SAINT CYPRIEN
Saint Cyprien rapporte les quatre miracles suivants opérés par le très-saint Sacrement de l'autel sur d'indignes communiants :
« 1° Un père et une mère, voulant se soustraire à la persécution, avaient quitté leur maison. Dans le désordre de leur fuite, il y laissèrent une jeune fiUeencore à la mamelle, sous la garde de sa nourrice. Celle-ci la porta aux magistrats, qui lui donnèrent du pain trempé dans du vin, restes du sacrifice des apostats : quelques jours après, l'enfant, ayant été rendue à sa mère, fut amenée par elle au lieu où les fidèles se trouvaient réunis pour la participation aux saints mystères. Elle n'y fut pas plutôt, que ne pouvant supporter nos prières, éclatant en sanglots, agitée par des mouvements convulsifs, comme si elle eût été mise à la torture, nous la vîmes manifester ce qui lui était arrivé par tous les signes que pouvait donner un âge aussi tendre. Le sacrifice achevé, le diacre ayant commencé à distribuer le calice à ceux qui étaient présents, et le tour de l'enfant étant venu, cTiiue par un sentiment secret que la majesté divine
lui inspirait, elle détourna la tête, serrant les dents et repoussant le calice. Le diacre insistait, et, malgré ses résistances, il parvint àlui en faire boire quelques gouttes, qu'elle rejeta avec de nouveaux sanglots et des vomissements. La sainte Eucharistie ne pouvait demeurer dans un corps et dans une bouche violés et corrompus.
« 2° Une femme ayant eu l'audaccde s'approcher de la table du Seigneur après avoir mangé des viande» offertes aux idoles, à peine eut-elle reçu la sainte hostie dans sa bouche que, comme autrefois Judas, elle fut possédée du démon, entra en fureur, se mordit la langue, sur laquelle elle venait de recevoir indignement le corps du Seigneur, chercha à s'ùler la vie, et rendit l'âme au milieu des accès de la rage et du désespoir, w
ô" Ce saint docteur rapporte également qu'une femme chrétienne ayant eu la témérité d'ouvrir avec ses mains souillées une boîte où était la sainte Eucharistie, il en sortit tout aussitôt un feu qui l'épouvanta si fort, qu'elle n'osa plus y toucher. Ce grand saint fait remarquer ce miracle de l'Eucharistie, en disant : « 1° que cette femme était en péché mortel ; — 2° qu'un feu extraordinaire sortit de la boîte, qui l'empêcha de toucher à la sainte Eucharistie.»
Enfin ce grand saint ^artyr ajoute le miracle suivant, qui arriva à l'occasion d'un apostat. Ce malheu-
reux ayant osé s'approcher de l'Eucharislie dans ce mauvais état, la recjut dans sa main pour communier; mais, ayant voulu manger ce pain céleste, ilne trouva que des cendres dans sa main. Sur ce fait saint Cyprien dit : « Il paraît que le Seigneur se retire de notre cœur lorsqu'on a honte de le confesser et qu'on le renie ; que le sacrement ne conduit point au salut ceux qui le reçoivent indignement, puisque ce qui devait donner le salut est changé en cendres. » Tous ces faits saint Cyprien les rapporte dans son Traité de ceux qui sont tombés dansla persécution.
\V SIÈCLE