‹ Le ciel sur la terreChapitre 35 sur 120 · HENRI SUSO · texte numérisé non relu

HENRI SUSO

SENTIMENTS DU B. HENRI SCSO, DE l'orDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS, SUR LE TRÈS-SAINT SACREJIEKT DE l'ECCHARÎSTIE.

LE DISCIPLE, — Si VOUS m'accordicz la grâce, ô compatissante sagesse, d'entrer dans l'intimité de vos divins mystères, je vous demanderais les secrets de votre amour. Il est certain que l'abîme impénétrable de votre infinie charité nous est largement ouvert par votre douloureuse passion et par votre mort ; mais, dites-moi, ne pouvez-vous pas nous donner d'autres preuves aussi éclatantes de votre tendresse pour nous?

LA SAGESSE. — Commcut ne le pourrais-je pas? Il est aussi impossible de compter les étoiles du ciel que les preuves et les témoignages de mon amour infini.

LE DISCIPLE, — 0 mon Jésus, mon doux amour voyez combien mon âme languit dans votre attente, et donnez à votre serviteur la paix et le bonheur de votre présence. Vous voyez que toutes les affections de la terre sont mortes en moi, et que je ne désire autre chose que les trésors de votre charité. Vous savez bien que le propre de l'amour est de ne pouvoir

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jamais être rassasié de son objet : plus il le possède, plus il désire le posséder. Dites-moi donc, 6 ravissante sagesse, quelle est, avec votre passion et votre mort, la grande preuve de votre amour que vous avez donnée dans votre incarnation.

LA SAGESSE. — Répouds-moi d'abord. Parmi les choses précieuses, qu'y a-t-il de plus précieux pour celui qui aime?

LE DISCIPLE. — La présence de celui qui est aimé, je crois sesembrassements, sa jouissance assurée.

LA s.vGEssE. — Cela est vrai, et comme je prévoyais que mes fidèles amis seraient tourmentés du désir de ma présence, j'ai voulu, dans la dernière Cène, au mojen du sacrement de l'Eucharistie, rester présent pour mon Église et mes amis jusqu'à la fin des siècles.

LE DISCIPLE. — Mais, Seigneur, excusez mon ignorance : comment votre corps heureux et glorifié peut-il être sous les faibles apparences du pain-? Comment puis-je vous voir présent dans ce sacrement?

LA SAGESSE. — Pàen n'cst impossible à ma toutepuissance infinie, et si tes sens le font défaut, il faut les suppléer par une foi simple et sincère, sans songer à sonder des abîmes incompréhensibles. Je suis présent pour toi sur l'autel, vrai Dieu et vrai homme, avec mon coi-ps, mon âme, ma chair, mon sang, comme je l'étais dans les bras et sur le sein de ma mère bien-aimée, comme je le suis au ciel dans la perfection de ma gloire.

Dis-moi comment se montre un palais dans un miroir, et dans chaque fragment de ce miroir, comment toute l'étendue des cieux est saisie par l'œil, qui est si petit. Ne faut-il pas plus de puissance pour créer de rien le ciel, la terre et tout l'univers, que pour changer invisiblement du pain en mon corps? Pourquoi s'étonner plus de l'un que de l'autre? Combien y a-t-il de choses dans le monde que tu crois sans les voir ! Les créatures invisibles ne surpassentelles pas beaucoup les créatures visibles ? Qui ne croit fermement avoir une âme? et pourtant personne ne l'a vue.

Si je t'interrogeais sur les voies de l'abîme et sur les eaux supérieures, ne me répondrais-tu pas que les choses dépassent tes facultés, parce que tu n'as pas pénétré les abîmes, ni visité les hauteurs des cieux? Mais si tu ne comprends pas les choses naturelles et terrestres, comment veux-tu comprendre les choses célestes et divines? Si une mère enfantait et élevait un fils dans une prison complètement obscure, tout ce qu'elle lui raconterait du soleil, des étoiles, l'étonnerait et lui paraîtrait incroyable; et pourtant sa mère ne l'aurait point trompé. Ma parole n'est-elle pas plus certaine que tous les sens de l'homme? Qu'il te sufiise donc de savoir que l'Eucharistie est l'œuvre de ma toute-puissance et de mon amour; que la foi te soutienne, et tu goûteras ma présence.

