Le cinéma
IL A ÉTÉ TIRÉ DE CET OUVRAGE : 5 EXEM- PLAIRES SUR ARCHES NUMÉROTÉS DE 1 \ 5, 10 EXEMPLAIRES SUR LAFUMA NUMÉROTÉS DE 6 A 15, ET 20 EXEMPLAIRES SUR BAM- BOU, NUMÉROTÉS DE 16 A 35.
« A la mémoire de mon père et de ma mère. »
TOUR D'HORIZON
En sortant du cinéma où j'étais allé revoir La Croisière Noire, film prestigieux de Léon Poirier sur la vie et les mœurs des peuplades africaines, l'ami qui m'accompagnait me dit à brûle-pourpoint :
— Dans cinquante ans, il restera au Cinéma à jouer son plus grand rôle.
1 — Lequel ? interrogeai- je, un peu surpris de \ cette remarque inattendue.
— Celui d'historien, me répondit-il vivement. Puis il ajouta, sans attendre ma réponse : Songez aux nlmathèques de chaque pays. Quotidiennement, elles s'enrichissent de documents nouveaux : sciences, arts, voyages... Tout est rangé, classé, étiqueté, comme dans un herbier.
— Somme toute, dis-je en manière de conduisions c'est la mise sous scellés de l'Histoire du monde pour l'historien de demain ?
— Exactement.
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— Et il lui suffira de briser les cachets pour que la Vérité s'offre à lui ?
— Parfaitement.
— En êtes-vous bien sûr ? insinuai- je.
— Quelle question 1 Mon interlocuteur paraissait indigné. Prétendez-vous, poursuivit-il, que la Nature a deux visages : le sien, et celui qu'on lui prête ?
— N'allons pas si loin ! Mais, dites-moi, l'astronome qui observe le firmament à travers l'oculaire de son télescope, voit-il les astres de la même manière qu'un observateur regardant la voûte céleste à l'œil nu ? Evidemment non. L'astronome rétrécit ou agrandit le champ de vision de sa lunette. Il diminue les distances, rapproche les plans célestes. En bref, il ne voit que ce qu'il veut voir. Eh bien ! à certains égards, le Cinéma jouit du même privilège. Lui aussi fait un choix. Et, ce qui est plus grave, nous n'en sommes pas toujours avertis.
— Mais ce choix ne diminue en rien le côté réel de la vie filmée. /
— Non, mais notre jugement risque d'être faussé. C'est comme si je critiquais un accident de voiture sans en connaître toutes les causes, j Fréquemment, les quotidiens d'informations mettent en manchette une phrase importante tirée d'un discours. Or, en lisant le contexte, la. phrase prend un tout autre sens : ce qui était affirmatif devient conditionnel, et de la réalité ! on passe à une éventualité.
— Rien de semblable au cinéma.
— Qu'en savez-vous ? Le micro cinématogra-j phique n'enregistre pas tout ce qu'il entend. Il)
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sait également se taire, en laissant au speaker le soin de commenter ce qu'il n'a pas dit.
Tout en parlant, nous étions arrivés près de la Porte Maillot. Juché sur le toit de son camion sonore, un opérateur de prise de vues, les écouteurs plaqués aux oreilles, la main gauche tenant solidement le volant-guide de la plate-forme panoramique, attendait patiemment le débouché, en trombe, d'un peloton de coureurs cyclistes. Bientôt, ils surgirent. D'abord, un groupe de tête. Puis, s'étirant de plus en plus, le reste des coureurs en file indienne. Sans cesser de filmer, l'opérateur fit pivoter la tourelle supportant les différents objectifs de sa caméra.
— Que fait-il ? demanda mon ami, intrigué par ce manège.
— Ce que fait l'astronome, répliquai- je malicieusement. Lui non plus ne veut pas tout voir. Pour l'instant, l'objectif de sa caméra s'intéresse uniquement au violent effort musculaire de ce coureur qui cherche à rattraper ses concurrents. Bon, voilà notre opérateur occupé, maintenant, à filmer un groupe de jeunes enthousiastes.
— Et pendant ce temps-là, les coureurs lui ! échappent, remarqua mon interlocuteur d'un
air navré.
— Rassurez-vous, son objectif les rattrapera au haut de la montée.
La foule commençait à se disperser. Hâtivement, l'équipe de la presse filmée rentrait le
matériel : câbles, micro, trépieds, caméra, tout fut escamoté en un clin d'oeil, et la voiture fila en direction du Parc des Princes.
— Là, au moins, aucune discussion possible, reprit mon ami. Toutes ces scènes ont bien été filmées sur le vif. L'actualité cinématographique n'est pas une sélection ; c'est un instant de notre vie réfléchi sur l'écran, aussi fidèlement qu'un paysage sur une eau transparente.
