SAINT BASILE
Saint Basile le Grand, archevêque de Césarée, occupe un rang illustre parmi les évoques qui honorèrent non-seulement l'Eglise, mais leur siècle et l'humanité tout entière. Ce grand saint, qui a été si fort loué par saint Grégoire de ?sazianze, si admiré par saint Ambroise et nommé par Théodoret la lumière universelle de la terre, fut élevé à l'épiscopat de Césarée en 570 Nul Père n'a demandé des dispositions plus saintes, pour recevoir le Saint des saints, que ce grand docteur de l'Eglise grecque. Nulle part nous ne trouvons un monument plus précieux que dans ses écrits sur la sainte Communion, sur la pratique de réserver le corps de Jésus-Christ, et, par consé-
quent, de lui rendre, d'une manière habituelle et permanente, le culte suprême qui lui est dû. Voici comment s'exprime ce grand saint : « Il est très-utile de communier tous les jours et de se nourrir du corps et du sang de Jésus-Christ, puisqu'il a dit lui-même en termes exprès : ('elui qui mangera ma chair et qui boira mon sang aura la vie éternelle. Quoique notre coutume ne soit de communier que quatre fois la semaine, à savoir le dimanche, le mercredi, le vendredi et le samedi, outre les jours, quels qu'ils soient, où tombe la fête d'un martyr... que dans le temps de persécution, on soit obligé de se communier de sa propre main, faute de prêtre ou de ministre, il est assez inutile de le prouver, puisque ce principe se trouve établi par une pratique ancienne et constante. On sait que tous les solitaires, au fond de leurs déserts, où il n'y a point de prêtres, gardent chez eux la communion, et se la donnent à euxmêmes. A Alexandrie et dans le reste de l'Egypte, la plupart des laïques gardent aussi dans leurs maisons la sainte Eucharistie; c'est pour cela que le prêtre, après avoir achevé le sacrifice, distribue le pain aux fidèles. Or celui qui l'a reçu tout entier, et (jui en détache chaque jour la partie dont il se communie soi-même, doit croire que c'est la même chose que s'il le recevait encore de la main du prêtre. Dans l'Eglise même, le prêtre met une partie du pain à la main de chaque fidèle; celui qui la reçoit a la liberté de le porter lui-même à la bouche ; c'est donc la même
chose que l'on ne reçoive du prêtre qu'une |)artie du pain, ou que l'on en reçoive plusieurs. » (Saint Basile, t. IX, page 659.)