LE DISCIPLE. — Comment refuser de croire ce que vous enseignez, ô mon Jésus, puisque vous êtes la

vérité qui ne peut mentir, la sagesse qui ne peut se tromper, la toute-puissance que rien ne saurait limiter? Que n'ai-je autant d'amour que toutes les créatures! Que n'ai-je une conscience aussi pure que celle ■des anges, une âme ornée de toutes les beautés, de toutes les vertus, afin de vous recevoir en moi avec une telle ardeur, une telfe puissance, que ni la vie ni la mort ne puissent jamais me séparer de vous! Si vous m'envoyiez un ange en ambassade, je ne saurais quel honneur lui rendre pour le recevoir convenablement. Que dois-je donc faire pour vous, qui êtes le roi de gloire, le bien-aimc de mon âme, le bien unique, souverain, qui renferme tout ce que peut désirer mon cœur dans le temps et dans l'éternité?

Vous êtes, ô doux Jésus, ce que l'œil trouve de plus beau, le palais de plus doux, le tact de plus délicat et le cœur de plus aimable. Mais je ne sais vraiment comment munir à vous ; votre présence m'attire et m'enflamme, mais votre majesté m'éloigne et m'épouvante. Ma raison veut que je vous adore dans le silence et dans la crainte, et mon cœur veut vous aimer et vous embrasser comme son, unique bienaimé... Vous seul, ô Jésus! vous êtes mon Seigneur, mon Dieu, mon frère, mon époux. Oh! si je pouvais changer tous mes membres, mes os, ma chair en amour 1 Si je n'étais rien qu'amour, afin de reconnaître vos bontés, votre immense amour! Et que m'importe le monde, si vous vous donnez réellement à moi, pour que je vous presse dans mon sein, que je

VOUS aime et que je vous goûte dans l'intimité de votre présence ? Je me serais estimé bien heureux si j'avais pu, de la blessure de votre cœur, recueillir une seule goutte de sang et la conserver; et voilà que par votre sacrement, je reçois d.ms ma bouche, dans mon cœur et dans mon âme, votre précieux sang qu'adorent les anges du ciel.

0 sacrement d'amour! Calice d'ineffable tendresse! Quel don, Seigneur, de recevoir en soi votre charité même et d'être transformé en elle par la grâce! Je ne désire plus vous voir sans voile, parce que la foi, supérieure aux sens et à l'intelligence, me suffit, parce que je vous possède avec certitude, que rien ne me manque, et que je ne puis désirer davantage. Oui, je voudrais louer dignement et glorifier la grandeur de votre sagesse et les trésors de votre science. 0 profondeur! Immensité d'amour! Pensée sublime ! Nourriture très-pure! Sacrement ineffable ! Seigneur, si dans vos dons et dans l'effusion de votre grâce et de votre amour, vous êtes si grand, si admirable, si incompréhensible, qu'êtes-vous donc dans votre essence même? 0 mon. âme, prépare avec soin ta demeure pour un roi si élevé, ton cœur pour un hôte si doux, ton amour pour un époux si pur et si ravissant. Va au-devant de lui avec tous les sentiments d'humilité et de respect dont tu es capable.

DE QOELLE MANIÈRE l'aME DOIT SE rBÉPARER A BECtVOIR LA DIVINE EUCHARISTIE.

LE DISCIPLE, — Je reconnais, éternelle Sagesse, votre amour, votre bonté , votre grandeur dans le sacrement de l'Eucharistie ; mais je comprends par là même qu'il m'est impossible de vous revevoir dignement si vous ne me l'enseignez.

