‹ Le Cinquantenaire de Charles BaudelaireChapitre 9 sur 9 · ET LA DÉCADENCE LATINE · texte numérisé non relu

ET LA DÉCADENCE LATINE

PAR la perversité, cette aristie de la corruption, par l'usage des excitants, par une sensibilité anormale et presque diabolique, Baudelaire est un décadent. Ce titre de Fleurs du Mal, à lui seul, indique la fin d'une civilisation. Sans discuter les anecdotes, fausses pour la plupart, comme celles sur d'Aurevilly dont j'ai pu contrôler l'erroné, sans expliquer les parades peccamineuses destinées à horrifier le bourgeois, quiconque feuillette les journaux intimes du poète aperçoit un penseur exceptionnellement traditionaliste, voire un théologien.

Victor Hugo, celui du Rappel et de la canaille, socialiste, pacifiste et pompeux courtisan du ruisseau, malgré son prodigieux génie est un cerveau décadent où la niaiserie et l'imposture se mêlent dans une fanfare pour va-nu-pieds.

Baudelaire, si faible en ses mœurs, si bizarre en ses goûts, pense comme une grande tête catholique. Ses jugements sur son époque sont dignes d'un de ces prophètes du passé que magnifia d'Aurevill3^

Le morceau qui commence par « le monde va finir », égale les plus hautes vaticinations, et ce sera toujours un sujet d'étonnement qu'il soit sorti de la même plume que Delphine el Ilyppolite et Lesbos. Cela prouve, une fois de plus, que chez les hommes suréminents, la pensée ne participe pas aux faiblesses; ils conservent leur clair jugement, malgré leurs péchés. On aurait un opuscule précieux d'une densité doctrinale imprévue, en réunissant les éclairs de doctrine, éparpillés dans les carnets intimes.

« Nous périrons par où nous avons cru vivre. La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou antinaturelles des utopistes, ne pourra être comparé à ses résultats positifs. Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie... Ce n'est pas particulièrement par des institutions politiques que .se manifestera la ruine universelle ou le progrès universel, car peu importe le nom. Ce sera par l'avilissement des

cœurs Alors ce qui ressemblera à la vertu, que dis-je,

tout ce qui ne sera pas l'ardeur vers Plutus sera réputé un immense ridicule. La justice, si, à cette époque fortunée, il peut encore exister une justice, fera interdire les citoyens qui ne sauront pas faire fortune Car il y a des choses.

dans l'homme, qui se fortifient et prospèrent à mesure que d'autres se délicatisent et s'amoindrissent; et grâce au progrès de ces temps, il ne te restera, ô homme, de tes entrailles que des viscères. — Ces temps sont peut-être bien proches; qui sait même s'ils ne sont pas venus, et si l'épaississement de notre nature n'est pas le seul obstacle qui nous empêche d'apprécier le milieu dans lequel nous respirons. »

Quelle vision de l'importance vitale des valeurs morales et de leur disparition graduelle.

A qui attribuerait-on cette phrase : « La vraie civilisation n'est ni dans le gaz, ni dans la vapeur, ni dans les tables tournantes. Elle est dans la diminution des traces du péché originel. »

Quel contemporain crierait : « Toute idée est, par ellemême, douée d'une vie immortelle, comme une personne, toute forme créée, même par l'homme, est immortelle, car la forme est indépendante de la matière, et ce ne sont pas les molécules qui constituent la forme. »

On n'a pas fait attention à des notes comme les suivantes :

« La force de l'amulette démontrée par la philosophie. Traité de Dynamique morale. De la vertu des Sacrements. Dynamique morale de Jésus. » Et ailleurs : « Connais donc les jouissances d'une vie âpre : Prie, prie sans cesse. » — La prière est un réservoir de force : « Autel de la volonté. — Dynamique morale. — La sorcellerie des Sacrements. — Hygiène de l'âme. »

Personne n'attribuerait au poète de la Charogne les pensées que voici :

« Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. »

« Il n'y a rien d'intéressant sur la terre que les religions.

— « Il 3' a une religion universelle faite pour les alchimistes de la pensée, une religion qui se dégage de l'homme, considéré comme mémento divin.

— « L'enthousiasme qui s'applique à autre chose que les abstractions, est un signe de faiblesse et de maladie ».

— « Il y a dans la prière une opération magique. La prière est une des grandes forces de la dynamique intellectuelle.

— « Il y a là comme une récurrence électrique.

« Le chapelet est un médium, un véhicule; c'est la prière mise à la portée de tous. »

— « Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie. »

— « Le goût du plaisir nous attache au présent. Le soin de notre salut nous suspend à l'avenir.

« Celui qui s'attache au plaisir, c'est-à-dire au présent, me fait l'effet d'un homme roulant sur une pente, et qui, voulant se raccrocher aux arbustes les arracherait et les emporterait dans sa chute. Avant tout, être un grand homme et un saint pour soi-même.