— C est beaucoup dire. Autant vouloir prétendre qu'un photographe de métier ne retouche jamais ses clichés. Le Cinéma a beaucoup évolué depuis sa création. Entre la technique cinématographique d'hier et celle d'à présent, il existe autant de différence qu'entre le clavecin d'autrefois et le piano d'aujourd'hui. Le principe du Cinéma est resté le même, mais les résultats obtenus sont différents.
— Qu'entendez-vous par technique ?
— L'art de photographier la Nature, par exemple, de l'enjoliver parfois... On peut, grâce à cette technique, modifier l'aspect d'un paysage, comme le maquillage modifie une physionomie. Un écran jaune fixé sur l'objectif de la caméra donne plus d'éclat à une vue champêtre. Remplacez-le par un écran rouge, et vous obtiendrez un effet de lune. Le travelling, ou déplacement de la caméra, aère considérablement un décor, lui donne une ampleur qu'on ne soupçonnait pas. Posez votre appareil photographique sur le sol pour prendre une photo d'un ami, il vous paraîtra démesurément grand. Tout cela constitue la technique. Ensuite, intervient le montage. Parmi toutes les scènes d'ac-
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tualité que vous avez vu filmer, tout à l'heure, on commence par faire un choix.
— Encore I
— Nécessairement. Pour être présentée convenablement, la réalité a besoin d'être habillée. Feuilletez un hebdomadaire illustré où l'on vous présente en quelques photos saisissantes des sujets d'actualité. La parfaite présentation des vues photographiées n'est pas l'effet du hasard. Elle est due à un montage de photos. Et ce montage suppose, là encore, un choix préalable de clichés. Au Cinéma, le stade suivant consiste dans l'assemblage bout à bout des scènes choisies. Travail difficile pour donner du rythme à l'ensemble.
— Et ensuite ?
— Restent les truquages. Impossible, par exemple, de filmer un rêve. C'est inaccessible à l'œil humain. L'usine où se font les travaux de façonnage du film peut, seule, résoudre ce problème et beaucoup d'autres du même genre.
— J'aimerais bien en visiter, une.
— Rien de plus facile. Et vous comprendrez mieux, par la suite, pourquoi l'historien de demain devra se montrer circonspect en découvrant la Vérité parée par la grâce des humains.
Comme nous pénétrions à l'intérieur de l'usi*ne, une camionnette légère sur laquelle on lisait « Actualités sonores et parlantes » nous dépassa à vive allure, pour s'arrêter 20 mètres plus loin devant la porte d'un hall vitré.
— Tenez, vous tombez bien, dis- je à mon visiteur. Ces boîtes de films impressionnés, trans-
portées en camionnette, vont directement au Service du développement. Allons-y. Nous assisterons à tout le cycle des opérations.
Habitués à se mouvoir dans l'obscurité presque complète pour éviter de voiler, avant développement, la pellicule impressionnée, des développeurs s'affairaient en silence. Extraits de leurs boîtes métalliques, les rouleaux de pellicule furent placés sur les axes de départ. Après contrôle des temps de durée de développement, et lecture des indications transmises par les opérateurs, l'ordre de mise en marche fut donné.
Le long cheminement de la pellicule, dans une série de tubes de développement commença. Cette progression lente était guidée par des galets, évidés au centre pour éviter tout contact avec la surface gélatinée, tout en maintenant le film bien horizontal. De proche en proche, postées en éclaireurs sur tout le trajet du film, de petites lampes d'un rouge sombre renseignaient les techniciens sur l'état d'avancement du développement. On apercevait nettement par transparence la naissance de l'image cinématographique, suivie bientôt de l'apparition des demi-teintes, avec çà et là des parties sombres ou claires : contre-jours de forêt, ou bien échappées de lumière dans un sous-bois...
Toutes ces demi-teintes restituaient, en le libérant, le rayon de lumière qui avait créé l'image.
De fines aigrettes firent leur apparition sur le côté marginal de la pellicule.
— C'est le langage cinématographique, expliquai-] e pour répondre à l'interrogation muette
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de mon visiteur. Leur hauteur mesure l'intensité du son. Un cri strident se traduit par une série de fines aigrettes atteignant la limite de la marge sonore. Par contre, une parole étouffée donne une modulation atténuée, analogue au moutonnement de la vague.
— Si je comprends bien, la parole est aussi photographiée, puis développée comme l'image. Mais comment peut-on photographier du son ?