LA SAGESSE. — Vicns à moi avec le respect et l'bumilité que ma divinité mérite; retiens-moi dans ton âme, en ne perdant jamais de vue ma présence ; regarde-moi et traite-moi comme l'époux chéri qu'a choisi ton cœur. Que la faim de cette céleste nourriture t'y fasse participer plus souvent. Une âme qui veut me donner l'hospitalité d'une vie retirée et jouir de l'intimité de mes épanchements doit être pure et libre de toute préoccupation stérile, morte à ellemême et à toutes les affections, ornée de vertus et parée des roses rouges de la charité, des violettes odorantes d'une humilité profonde, et des lis éblouissants d'une inviolable pureté. C'est ainsi que tu me prépareras le lit doux et paisible de ton cœur, « car je fais ma demeure dans la paix. » Factus est in puce locus ejus. (Ps. Lxv, 5.)

« Que je sois l'objet de tes désirs et de tes embrassements, mais que j'aie ton amour sans partage; l'âme qui aime la terre, je la fuis comme le petit oiseau fuit le vautour. Chante-moi les cantiques de Sion, pour célébrer les merveilles de ma bonté dans

un si grand sacrement; et que tes louanges soient des élans d'amour. De mon côté, je te rendrai tendresse pour tendresse ; je te ferai goûter une paix véritable, une claire vue de moi-même, une joie sans mélange, une douceur ineffable, un avant-goût de la béatitude étornelle. Ces grâces sont accordées à mes seuls amis qui s'écrient dans l'ivresse de ces faveurs secrètes ; « Vous êtes vraiment un Dieu caché. » Vere tu es Dens absconditus. (Isaïe, xlv, 15.)

LE DISCIPLE. — Hélas ! que je suis à plaindre ! j'ai si souvent cueilli ces roses sans en avoir senti l'odeur! je, me suis promené parmi ces fleurs sans les voir; j'ai reçu ce baume et je n'en ai pas été pénétré; j'ai été couvert d'une rosée féconde, et je suis resté une branche sèche et aride. 0 mon Jésus, hôte aimable des âmes pures, combien de fois vous ai-je reçu, et mesuis-je refusé ! combien de fois ai-je mangé le pain des anges sans faim et sans désir ! Si j'avais eu à recevoir un ange, avec quel respect je l'aurais fait; et le roi des anges, je ne l'ai pas seulement remarqué ! Que je regrette amèrement d'avoir été, en votre pré»sence eucharistique, si léger, si froid, si ignorant, si près par mon corps, si éloigné par mon cœur !

Pendant que vous me visitiez et que vos yeux étaient tendrement attachés sur mon âme, j'étais distrait, je pensais à d'autres choses, sans craindre votre souveraine Majesté. VA pourtant, ô mon Jésus, il él.^it bien juste d'être tout à vous, de vous offrir mes hommages, mes désirs et mon cœur ; de me répandre

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en amour, en louanges et en ferventes actions de grâces. En réparation de mes oublis et de mes fautes, je me prosterne à vos pieds sacrés; et, en présence de tous les anges, qui vous adorent dans cet auguste Sacrement, je vous reconnais pour mon Dieu, mon Seigneur, la Sagesse éternelle, le Verbe incarné, l'homme parfait qui règne maintenant dans la gloire ; et je vous supplie de compatir à mes distractions, à mes irrévérences. Que votre miséricorde se laisse toucher par mes larmes ; oubliez toutes les fautes que j'ai commises contre le Sacrement de votre amour.

COMIIEN DE GRACES s'aCQCIÈRENT VkR LA FRÉQUENTE COUMDSIOy

LE DISCIPLE. — Maintenant, éternelle Sagesse, ditesmoi quel bien procure votre présence eucharistique à l'âme fidèle qui vous reçoit avec amour et désir?

