SAINTE CLAIRE
.vM5TE CLAIP.E PROTÈGE LA VILLE d'aSSISE, ET MET EX PHTE LES SARni?n"5 AVEC LE TRÈS-SAIST SACREMENT DE l'aCTEL.
« Sainte Claire, fondatrice de l'ordre des Franciscaines, voyant la ville d'Assise assiégée par les Sarrasins que Frédéric II avait appelés au secours de sa vengeance, toute tremblante à la pensée que son monastère allait être envahi par cette troupe d'infidèles.
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qui déjà escaladait les murailles; quoique malade, elle se fait portera la porte principale de son monastère. Mais elle ne veut pas y aller seule. Elle fait porter avec elle le très-saint Sacrement, comme une égide puissante cl une sauvegarde assurée. Elle se prosterne devant son Dieu, elle répand à ses pieds un torrent de larmes, et, les yeux fixés sur le soleil de justice : « Divin Jésus, s'écrie-t-elle, daignez jeter un regard (i de miséiicorde sur vos humbles servantes que j'ai « nourries jusqu'à présent du lait de votre saint « amour. Voudriez-vous donc les abandonner entre « les mains des infidèles? Conservez pures celles qui « vous sont consacrées et que je ne puis défendre moi- « même. Ne livrez pas à des bêtes féroces les âmes « qui confessent votre nom, mais gardez celles que « vous avez rachetées de votre sang précieux. »
Elle priait encore, quand on entendit sortir du nouveau propitiatoire comme la voix argentine d'un petit enfant qui disait : Oui, je vous (jariléra'i sans cesse. A ces mots, animée d'une nouvelle confiance: « Sei- « gneur, poursuivit-elle, daignez prendre encore sous « votre protection cette ville qui nous sustente pour « l'amour de vous. » Le Seigneur répondit : Cette ville souffrira beaucoup, il est vrai, mais elle sera défendue par ma protection et par vos prières. Alors Claire» se tournant vers ses filles tremblantes, leur dit : «Mes « bien-ainiées, vous pouvez à présent essuyer vos « pleurs; la victoire est à nous, puisque Dieu s'inté- « resse à notre cause. Avez seulement une foi vive et
« une ferme espérance. » Et en même temps elle se lève transportée par l'esprit divin, elle paraît sur les murailles, elle montre le ciboire aux infidèles, et une terreur subite s'empare des assiégeants. Ceux qui, plus audacieux, allaient bientôt s'introduire dans l'enceinte intérieure, tombent comme aveuglés par les rayons éblouissants d'une lumière céleste ; ceux qui se disposaient à les suivre, effrayés par leur chute, prennent la fuite ; en un moment la place est libre. Assise est sauvée ; les épouses de Jésus-Chrisl n'ont plus rien à craindre. Dès le lendemain, on n'entend plus dans la \ille que des cantiques de joie, semblables à ceux dont retentissait Béthulie après la mort d'Holopherne. Tous bénissentla puissance infinie de Dieu, tous exaltent à l'envi celle dont le Seigneur s'est servi pour l'accomplissement de ses desseins de miséricorde '. » [Vie de sainte Claire d'Assise, par l'abbé Damore.)
* On possède encore dans leinonaslère de Saint-Uamien, à Assise, le ciboire que sainte Claire lit porter devant elle. C'est un petit vase d'ivoire garni d'argent. Au temps de notre sainte, il reposait dans une cassette d'un assez beau travail de marqueterie, sorte de coffre servant de tabernacle. Le 19 septembre 1852, on retrouva cette relique doublement précieuse dans les murs de la cellule de sainte Claire, avec un linge très-fiu qu'on suppose être le corporal dont elle se servit pour en extraire le saint ciboire. C'est en mémoire de ce prodige que les artistes chrétiens offrent 'a notre vénération sainte Claire portant le trèssaint Sacrement.
SAINT THOMAS D'AQUIN
REÇOIT LE TÉMOIGNAGE DE N0TKE-&E1CKEDR JÉSUS-CliniST QU IL A BIEN ÉCRIT SDR LE SACREMENT DE S0:< COUPS.
Du temps de saint Thomas d'Aquin, les docteurs en théologie du treizième siècle, tout en reconnaissant la réelle présence de Jésus-Christ dans l'Eucharistie comme une vérité reconnue et proclamée aussi ancienne que le christianisme, étaient divisés par rapport à la nature des accidents qui enveloppent et présentent à nos sens Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la divine Eucharistie.
« Fatigués d'une lutte à laquelle on ne pouvait prévoir aucun terme, tous les docteurs de la célèbre Université de Paris furent d'avis de s'en rapporter, sur cette grande question, au sentiment seul de frère Thomas d'Aquin, et de tenir pour vraiment conforme aux lumières de la raison et de la foi la décision que le jeune docteur donnerait à ce sujet. Cai" ils avaient plus d'une fois éprouvé, continue son historien, combien plus sûrement que les autres il saisissait le vrai point de la difficulté, combien plus clairement il la développait. Les écrits où chacun exposait son sentiment ayant été remis entre ses mains, Thomas se recueille, s'élève à une haute contemplation, prie selon sa coutume ; puis il trace, avec autant de précision que de lucidité, ce que l'esprit de Dieu daigne inspirer à son âme. 11 ne veut pas encore, cependant,
porter en présence des docteurs et des écoles le fruit de sa science et de son oraison, avant d'avoir consulté celui-là même dont il avait dû parler, dont il avait mploré l'appui.
« Il vient à l'autel, et, plaçant en face du tabernacle, comme devant le Maître des maîtres, ce qu'il avait écrit sur le sujet controversé, il lève les mains vers l'image de Jésus crucifié, et prie de la sorte : a Seigneur Jésus, vous qui résidez véritablement dans « ce sacrement admirable, vous dont les œuvre' sont « d'incomprébensibles merveilles, je vous en conjure « humblement, si ce que j'ai écrit sur vous-même est « conforme à la vérité, donnez-moi de l'enseigner et « de le persuader de votre part à mes frères ; s'il « existe au contraire, dans cet écrit, quelque chose « qui s'éloigne de la foi catholique, mettez-moi dans « l'impossibilité de le produire à leurs yeux. »
« Or le Docteur angélique avait été suivi par son compagnon habituel et par plusieurs autres religieux de notre ordre, lesquels virent Jésus-Christ qui lui apparaissait, et qui, debout sur les feuilles mêmes écrites de la main de saint Thomas, lui disait avec amour : « Vous avez dignement écrit, mon fils, sur « le sacrement de mon corps. » Et l'oraison du docteur se prolongeant encore, il fut vu s'élever à peu près à une coudée en l'air, comme poussé d'un côté par l'ardeur de sa propre prière, et soulevé de l'autre par l'attrait de son Dieu.
« Le vieil auteur qui rapporte ces choses les tenait
d'un religieux qui habitait le couvent Saint-Jacques dans le même temps que saint Thomas d'Aquin. Les membres de l'Université, d'ailleurs, en se soumettant sans réserve à la décision d'un confrère, d'un jeune homme de trente-deux ans, ont évidemment autorisé les âges postérieurs à voir dans cet acte de dépendance quelque chose de surnaturel et de divin! La solution de saint Thomas était en faveur de la réalité des symboles eucharistiques. » {Vie de saint Thomas (VAquiti.)