— « 11 n'y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat; l'homme qui chante, l'homme qui

bénit, l'homme qui sacrifie et se sacrifie. Le reste est fait pour le fouet. Défions-nous du peuple, du bon sens, du cœur, de l'inspiration et de l'évidence. »

Les apologistes de l'autel ne penseront jamais à chercher des témoignages chez le traducteur de Poë. L'Eglise ressemble à l'Académie d'autrefois, on entrait sans talent mais non avec des dettes. L'influence protestante, assez forte pour renverser les statues de saint Christophe qui se dressaient autrefois au seuil des églises, a substitué le certificat de bonnes mœurs aux preuves du talent et du génie. Les vies de saints mentent toutes sur la période qui précède la vocation. Dans notre société des fidèles il n'y a plus de place pour les pécheurs : or, il n'est besoin d'être très avancé en psychologie pour savoir que la conformité des mœurs avec les idées se rencontre rarement. Si Tannhauser n'était pas le fougueux amant de Vénus, il ne deviendrait pas le pénitent admirable du dénouement.

L'auteur des Paradis artificiels pense sainement, mais il rebutera forcément les démocrates. « Veuillot est si grossier et si ennemi des arts qu'on dirait que toute la démocratie du monde s'est réfugiée dans son sein. » — « Pourquoi les démocrates n'aiment pas les chais, il est facile de le deviner. Le chat est beau ; il révèle des idées de luxe, de propreté, de volupté. »

Or, le sens aristocratique, quand il atteint l'acuité baudelairienne écarte sûrement le public. Celui qui écrit : « II y a une certaine lâcheté ou plutôt une certaine mollesse chez les honnêtes gens. Les brigands seuls sont convaincus

— de quoi? — Qu'il leur faut réussir. Aussi, ils réusssisent » ; ou bien encore : « On peut fonder des empires glorieux sur le crime et de nobles religions sur l'imposture ».

— Celui-là ne sera pas plus pardonné que Machiavel. Il trahit le pacte de mensonge nécessaire à l'humanité pour s'estimer. L'hypocrite lecteur se double de l'hypocrite citoyen. Ce sont moins les audaces d'expression que les audaces de psychologie qui effrayèrent et, malgré le snobisme respectueux de la consécration, effrayeraient encore les signataires de la convention sociale, et qui s'appelaient alors les bourgeois et qu'on eut mieux nommé a tout le monde ».

Un critique allemand a prétendu que les Litanies de Satan expriment la vraie religion du poète, et la femme assassinée ajoute aux yeux des sots, le Sadisme au Satanisme.

Le mal chez ce beau génie est artificiel et l'expression d'un déplorable dandysme, tandis que le pur idéalisme se cache au fond et avec lui les notions du catéchisme.

« Presque toute notre vie est employée à des curiosités niaises. En revanche, il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, et qui, à en juger par leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune.

« Où sont nos aimis morts? Pourquoi sommes-nous ici? Venons-nous de quelque part? Qu'est-ce que la liberté? Peut-elle s'accorder avec la loi providentielle? Le nombre

LE CINQUANTENAIRt

des âmes est-il fini ou infini"? Et le nombre des terres habitables?... etc.. ».

Les origines et les fins dernières, sont-ce pas les préoccupations exprimées et satisfaites au portail de nos cathédrales.

Chez l'admirateur et, à divers degrés, l'ami de Gautier, d'Houssaye, de Sainte-Beuve, on constate une étrange survie de la mentalité médiévale.

« La croyance au progrès est une doctrine de paresseux, une doctrine de Belges. C'est l'individu qui compte sur ses voisins pour faire sa besogne. Il ne peut y avoir de progrès {vrai c'est-à-dire moral) que dans l'individu et par l'individu lui-même. Mais le monde est fait de gens qui ne peuvent penser qu'en commun, en bandes. »

« Se livrer à Satan, qu'est-ce que c'est? »

« Quoi de plus absurde que le Progrès, puisque l'homme, comme cela est prouvé par le fait journalier, est toujours semblable et égal à l'homme, c'est-à-dire toujours à l'état sauvage. »

Pour s'expliquer la dualité du poète, il n'y a qu'à se souvenir d'un de ses poèmes en prose : Perle cV Aiu'éole qui serait plus exactement titré Perle de M'inibe « ... J'ai jugé moins désagréable de perdre mes insignes que de me faire rompre les os. Et puis, me suis-je dit, à quelque chose malheur est bon, je puis maintenant me promener incognito, faire des actions basses et me livrer à la crapule, comme les simples mortels. Et me voici, tout semblable à vous, comme vous voyez. »

Si le commencement du poème peignait au lieu d'un carrefour parisien, la cohue des instincts qui se passent dans le cœur de l'homme, on aurait l'explication du delerioro sequor. Baudelaire est de ceux qui ont souvent perdu leur nimbe, mais il en avait un.

