‹ Le circulation et le poulsChapitre 102 sur 669 · DES CAUSES · texte numérisé non relu

DES CAUSES

Définition. — Le coeur est l'organe central fie la circnla-

tion. Véritable nœud gordien, tous les sangs y entrent^ tous les sangs en sortent, et jamais ils ne se m(Mcnt; il présente quatre cavités, formant deux étages : auriculaire et ventriculaire, communiquant deux par deux, non point avec leur congénère, mais de haut en bas, avec la cavité opposée, et pourtant indépendants quand il le faut. Sa structure est une merveille, et l'on comprend qu'il ait fallu des siècles pour analyser les secrets de son action.

Avec André Césalpin, nous pouvons encore définir le cœur : comme le point oii les artères et les veines se rejoignent par leurs plus larges anastomoses. <( Cor est conjunctio venarum et arteriarum maximis osculis. »

Et comme les artères et les veines constituent deux circula-

LE CŒUR, SON ÉVOLUTION. 181 lions très différentes, avec deux sangs différents, l'un rouge, l'autre noir, le cœur se divise aussi très naturellement en deux organes, cœur droit vcîueux, cœur f^ancbc artériel. Unis en apparence comme organes, ils sont séparés en réalité, par une troisième circulation, pulmonaire, destinée à transformer par liématose le sang noir en sang rouge.

Centres d'impulsion du cœur. — Le cœur contient deux centres d'impulsion active, qui se contractent à deux temps différents :

1° Les oreillettes, avec leurs auricules.

2° Les veutricules.

Point de départ de l'évolution du cœur. — L'oreillette , d'après les travaux des anatomistes modernes^ doit être appelée le ijrimum viovens^ aussi bien que ïultimum morien& [oreillette droite]. Elle se complète la première dans l'acte de formation. Elle entre la première en fonction pendant la vie embryonnaire, se mettant en communication avec le sang rouge des veines oniphalo-mésentériques , alors que le cœur n'existe encore que sous la forme d'une cellule contractile surmontée du bulbe aortique dans laquelle apparaît un sang séreux et sans couleur. Il est donc parfaitement juste de faire commencer l'évolution du cœur par la contraction auriculaire, puisque c'est par elle que toute impulsion a commencé.

Les expériences récentes faites par Blackez^ sur le chien curarisé dont le cœur était mis à nu, l'ont démontré amplement:

1° Les oreillettes ont un mouvement de systole très net, qui précède immédiatement le mouvement de systole ven* triculaire, et commence par l'auricule.

2° Lorsqu'on arrête le cœur en systole par l'électrisation du pneumo-gastrique, l'oreillette continue de se distendre, de se remplir, puis, les rhéophores étant enlevés^ c'est l'oreillette qui bat la première, se contracte, et le ventricule après elle.

3° Il peut exister plusieurs contractions des oreillettes, pour une contraction des ventricules.

4° Une révolution entière du cœur commence par la systole auriculaire pour finir par la diastole ventriculaire.

Il fallait des raisons aussi convaincantes pour ne pas se ranger à l'avis du professeur Bouillaud, pour lequel la systole ven-

Blachez. Évolution du cœur. Acad. dé méd. de Paris, 1814.

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