divins mystères, 1/Eglise, qui vous a jugés dignes d'y participer, vous a, par ce moyen unis si étroitement à Jésus-Christ que vous ne faites plus avec lui, pour ainsi dire, qu'un même corps et un même sang. Puis donc que Jésus-Christ, en parlant du pain, a déclaré que c'est son corps, qui osera jamais révoquer en doute cette vérité? Va puisque en parlant du vin, il a si expressément assuré que c'est son sang, qui oserait dire que ce n'est pas le sang de Jésus Christ? Autrefois, en Cana de Galilée, il changea, par sa seule volonté, l'eau en vin, liqueur qui, par sa couleur, ressemble au sang ; et nous ne croirions pas, sur sa parole, qu'il puisse changer du vin en son sant;? Si, à des noces humaines et terrestres où il se trouvait invité, il opéra un changement aussi prodigieux, à quoi tout le monde était loin de s'attendre, combien, à plus forte raison, ne devonsrnous pas reconnaître qu'il a en effet donné aux enfants de l'Epoux son corps à m.anger et son sang à boire, afin que nous le recevions comme étant indubitablement son corps et son sang? C'est donc sous l'espèce du pain, la chair véritable de Jésus-Christ, et sbus iespèce du vin , le sang de Jésus-Christ qui vous sont présentés, afin que, aux termes de l'apôtre saint Pierre, nous ne fassions qu'un avec Jésus-Christ, élevés à la dignité de la nature de Dieu même.
Ne les considérez donc point comme un pain commun, ni comme un breuvage ordinaire; mais comme étant, selon la parole du Seigneur, le corps et le sang
DE LA PROMESSE DE NOTRE-SEIGNEIR JÈSUS-CllRIST. 5i)
(le Jésus-Christ. Et si les sens ne vous le montrent pas, c'est par la foi que vous devez en être convaincus. Ne jugez donc point ici par le témoignage des sens, mais tenez-le pour constant par la foi, et ne concevez aucun doute que c'est le corps et le sang de Jésus-Christ qu'on vous a donnés.
Soyez donc persuadés, comme d'une vérité incontestable, que |e pain qui paraît à vos yeux n'est pas du pain, quoique le goût le juge tel, mais que c'est le corps de Jésus-Christ; et que le vin qui parait à nos yeux n'es! pas du vin, quoique les sens du goût ne le prennent que pour du vin, mais que c'est le sang de Jésus-Christ.