Barbey d'Aurevilly écrivait, le 4 février 1859, une phrase significative dans sa truculence «... Vos vers sont magnétiques... Le voyage est d'un élan lyrique, d'une ouverture d'ailes d'Albatros que je ne vous connaissais pas, crapule de génie ! Je vous savais, en poésie, une sacrée vipère dégorgeant le venin sur les gorges des gouges et des garces, dans votre ennui de vieux loragnard désespéré. Mais voilà que des ailes ont poussé à la vipère, et qu'elle monte, de nuée en nuée, monstre superbe, pour darder son poison jusque dans les yeux du soleil. »

L'art baudelairien part d'un plan réaliste, qui est inquiétant, le thème ressemble fort à un animal répugnant et dangereux, mais il tourne au monstre, à la chimère, et, ce qui paraissait blasphématoire se résout, en une figure de gargouille de cathédrale qui fait son office conservatoire de cracher l'eau loin du mur, tout en historiant le comble.

En signalant, comme une de ses faces trop restée dans l'ombre la hauteur et la justesse de pensée, il convient de rappeler que ce métaphysicien méconnu fut un grand critique qui a commencé, parmi nous, la gloire de Delacroix et de Wagner.

Avoir écrit en 1815 : « M. Delacroix est décidément le

peintre le plus original des temps anciens et des temps modernes, et en ISôl, Richard Wagner et Tannhauser, cela le met très au-dessus des critiques d'art et de musique. S'il a su admirer, de lui-même, les vrais génies, il n'a pas été dupe des idoles littéraires. Seul, il a été décisif sur George Sand, il a osé voir la rusticité et la sottise politique d'Hugo, il a détesté Saint-Marc Girardin, l'homme du « Soyons médiocres », Villemain.

Quelle sûreté, lorsque en Belgique, il écrit net : « Pas d'art, pas d'artistes ; excepté Rops et Leys. »

Sauf pour Musset qu'il méconnaît inexplicablement, Baudelaire peut être suivi dans ses jugements. Il n'y a pas jusqu'à l'histoire qui n'ait à lui emprunter, cette remarque, par exemple, qui a la valeur d'une loi : « Il y a une égale injustice à attribuer aux régnants les mérites et les vices du peuple actuel qu'ils gouvernent. Ils sont presque toujours attribuables à l'atmosphère du gouvernement précédent. Louis XIV hérite des hommes de Louis XIII, Napoléon hérite^des hommes de la République, Napoléon III hérite des hommes de Louis-Philippe. » Et celle-ci « Les nations n'ont de grands hommes que malgré elles. Donc, le grand homme est vainqueur de toute .sa nation. »

Qui sait, si la nécessité d'étonner, de scandaliser pour être connu n'entre pas pour les deux tiers dans les paradoxes et la perversité de ce noble esprit; et alors ses tares seraient celles mêmes de son temps et des effets de sim^jle adaptation aux nécessités spirituelles du millésime?

« Mon beau, c'est quelque chose d'ardent et de triste,

quelque chose d'un peu vague, laissant carrière à la conjecture... » et le morceau finit par l'évocation de Satan, à la manière de Milton. « Dans certains états de l'âme presque surnaturels la profondeur de la vie se révèle tout entière. Dans le spectacle, si ordinaire qu'il soit, qu'on a sous les yeux, il en devient le symbole. » Ce sont bien là des opinions décadentes malgré leur noblesse. Chaque esprit porte sa date ; et c'est pure illusion d'envisager un génie comme libre de son milieu et de son cycle. Même comme contempteur de son temps, on lui appartient par les mœurs et les formes. Le seul point que le flot de l'ambiance ne couvre pas fatalement est le cerveau. Baudelaire a vécu comme un i^omantique : il a pensé comme un catholique de la plus pure race. Ses jugements dominent ses œuvres elles-mêmes; des poètes plus grands ne le valent certes pas comme cérébralité. Il fut un artiste; et son dandysme n'était que la forme usuelle et visible aux simples de son exceptionnalité.

Quand on fond cette âme tourmentée, il faut la juger sur cette règle née de son journal :

« Faire tous les matins ma prière à Dieu, réser-voir de toute force et de toute justice, à mon père, à Mariette, à Poë, comme intercesseurs; les prier de me communiquer la force nécessaire pour accomplir tous mes devoirs, et d'octroyer à ma mère une vie assez longue pour jouir de ma transformation, travailler toute la journée; me fier à Dieu, c'est-à-dire à la justice même, pour la réussite de mes projets; faire, tous les soirs, une nouvelle prière

pour demander à Dieu la vie et la force pour ma mère et pour moi ... » Ce texte est d'importance, il proclame la superexcellence de ces valeurs morales qui, nul à cette heure, ne peut l'oublier, ont sauvé la France et le monde, et dont l'absence constitue la décadence.