LA SAGESSE. — Mou fils, Cette demande est-elle digne de quelqu'un qui aime ? qu'ai-je de meilleur que moimême? que peut-on désirer lorsqu'on est uni à l'objet de son amour? Et quand on s'est donné, que peut-on refuser? Dans ce sacrement, je me donne à toi et je t'enlève à toi ; tu me trouves, et tu te perds, alin d'être changé en moi-même.

Dis-moi, que fait la douceur du printemps aux campagnes et aux jardins, lorsque sont passées les glaces, les neiges, les vents et les rigueurs de l'hiver? que fait l'éclat desétoiles à l'obscurité delà nuit?

que font les rayons du soleil pour un air transparent? Tous les biens alïluent, par ma présence, à l'âme qui me reçoit avec amour. Mon corps glorieux n'offret-il pas le charme de l'été; mou âme ne surpasset-elle pas les splendeurs des étoiles, et ma divinité n'est-elle pas plus riche en lumière que des multitudes de soleils?

led:sciple. — Mais, Seignenr, je n'éprouve pas les douceurs dont vous me parlez ; je reste dans la communion, aride, froid, insensible; je suis comme un aveugle qui n'a jamais vu le soleil. Je voudrais que vous me donnassiez des signes plus certains, des preuves plus évidentes de votre présence.

LA SAGESSE. — Moius elle a de signes et de preuves, plus la foi est pure et méritoire. Je ne suis pas dans ce sacrement une lumière extérieure qui se montre, et qui agit sur les sens ; je suis un bien d'autant plus grand qu'il est plus intérieur et plus caché. Les êtres grandissent, et tu ne vois leur développement que lorsqu'il est accompli. Ma vertu est secrète; mes grâces sont insensibles, et l'on reçoit mes dons spirituels sans les sentir et sans les voir. Je suis un pain de vie pour les âmes bien préparées ; un pain inutile pour les négligents ; et pour les indignes, et pour ceux qui sont coupables de péchés mortels, une plaie temporelle et une ruine éternelle.

LE DISCIPLE. — Vos parolcs. Seigneur, me font comprendre combien il est difficile de se préparer dignement à un si grand sacrement.

SUR L'EUCHARISTIE. Hl

LA SAGESSK. — Jamais aucun homme sur la terre n'a pu me recevoir d'une manière convenable. Si tu avais toute la sainteté des bienheureux et la pureté des anges, tu ne serais pas encore digne de cet honneur. 3Iais p.e te décourage pas pour cela; fais tout ce que tu peux; je ne t'en demande pas davantage, et je suppléerai à la faiblesse de l'homme. Un malade doit chasser toute crainte et obéir aux prescriptions savantes du médecin, jusqu'à ce qu'il soit guéri.

LE DISCIPLE. — Peut-être, Seigneur, qu'il vaudrait mieux, par respect et par prudence, approcher plus rarement de votre sacrement?

LA SAGESSE. — Si tu scns augmenter en toi la grâce et le désir de cette nourriture divine, il faut t'en approcher plus souvent. Si tu crois ne faire aucun progrès en le recevant, et si tu n'éprouves que sécheresse, froideur, indifférence, ne te trouble pas ; mais prépare-toi du mieux qu'il te sera possible, et n'abandonne pas la communion; parce que plus tu me seras uni, plus tu t'amenderas ; il vaut mieux communier par amour que s'abstenir par crainte, et le salut de l'âme est plus assuré dans la simplicilé de la foi, les sécheresses et les peines intérieures, que dans la douceur et les délices de l'esprit.

LE DISCIPLE. — L'âme ne pourrait-elle pas s'abstenir par crainte, et vous recevoir seulement spirituellement?

LA SAGESSE. — Dis-moi s'il n'est pas plus heureux de recevoir moi et ma grâce que ma grâce seulement?

Ne vaut-il pas iiiieux, avec ma grâce, posséder ma présence réelle ?

