TRADITION
De l'autorité de rÉcrilure sainte qui établit la réelle présence de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, passons à celle des Pères, et examinons quelle a été leur croyance sur ce mystère. Nous souvenant de cette règle infaillible de la foi, de saint Vincent de Lérins, que nous devons croire ce qui a été cru dans tous les lieux, dans tous les temps et par tous les fidèles; ou bien nous rappelant encore cette parole d'Origène : « On ne doit tenir pour vrai que ce qui ne s'écarte en rien de la tradition ecclésiastique et apostolique » {de Principiis, lib. I, Prxf.) ; ou saint Irénée, qui ne s'exprime pas moins énergiquement : « Il faut éviter les faux docteurs, et consulter les Eglises, pour y trouver la vraie tradition. » « Je vous loue, dit saint Paul, de ce que vous gardez les traditions et les règles que je vous ai données. » « Demeurez ferme, dit-il ailleurs, et con-
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servez les traditions que vous avez apprises, soit par nos paroles, soit par notre lettre. » {Tliess., ii, 14.)
Ces témoignages nous font voir que le principe de saint Vincent de Lérins a été en vigueur dès les siècles apostoliques; déroulons donc cette magnifique chaîne d'or qui joint les siècles présents aux siècles passes, qui nous unit à nos frères d'Orient, divisés sous d'autres points avec l'Eglise romaine; ils ont conservé ia vieille foi de leurs pères sur le divin sacrement de l'Eucharistie, tant cette croyance était profondément gravée dans leurs cœurs.
Avant d'apporter ces témoignages, expliquons les noms donnés à la divine Eucharistie.
Ce divin sacrement est appelé Eucharistie, mot qui signifie action de grâces, 1" parce que Jésus-Christ, avant de l'instituer, rendit grâces à Dieu son Père; 2° parce qu'il est le principal don de Dieu, et qu'il nous rappelle tous les dons les plus précieux que nous avons reçus de lui.
On l'appelle encore le très-saint Sacrement, parce que, sous des signes sensibles, il contient Jésus-Christ, l'auteur et la source de toute sainteté ;
Le Sacrement de l Autel, parce que c'est un festin spirituel auquel Jésus Christ invite tous les fidèles pour les nourrir de son corps et pour les enrichir de tous les trésors de sa Divinité ;
La sainte Cène du Seifjneur, parce que Jésus-Christ l'institua après le dernier repas qu'il fit avec ses apôtres;
La sainte Hostie, parce qu'elle contient Jésus- Christ, l'hostie par excellence, la victime immolée pour nous ;
La Communion, parce qu'elle unit tous les fidèles entre eux, et avec Jésus-Christ le chef de tous les chrétiens ;
Le Pain des enfants, parce que, pour recevoir avec fruit l'Eucharistie, il faut être devenu enfant de Dieu par le baptême, et être enrichi de la grâce sanctifiante sans laquelle on est esclave du démon ;
Le Viatique, parce qu'il nous fortifie dans le pèlerinage de cette vie, et nous fait passer de la terre au ciel;
Enfin, le Pain des anges, parce qu'il est le bonheur et la nourriture des anges. Il se donne aussi aux hommes pour être la nourriture qui les fortifie et les fait vivre d'une vie tout angélique. Goûtez donc et voyez, d'après les témoignages des Pères et des saints, combien Dieu est bon pour ceux qui l'aiment l
r SIÈCLE
TÉSCOIGXACES DE l' APOTRE SAINT ANDRÉ, DE l' APÔTRE SAINT PACL ET DES PÈRES DE l'ÉGLISE.