— Par un procédé relativement simple. Faites parler un personnage devant un microphone. Parmi tous les modèles en usage, choisissons le plus élémentaire. Derrière la membrane élastique de cet appareil se trouve de la poudre de charbon. Sous l'effet des vibrations de la menbrane, elle est plus ou moins comprimée. Et ces compressions successives, en modifiant constamment la résistance opposée au passage du courant microphonique, transforment les vibrations sonores de la parole en pulsations électriques d'égale durée. Très faibles au départ, ces pulsations sont amplifiées pour permettre leur acheminement, par câbles, jusqu'à l'appareil d'enregistrement qui n'est autre chose qu'un oscillographe enregistreur.
g « Schématiquement, un oscillographe se compose essentiellement de deux fils extrêmement fins, très rapprochés l'un de l'autre, et tendus entre deux supports. Au milieu de ces deux fils est collé un petit miroir, d'un demi-millimètre de largeur à peine. Ce dispositif étant placé entre les deux pôles d'un champ magnétique, on constate que le miroir tourne dès qu'un courant électrique parcourt les deux fils. Le même
phénomène se produit à l'arrivée du courant mi- j crophonique. Sollicité sans arrêt par les puisatioiis du courant, le miroir oscille continuellement. Il suffira maintenant de diriger sur lui! un faisceau lumineux qui sera réfléchi sur la pellicule sensible. Toutes ces pulsations se trou- j veront alors impressionnées.
« Et voilà notre son photographié commef l'image.
— Et pour reconstituer le son à la projection de la . bande cinématographique ?
— Rien de plus facile. On fait encore appel à la lumière, et aussi à une cellule photo-électri- : que possédant la propriété, sous l'influence de; la lumière, de donner naissance à un courant] électrique proportionnel à l'intensité de la lu- ; mière reçue. Lors du défilement de la bande sonore devant la cellule photo-électrique, les ! hachures noires du son forment des écrans de surface variable qui règlent l'importance du flux lumineux traversant la pellicule avant d'atteindre la cellule. D'où production d'un courant modulé restituant dans son intégralité les puisai tions électriques du courant microphonique J Reste à les métamorphoser en vibrations sonores. C'est là le rôle de la membrane du hautparleur. A chaque pulsation électrique corres* pondra un ébranlement de l'air environnant 1 et la somme de ces ébranlements successifs, ce ! sera le son, primitif reconstitué. Bien entendu, avant la projection de la bande cinématographique, on a procédé au tirage de la copie d'après le négatif.
— Est-ce compliqué, ce tirage ?
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— Vous en jugerez vous-même. Venez avec moi.
Dès notre entrée dans une grande pièce rectangulaire, le bruit saccadé des « tireuses » nous enveloppa d'un bourdonnement incessant. L'éclairage rouge sombre du développement fit place au rouge cerise. Plusieurs rangées de machines divisaient la salle en allées parallèles. Vêtues de blouses blanches, des ouvrières surveillaient chaque machine, travaillant avec aisance dans cette demi-obscurité.
Supportés par des axes verticaux entraînés d'un mouvement uniforme par des débiteurs dont les dents pénétraient dans les perforations latérales du film, négatifs et rouleaux de pellicule vierge se déroulaient à une cadence identique. A mi-chemin de leur course, ils s'accolèrent l'un à l'autre, avant de s'immobiliser durant une fraction de seconde en face d'une petite fenêtre, guère plus grande qu'un timbreposte. Là, pendant cette courte immobilisation, un rayon lumineux impressionna la pellicule vierge au travers du négatif-image. Puis, un obturateur vint masquer la source éclairante, permettant ainsi l'escamotage des deux images : négatif et positif, et leur remplacement par deux autres.
— Chaque tireuse, soulignai-je, peut débiter de 3oo à 900 mètres-heure. Et cette usine sort à plein rendement aux environs de 1 million de mètres de pellicule impressionnée par mois.
— Magnifique ! s'extasia mon visiteur. Et comme c'est simple !
— Oui, mais nous avons un peu triché. Avant d'être posé sur la tireuse, le négatif a subi quelques manipulations. De même que le photographe calcule le temps de pose de son cliché avant d'en tirer une épreuve positive, le technicien du film calcule l'éclairage convenable à donner au négatif de la scène cinématographique. Chaque film comportant, généralement, des scènes de studio et de plein air, on note après développement des différences de tonalité photographique. Pour y remédier, on éclaire plus ou moins, en cours de tirage, le négatif de chaque scène dont on tire le positif. Ce jeu de bascule rétablit l'équilibre photographique de l'ensemble. Rendonsnous, maintenant, aux Services du montage. Vous verrez quelles précautions il faut prendre pour assembler, bout à bout, les positifs.
— On se croirait dans un Service de contagieux, remarqua mon ami, en regardant la salle où s'affairaient des jeunes femmes aux mains gantées de coton blanc.
— Ces gants leur sont nécessaires pour ne pas risquer de tacher la pellicule avec l'humidité des doigts, ou la rayer avec des ongles trop pointus. N'oubliez pas que la couche gélatinée du film est fragile. Et la moindre rayure étant agrandie 2 à 3oo fois sur l'écran, vous auriez rapidement à la projection l'impression de « pluie » si souvent observée quand on projette des films trop usagés. Et cela,, ajoutai-je, n'est dû, comme vous le voyez, ni à la photographie, ni à la mise en scène.