Péladan.

Sous le titre générique de la Décadence latine 71/. Joséphln Péladan [né en 1850) fil, dès 1885, paraître une Ethopée, suite de Romans (Le Vice Suprême — Curieuse — L'initiation sentimentale, etc.] dans lesquels l'ésotérisnie se mêle aune fabulation purement Imaginative et à un style brillant et coloré.

Physionomie originale, complexe et multiple dans ses directions : littérateur, philosophe, critique et dramaturge, M. Joséphin Péladan est difficile non seulement à juger, mais à envisager. Comme critique d'Art, c'est lui qui commença à découvrir les Primitifs Italiens et le Saint-Jean de Léonard, qui remplaça au Louvre la Joconde un moment disparue ; c'est aussi lui qui fonda les Salons de la « Rose- Croix » pour lutter contre l'influence de l'Ecole Réaliste. Comme romancier de l'individualisme, il précéda Gabriel d Annunzio et s'inspira de Gobineau plutôt que de Barbey d'Aurevilly. Gomme occultiste, il introduisit dans le grand public, la connaissance de la magie, et renonça à la propagation de celte science, après un voyage en Orient au cours duquel il lui parut que le Catholicisme demeurait la confluence de toutes les initiations. Comme dramaturge, il conçut, d'après Wagner, une rénovation de la tragédie dont son éloignement des grandes scènes françaises l'empêcha de démontrer toute l'importance. Indépendant par tempérament. M. Joséphin Péladan n'appartient à aucun groupement littéraire ou autre.

[Archives Biographiques Contemporaines .]

« J'admire Baudelaire parce qu'il a fait de beaux vers pleins de nombre et de pensée, caractérisant ce dont il parle par des traits essentiels et par l'image, dans une langue oratoire, en un mot, des vers de la meilleure tradition française. Qu'il y mêle d'autres vers cassés, gauches et de goût malsain, je le déplore; il avait le souffle court et tombait dans l'erreur de l'originalité volontaire! Le « frisson nouveau » non seulement ne me touche pas, mais il me déplaît; j'en suis quitte pour ne lire chez lui que ce qui m'enchante, pour ne retenir de ses vers que ceux que j'aime. Il y en a beaucoup, et je les aime et admire beaucoup.

Frédéric Plessis.

Frédéric Plessis, né en 1851, est suivant la Juste expression de Catulle Mendès, l'un des « artistes les plus parfaits de notre époque, de toutes les époques ». Sa marque, cest une sorte de gravité triste alliée à une douceur toute virgilienne. Anatole France avouait le goûter pour son « exquisité ». Ses livres La Lampe d'Argile, Yesper, impliquent un don particulier de lyrisme, soutenu par une belle science du rythme. Persuade que les lois inflexibles de l'ancienne métrique correspondent à une nécessité, M. Frédéric Plessis les observe avec une sorte de fanatisme religieux et ne tolère pas qu'on y porto une main sacrilège. Ce qui n'empêche pas d'ailleurs sa pensée de s'y mouvoir avec aisance et de s'y répandre en accents d'une mélodieuse suavité. C'est un poète d'inspiration catholique. Il chante tour à tour Rome, la Grèce, la Bretagne sa terre natale, et la Normandie sa terre d'adoption. Docteur es lettres et en droit, M. Frédéric Plessis a enseigné le latin dans les facultés de Poitiers, Caen, Bordeaux. H l'enseigne depuis 1892 à l'École normale à Paris. Ses travaux sur Virgile et Properce font autorité et lui ont valu une solide

réputation de latiniste. J'ajouterai que ce poète, ennemi du bruit, est de ceux en qui aiment communier quelques âmes d'élite. Son nom a la vertu d'un mot magique qui découvre et rallie les initiés. Le goûter suffit, aux yeux de certains, pour conférer un titre de noblesse.

Notre enquête est terminée. Qu'on nous pardonne de l'avoir conduite comme si nous étions persuadé que le génie pût dépendre d'un caprice de la mode, d'un courant d'opinion ou d'un sourire officiel. Sans doute, on aime à lui voir rendre justice et c'est le seul souci qui nous a guidé. A quoi bon tirer des conclusions? Les lecteurs de bonne foi trouveront dans les pages qui précèdent, assez d'éléments, pour se faire, sur Baudelaire, à égale distance de l'engouement et de la prévention, une opinion définitive. Mais quoi! définitive? N'entendons-nous pas la voix de Gide qui nous suggère :

« Le règne de Baudelaire n'est pas fini : il recommence ! »

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