‹ Le ciel sur la terreChapitre 91 sur 120 · A DOUAI · texte numérisé non relu

A DOUAI

Thomas de Canlipré, dans son ouvrage intitulé : De ApibuSj livre II, cliap. xl, rapporte le prodige suivant, qui eut lieu à Douai, l'an 1254, dans l'église collégiale de Saint-Amé :

« Un prêtre qui venait de distribuer la sainte communion dans l'église de Saint-Amé, trouva une hostie sur le pavé. Au moment où, tout ému, il se prosternait pour la recueillir, elle se releva d'ellemême et alla se placer sur le purificatoire. Le prêtre appelle aussitôt les chanoines, ils y accourent et voient le corps sacré de Jésus-Christ sous la forme d'un en- Tant d'une beauté surnaturelle. Le peuple accourt, et tous jouissent de ce ravissant spectacle. Au bruit de ce prodige, je me rendis moi-même à Douai. J'allai à Saint-Amé, etm'étant approché du doyen, dont j'étais particulièrement connu, je le priai de me fai/e voir l'hostie miraculeuse. Il donne ses ordres, on ouvre le ciboire, et au moment même chacun s'écrie : « Voilà que je vois et que je contemple mon Sauveur.» Etrangement surpris de n'apercevoir que les espèces du pain, je consultai ma conscience ; elle ne me reprochait rien qui dût me priver "de l'avantage dont jouissaient tous les autres. Mon trouble ne dura guère, et bientôt je vis la face de Notre-Seigneur Jésus-Christ, telle qu'est celle d'un homme d'un âge parfait ; elle était couronnée d'épines, et deux gouttes de sang qui tombaient du front découlaient séparément sur cha-

o20 MIRACLES.

que joue. Je me prosternai aussitôt, les yeux pleins de douces larmes, et j'adorai mon Sauveur et mon Dieu, Quand je me relevai, je n'aperçus plus ni couronne d'épines ni gouttes de sang, mais je vis seulement une face d'homme qui respirait la bonté et qui en même temps inspirait la vénération la plus grande. Notre divin Sauveur se montrait §ous des for.mes diverses et souvent pendant l'espace d'une heure; les uns le voyaient étendu sur la croix, les autres sous la figure d'un juge, la plupart sous la forme d'un enfant. « Ce prodige a donné occasion à la confrérie érigée dans cette église en l'honneur du très-saint Sacrement. Une foulé de personnes de la plus haute distinction s'y enrôlèrent aussitôt. Les souverains pontifes Paul IV et Clément IV lui accordèrent de nombreuses indulgences. »

EN PORTUGAL apparitiox miraculeuse de xotre-seigneur jésds-christ dans

LE TRÈS-SAINT SACREMENT DE l'aUTEL.

On a vu des apparitions dans lesquelles les miracles .étaient perpétuels. Ainsi fut la sainte hostie dont parle Sylvestre Petra Santa, chap. x des Miracles perpétuels, page 73. Voici ce qu'il on dit : « A l'époque d'Alphonse III, roi du Portugal, un sang miraculeux coula de cette sainte hostie ; après ce prodige, l'hostie s'est conservée sans la moindre altération, et ce qui est plus merveilleux que cette conservation elle-même,

l'hostie a présenté le miracle continuel de la multiformité, rncme simultanée, en présence d'un grand nombre de spectateurs, aux yeux desquels il a offert les divers mystères de la vie de Jésus-Christ, sa nativité, sa passion ou sa résurrection ; tantôt le divin enfant dans les bras de sa mère, tantôt un homme adulte ou dans l'âge mûr; tantôt menaçant avec des fléaux, souvent détournant sa tête avec indijination ; d'autres fois regardant avec douceur, et quelquefois présentant la dignité d'un juge et la majesté d'un roi. On a vu quelquefois très-disiinctement l'Ecce Jiomo, tel que Pilate le présenta au peuple, avec le le roseau, le manteau de pourpre et la couronne d'épines. De tels prodiges confirment admirablement la foi de l'Eglise, qui nous fait adorer dans la sainte Eucharistie Jésus Dieu et homme. »

L'apparition miraculeuse dont nous venons de parler est aussi mentionnée par Molina , P part . , quest. lv . par Christophe Castro, lib. lil, De Vaticiniis, ca^. ir.

Page 1