— Vous m'y faites songer, répliqua mon visiteur. En venant ici, j'espérais pénétrer certains
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secrets de la technique ; et je n'ai encore rien vu.
— Patience I La vue d'ensemble n'était pas inutile. Allons en projection suivre la sélection des positifs. Nous y ferons d'utiles observations.
Sur l'écran, se déroulaient les manœuvres d'une escadre. Reposant mollement sur l'eau, comme la mouette sur la vague, de légers torpilleurs s'échelonnaient dans le lointain. Brusquement, la vue changea. Comme par enchantement, cuirassés et torpilleurs se rapprochèrent les uns des autres ; et le long serpentin mal défini fit place au tracé d'une courbe idéale.
— Je préfère de beaucoup cette vue à la précédente, remarqua mon voisin.
— Mais c'est la même, seulement filmée différemment. Puis, devant son étonnement, j'ajoutai : Voilà un des secrets de la technique cinématographique. Au cours de la prise de vue, notre opérateur a, pour vous, changé d'objectif. En utilisant un long foyer, il a volontairement diminué la distance qui séparait chaque bateau, raccourci considérablement la ligne d'échelonnement de l'escadre, créé enfin cette courbe apparente qui, dans la réalité, est à peine esquissée. La première vue était proche, davantage, de la Vérité, mais c'est celle-ci qui sera choisie.
— Pourquoi ?
— Vous avez déjà répondu à cette question.
En tant que spectateur, ne la préférez- vous pas à l'autre ?
— Alors, vous déformez la Vérité ?
— Non, je vous la présente sous un jour agréable. C'est tout. Aimeriez- vous qu'on vous montre à l'écran la Côte d'Azur photographiée un jour de pluie ? Vous en garderiez un souvenir détestable. Et pourtant, il pleut aussi sur les bords de la Méditerranée. La jeune fille qui rencontre pour la première fois son futur fiancé, affiche-t-elle un visage renfrogné ? Elle s'efforce de plaire. Pourquoi refuseriez- vous cette séduction à la Nature ? Et pourquoi le cinéaste ne l'aiderait-il pas à vous séduire ? Cela demeure vrai, également, pour les manifestations de notre activité quotidienne. Tenez ! n'observez- vous rien parmi ces scènes de la course cycliste que vous avez vu photographier.
— Si. La foule n'était pas si dense.
— Précisément. Ici l'illusion est bien rendue. On éprouve nettement l'impression que les gens sont coude à coude. Et c'est l'objectif, agissant à la manière d'un télescope, qui les a rapprochés, fait se resserrer ainsi, pour nous les présenter de plus près. Voici le premier plan du coureur essayant de rattraper le peloton ; puis la scène des jeunes enthousiastes. A la crispation douloureuse du visage de l'un, correspon dent les encouragements des autres. Montées de cette façon, ces deux scènes se complètent admirablement. Enchaînez avec un autre plan de foule libérée des entraves du champ photographique, et vous distinguerez les allées et venues du public. Maintenant, il apparaît clairsemé.
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La projection était terminée. En deux minutes, nous venions de revivre, sur l'écran, une heure de notre existence.
— Voilà, affirmai- je avec un sourire, comment l'histoire de notre vie s'inscrit en raccourci sur un rectangle de toile blanche.
— Et ce raccourci n'est pas véridique.
— Mais si. Seulement ne croyez pas qu'on puisse jamais découvrir la Vérité toute nue. Celui qui conte une histoire vécue, le peintre occupé à reprodruire sur la toile les nuances infinies de la couleur, l'écrivain, en détaillant l'aspect d'un paysage, tous agrémentent, embellissent, ou apportent du pittoresque à leurs créations. De même pour l'image animée. La technique cinématographique s'en empare, la plie à ses lois, et, si j'ose dire, lui fait prendre la « pose ».
« Nous sommes habitués à ce souci de coquetterie, mais l'historien fera bien de s'en méfier.
Nous quittâmes la salle de projection. Tout en nous dirigeant vers la sortie de l'usine, mon visiteur désigna à mon attention un bâtiment ressemblant à une maisonnette d'habitation.
— Vous y logez du personnel ?
— Non. Ce sont les salles de montage réservées aux metteurs en scène. Dans ce même bâtiment se trouve aussi la machine Truca qui, comme son nom l'indique, sert pour les truquages.
— Ah ! oui, la boîte à malices du Cinéma !
— N'exagérons rien. Cette machine aide à la réalisation de tout ce que l'audace folle de nos opérateurs, ou le génie inventif des metteurs en scène ne peuvent photographier directement.