‹ Le cimetière gallo-romain de StrasbourgChapitre 1 sur 27 · VUE DI NTER I EU R · texte numérisé non relu

VUE DI NTER I EU R

qu'on découvrit alors et qui étaient fermés avec des couvercles en bâtiére, se trouvait un sépulcre contenant deux urnes remplies de cendres, deux têtes sculptées en pierre, placées l'une en face de l'autre, deux vases en terre rouge, deux lampes, deux lagunes en verre et une dalle avec inscription. Les lagènes scintillaient en divers endroits comme des diamants; elles étaient remplies d'une eau limpide audessus de laquelle nageait une légère couche d'huile '.»

Il était assurément permis de trouver ces derniers détails fort extraordinaires, et plus d'un savant a dû manifester du scepticisme en lisant le récit de Speckel. Nos récentes fouilles ont au besoin vengé la véracité du chroniqueur, car quatre vases, renfermant du liquide, ont été extraits du sol sous les yeux de nombreux assistants; l'un était rempli jusqu'au bord. Ce liquide, on le pense bien, n'était pas l'essence primitive, mais de l'eau d'infiltration, dont nous avons même pu constater le canal conducteur pour un cas.

On doit déplorer que le dessin du sépulcre, tel que le transmet Silbermann, n'ait été fait que de mémoire et sans l'exactitude qui seule lui donnerait de la valeur. La dalle qui

I. fcAls m.in 1568 im Julio hart vor dcMii weiscn Thurn an, da die Garien, Accker und die Strafs gegen St. Gallcn zu hoch war, also dafs man die acht bifs zwôlf Schuh hohe Erde wegrauniete, und zum Wall in die Stadt fùhrte, da fande man mehr als hundert steinerne Krùge , svo in allen Asche und gebrennte Menschen-Bcine warcn. Und unter den mehr als zwanzig steinerncn Sargen, die aile spitze Deckcl hatten, war einer, darinnen siunden zwey Krùge mit gebrannten Beinern und Asche, auch zwey steinerne Hauptcr, die sahen einander an; zwey steinerne rothe Schûsseln; zwo Lampen; zwei schône hohe Glaser mit Wasser und eine steinerne Tafel mit Schrift.» — «Und waren die Glàser, daran Rifse wie von Diamanten vorhanden gewesen, platt voll Wasser; darauf stunde eines Messerrucks dick Qihl.» Silbermann, Local^cschicbtc dcr Stadt Strasshurg , p. 39.

Une chronique manuscrite qui fait partie de ma bibliothèque et qui est très-riche en détails relatifs à l'histoire de notre ville vers la fin du seizième siècle jusqu'en 1625, relate cette découverte dans les termes suivants:

«1568. In diszem jahr 1568 fieng man an den Wall bey dem Weiszenthurn bis zu St. Johann aufzufûhren, und als man vor dem Weiszenthurn grund dalb, fande man viel steinerne Sarg , darinn glaszerne ampellen , auch glâszer mit ôhl und waszer so noch frisch, auch irdine geschirr, ailes nach ordnung und art der heydnischen Begnlbnusz. Man fande auch in den Sargen noch asch und bein, die man zu St. Gallenwider begrabcn hat. » p. 260.

y figure, reproduit Tinscription d'une manière évidemment fautive; par malheur elle est perdue depuis longtemps. Schœpflin la transcrit ainsi que suit, d'un manuscrit qui appartenait à M. de Klinglin, préteur royal de la ville de Strasbourg:

L • LICINIVS' L • F L(ucius) LICINIVS • L(ucii) F(ilius) • CLAVD • MAXIM CLAVD(ia tribu) MAXIM

V8 • AEQVO VS • AEQUO (oppido ortus)

F • CV • * FOeri) • CV(ravit) •

«Lucius Lîcinius Maximus, fils de Lucius, de la tribu Claudia, né à iEquum, a pris soin de faire faire ce sépulcre.»

A partir du dix-scptiéme siècle, les indices relatifs à l'existence et à rétendue de notre cimetière deviennent fréquents. Un nombre considérable d'antiquités sépulcrales, attribuées à Tépoque romaine, furent découvertes en 1603, prés du moulin aux huit tournants. On signale à cette occasion plusieurs cercueils en plomb, dans lesquels se trouvaient des vases en verre; on cite surtout un sépulcre, formé de six grandes tuiles, marquées de l'estampille de la VHP légion, et posées au-dessus du squelette à angle dièdre. L'année suivante, on déterra sur le mcme emplacement un cercueil en plomb, qui contenait des ossements et trois vases en verre. Le 14 mars 1609, pareille découverte eut lieu dans un champ voisin. En travaillant la terre, un jardinier mit au jour trois sarcophages semblables au précédent, et dont un était complètement vide. Dans le même rayon, et sur le chemin qui mène au cimetière de Saint-Gall, un grand sarcophage en pierre, long de près de deux mètres, fut déterré à la date du 10 juillet 1627. Il n'y restait plus, dit Silbermann, qu'un fragment du crâne, deux parcelles des tibias et une dent. D'après une autre version, recueilHe par Schœpflin et admise par Grandidier, ledit cercueil contenait les restes d'un corps incinéré et une fiole en verre, dans laquelle on trouva encore de l'eau sur un résidu de

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