XV' SIÈCLE

THOMAS AKEMPIS

C'est dans une petite ville du diocèse de Cologne nommée Kempen que vint au monda, en l'an 1380, Thomas Akempis. A l'âge de douze ans, il quitta Jean et Gertrnde ses père et mère, pauvres des biens de la terre, mais riches en vertus, pour aller faire ses études à Deventer, dans le diocèse d'Utrecht. Doué dune belle intelligence, le jeune Thomas vit ses études couronnées par le succès. A peine avait-il atteint sa vingtième année, qu'il demandait avec instance d'être admis dans le couvent du mont Sainte-Agnès. Son frère, qui était prieur de ce monastère, l'accueillit avec une joie toute céleste. Les deux frères s'embrassèrent tendrement en répétant le verset du psaume : « Qu'il est bon, qu'il est doux pour des frères d'habiter saintement ensemble! » Après avoir fait profession, entre les mains de son frère, de la vie religieuse, Thomas fut ordonné prêtre, puis il remplit avec distinction dilTérenles charges qui lui furent confiés dans le monastère du mont Sainte-Agnès.

Ce fut le 1" mai de lan 1471, en saqualrc-vingtdouzième année aue Thomas Akempis termina sa

sainte carrière; la mémoire de ses héroïques vertus est restée longtemps gravée dans le cœur des catholiques de l'Allemagne.

Thomas Akempis, au milieu des sollicitudes de ses fonctions dans son monastère, trouva le temps d'écrire de pieux opuscules, dont nous allons citer le passage suivant :

« 0 Église, ô heureuse mère, tuas vraiment avec loi le Dieu caché, le trésor infini, l'abondante rédemption, le salut éternel I Non, l'œil de l'homme n'a jamais vu ni ne peut voir, son intelligence ne peut comprendre, ni sa fragile raison pénétrer comment Dieu est réellement tout entier dans le sacrement de l'autel, comment on le mange sans jamais altérer l'intégrité de son corps. Oh! qu'elles sont grandes les merveilles qu'il opère en son sacrement, ce Dieu à qui rien n'est impossible, dès qu'il veut opérer, au ciel et sur la terre, quelque œuvre pour glorifier son nom et éterniser sa mémoire! 0 salutaire hostie^ qui ouvrez la porte du ciel! que de merveilles n'offrez-vous pas à raconter î que d'ineffables mystères ne recelez-vous pas en vous-mêmes! que de piété, que de vérités ne puiset-on pas en vous, soit par la foi en ces mystères, soit par l'effet de leur invisible opération ! Si on nous les propose, c est pour les croire avec foi, pour les célébrer avec respect, pour les recevoir avec désir, pour les goûter avec délices, pour les méditer avec constance, pour les embrasser avec ardeur, et enfin pour les présenter chaque jour à Dieu le Père, comme la

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plus agréable offrande en faveur du salut de tous. Car, chaque fois qu'on célèbre la messe, chaque fois que l'hostie est consacrée par la parole de Dieu, notre divin Sauveur vient vers les hommes ; il descend du ciel pour les hommes, son désir est de demeurer avec eux; il les a créés, il les a rachetés, et son intention est de kur procurer le bonheur éternel, il leur en a fait la promesse : « Voilà, dit-il, que je suis avec vous « tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles.» (Saint Matlh., xxvm, 20.) 0 consolante parole! ô tendre et fidèle engagement! ô grande et infaillible promesse de mon Dieu! Avoir Dieu présent devant soi dans le sacrement ! le même Dieu que les anges possèdent et adorent dans le royaume des cieux!

« Quand donc à l'autel la sainte hostie est élevée par les mains du prêtre, quand elle est offerte à l'adoration des hommes, ce Jésus qui pour nous a souffert et a été crucifié nous est présente sous un voile mystérieux; on l'adore avec vérité, on l'invoque avec dévotion, on lui rend de dignes honneurs.

« Qui pourra jamais dire toutes les ineffables consolalionsqu'on trouve aux pieds dos tabernacles. Là, le pécheur pénitent implore et reçoit le pardon ; là, le juste, en payant un tribut d'actions de grâces, obtient des grâces nouvelles. »

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