SLR LA COMMUNION INDIGNE
« Vous ne sauriez penser sans un sentiment profond d'indignation au crime du perfide apôtre qui trahit Jésus-Christ, le Fils de Dieu, à celui des Juifs qui rattachèrent à la croix. Le crime de l'indigne communion n'est pas moins énorme; il rend également coupable d'attentat sur le corps et le sang de Jésus-Christ. Les Juifs, en le crucifiant, immolèrent son humanité sainte ; vous comblé de tant de bienfaits, vous l'outragez en le recevant dans une âme souillée par le péché. Il n'a pas suffi à son amour de
se faire homme pour vous, d'endurer les ignominies et les supplices de la croix sur laquelle il s'est immolé; il porte le dévouement jusqu'à s'identifier à nous, et nous permettre de nous unir à lui, non par la foi seulement, mais substantiellement, par la participation de son propre corps. Quelle pureté ne fautil donc pas pour s'en approcher ! Quel honneur pour vous! Quel banquet auguste! Ce corps que les anges n'envisagent qu'en tremblant, sur qui ils n'osent pas même lever les yeux à cause de l'éclat qui en jaillit, c'est le même qui devient notre aliment, qui s'incorpore à notre substance, de telle soite que nous ne formons plus avec Jésus-Christ qu'un seul corps, qu'une même chair. Vit-on jamais le berger nourrir •ses brebis de sa propre chair? Quedis-je, unber^'er? Combien de mères abandonnent à des mains étrangères le fruit de leurs entrailles ! Il n'en est pas de même de Jésus-Christ. 11 nous donne son sang pour breuvage, il nous unit à sa personne par les liens les plus intimes. » (lxxu* homélie.)
V SIÈCLE