AKISTOTE. — l'aorte
ARISTOTE de Stagyre, 384 avant l'ère chrétienne, est le plus haut représentant de la philosophie et de la science antiques, mais, tout philosophe qu'il était, il fut hien plus anatomiste qu'Hippocrate ; c'est lui, comme nous l'apprend Galien, qui a consacré le nom d'aorte, àopvQ, commencement, pour désigner l'artère originaire de la grande circulation.
Il fut un des premiers à découvrir que les veines communiquent avec le cœur, ou plutôt, selon lui^ elles en naissent; il reconnut que le pouls est dû au mouvement du sang et qu'il se produit dans toid le corps au même moment. Il vit les vaisseaux pénétrer du cœur dans les poumons et les cavités du cœur pleines de sang, mais il ne décrivit que trois cavités dans ce viscère, négligeant l'oreillette gauche qu'il confondit sans doute avec l'origine des vaisseaux. Par une nouvelle erreur, il croyait que les artères à leur terminaison se transformaient en nerfs. Cependant il soutenait que les artères avaient une communication avec les vaines et que celles-ci leur étaient intimement unies.
Il préconisait encore la saignée du hras droit dans les maladies du foie, celle du bras gauche dans les maladies de la rate, croyant que le cœur envoyait deux vaisseaux, un à chacun de ces organes.
PRAXAGORAS. — LES ARTERES ET LES VEINES.
L'époque précise oîi il vivait est restée inconnue ; mais PRAXAGORAS de Cos, fils de Néarque, fut l'un des derniers membres, l'un des plus réputés de la famille des Asclépiades ; il pénétra très avant dans la science anatomique. C'est lui qui reconnut le premier la différence qui existe entre les artères et les veines : il y fut conduit en observant que les battements vasculaires n'existent que là où l'aorte se prolonge. Il donna à ces vaisseaux le nom iïartères, réservé jusqu'alors à la trachée. Mais il les croyait également pleins d'air comme elle, et que les artères finissent par se convertir en ligaments.
Son principal mérite fut de reconnaître que le pouls indique
* Aristote, Deparlihm animaUmn, t. I, lib. III, c. iv.
HÉROPHILE. 9
les variations de la force vitale dans les maladies, découverte qui éclaira la séméiotique d'un jour nouveau.
Suivant lui, toutes les fièvres intermittentes ont leur origine dans la veine cave.
Le plus distingué de ses disciples fut Héropkile, dont nous allons parler bientôt.