SAINT DENTS
SAIXT DERïS, ÉVÊQUE DE PARIS, EST COMMCMÉ DE LA PftOPKE MAIX DE JÉSUS-CmtlST.
Nous lisons dans laViedesaintDenys l'Aréopagite,. apôtre des Gaules et premier évêquc de Paris, qu'enfermé dans un noir cachot avec saint Rustique et saint Eleuthère ses compagnons, pour leur constance à confesser la foi chrétienne qu'ils allaient sceller de l'eftusion de tout leur sang, comme saint Denys célébrait pour la dernière fois le saint sacrifice de la messe, la consécration étant faite, au moment de la communion, une nuée resplendissante d'une lumière toute divine descendit tout à coup dans sa prison, et le Sauveur du monde, Jésus-Christ, environné des anges qui lui faisaient cortège, lui apparut dans tout l'éclat de sa majesté. Alors ce divin Sauveur prenant dan&
* Saint Augustin, Oésychius, le vénérable Bède, Thcopliylacte et plusieurs autres savants et illustres personnages ont enseigné que le pain que IVotre-Seigneur donna à ses deux apôtres était la sainte Eucharistie.
ses mains l'hostie consacrée, il la présente à saint Denys en lui disant : «Recevez, mon cher fils, ce don que je vous donnerai d'une manière plus parfaite encore dans le royaume de mon Père. Plus grands sont les tourments que vous avez endurés , plus grands sont encore ceux que vous endurerez avec une invincible constance, plus aussi grande sera votre récompense dans les cieux et magnidque la mémoire de votre nom sur la terre.
« Bienheureux seront en mon royaume céleste ceux qui ont ouï et reçu avec foi votre parole en ce monde. L'amour que vous me portez mérite bien que je vous accorde tout ce que vous me demanderez dans vos prières. Tout ce que vous demanderez pour quiconque que ce soit vous sera toujours accordé. »
Après avoir dit ces consolantes paroles, le Seigneur Jésus communia de sa main adorable le saint apôtre et martyr, puis il disparut, laissant saintDenys et ses compagnons dans des transports d'une joie toute céleste. La messe terminée, Taclion de grâces tinie, les fidèles qui étaient venus visiter les saints prisonniers s'en retournèrent grandement consolés par cette vision de la tristesse que leur causait la pensée qu'ils allaient perdre saintDenys et ses illustres auxiliaires Piustique et Eleuthcre.
Ils furent le jour même décapités sur une montagne qui était alors hors de la ville de Paris, et qui porte encore de nos jours le nom de Montmartre, — montagne des martyrs.
-2Cl MIRACLES.
Avant de recevoir le coup niorlel, saint Denys, Rustique et Éleutlière s'agenouillèrent, et le Pontife, les mains et les yeux élevés au ciel, fit cette prière :« Seigneur Dieu, Père tout-puissant, fils du Dieu vivant, et vous, Saint-Esprit consolateur, qui êtes un seul Dieu et une même substance, et une indivisible Trinité, recevez les âmes de vos serviteurs qui, pour l'amour de vous, exposent aujourd'hui leur vie.» Piustique et Éleuthère dirent à haute voix : « Ainsi soit-il ! »
Après cette prière on leur trancha la tête. Ce fut le neuvième jour d'octobre, sous l'empire d'Adrien.
Le fait que nous venons de rapporter est consigne dans l'hymne composée par Fortunat, évêque de Poitiers, et qu'on récite à vêpres dans le bréviaire de Paris:
Seniore célébrante Missam, turba circunistante, (]hristus adest comitante Cœlesli Irequentia.
Specu clausum carcerali Consolatur, et vitali Pane cibat, immortali Coronandum gloria.
Le vieillard immolait l'bostie au saint autel; Autour de lui la foule unissait sa prière : Tout à coup Jésus-Christ, rayonnant de lumière, > Apparaît au milieu d'un cortège immortel. Dans ce cachot affreux que remplit leur douleur, Jésus parle, et sa voix console et fortifie,
JIIRACLES. 2G5
Et s;i main au martyr tloniie le pain de vie, Près de le couronner dans réternel bonheur.
{Vie de saint Denys par Hardouin.)
Iir SIÈCLE