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LE CŒUK, ROLE DU SANG

Mais Scliiff * a démontré que l'action revivifiante de l'air ne s'exerçait que si le cœur contenait en même temps du sang dans ses vaisseaux. Le cœur exsangue ne se contracte plus au seul contact de l'air.

Rélc du sau^ : — Aussi la plupart des physiologistes du xvn" siècle, Haller ^ en tête, ont-ils admis que le sang était l'agent normal des contractions du cœur. Haller le démontra par une curieuse expérience : il lia chez une anguille la veine cave et l'artère branchiale. L'oreillette se contracta une dernière fois, pour chasser dans le ventricule le sang qu'elle contenait, puis s'arrêta vite. Le ventricule^ ne pouvant chasser le sang dans l'artère branchiale, continua ses systoles et ses diastoles. Enlevant alors la ligature de l'entrée de l'oreillette, il vit le sang gonfler celle-ci, et l'oreillette recommencer à battre. De même, quand la mort arrive, tout le cœur ne meurt pas en même temps ; le ventricule gauche meurt le premier, l'oreillette droite meurt la dernière. Or, c'est la marche que suit également le sang : le venti'icule gauche devient exsangue, alors que le sang veineux abonde encore dans le cœur droit. Mais on aurait pu dire : aPosthoc, nonpropter hoc^ » si l'habile physiologiste de Berne n'avait pas en renversant la question renversé aussi les résultats. Par le moyen de ligatures, il arrêta chez un chat l'entrée du sang dans le ventricule droit et retint le sang dans le ventricule gauche. On vit alors cesser les battements de l'oreillette droite, puis bientôt le ventricule droit s'arrêter le premier, et le gauche continuer de battre quatre heures encore. Schiff^ a renouvelé cette expérience avec le même succès en 1830, et a montré que peu de gouttes de sang injectées dans le ventricule suffisaient à ranimer ses battements ^.

Budge * a pu obtenir un résultat analogue sur des fragments séparés du cœur, par conséquent sans l'intermédiaire du cerveau ni de la moelle ; il a reconnu que tout autre excitant mécanique agit moins bien que le sang.

Il est donc bien démontré que la cause principale des batte-

* ScHiFF.De>' modus dev herzbeivegimg. Arch. fiir physiologie Heilli., t. IX.

- Haller. Mëm. sur la nature sensible et irritable des divei-ses parties du corps. j t. I, p. 370.

' ScHiFK. Der tnodus des herzbciregmig. Yierord's Arch. fiir physiol. Ilcilliuiidc; 1850, t. IX, p. 34.

* Budge. Die ablianrji<jkeit der herzbcwcguiig foin vukeninarkc ilnd gehiriie. Arch. iïir pliysiol. lleiliiulide 1846.

LE CŒUK, ACTION RHYTIBIIQUE. 185

ments du cœur doit être l'excitation produite par le contact du sang sur les parois de l'endocarde, et que Vultimum moriens est en réalité : Vultimum a sanguine vivens.

Mais en outre, parmi les sangs, c'est le sang artérialisé, oxygéné, qui est le véritable excitant naturel du cœur, et dans le sangrouge c'est V oxyhémoglobine qui paraît être la substance active. Le sérum pur n'active pas les mouvements du cœur.

Objections : — Mark * cependant objecta que le sang arrive progressivement dans les cavités du cœur, tandis que celles-ci ne se contractent qu'au bout d'un certain temps; elles le font alors d'une manière subite.Mais nous pouvons répondre avec i>ii:>dach ^ que le degr-é d'intensité de l'irritation est aussi nécessaire que sa qualité pour obtenir l'effet désiré, et quant à la subitanéité du mouvement, c'est le caractère propre de la fonction cardiaque.

Circulation personnelle du cœur considérée comme cause DE l'action rhythmique. — Mais une deuxième cause inhérente à la première, c'est la circulation particulière de l'organe ; ses vaisseaux coronaires, artères et veines, pressés par la contraction musculaire, se vident en systole au point d'anémier l'organe qui cesse alors d'agir. Il se dilate alors, et cette dilatation ramenant le sang à la fois dans ses cavités et dans son tissu, il se trouve de nouveau excité à l'action, et reprend sa systole : de là une intermittence vraiment fonctionnelle.

Cette opinion, qui est celle de Erichsen ^ et de Brûcke a été vivement combattue par Haller^,Hyrtl^ , Endenmann' oXDonders^ .

Nous avons vu que l'action du sang sur la surface interne du cœur paraît être une des causes physiologiques de sa contractilité, le stimulus normal de ses battements ; mais l'intégrité de la circulation dans la profondeur même du tissu cardiaque est une condition encore plus indispensable.

Erichsen ^ a montré que l'on pouvait paralyser le cœur en peu

' Mark. Ueberdie Ihierische bewegiing , p, 112. - Brudach. Physiologie, t. VI, p. 300.

' Erichsen. London med. gazet. 1842, 2° série, t. II, p. 561. * Bbucke. Physiolog. bemerk, Sitzuuosb. des Wissenscli. akad. Wien. t. XIV, p. 345.

' Haller. 2 mém. sur le mouvement du sang. Lausanne 1736, in-12, p. 3j. " Hyrtl. Akad. der wisseusch. zu Wien. t. XIV, p. 372.

' Endenmann. Beitmge zur mekanik der Kreislaufs ini herzen (dissert, inaug-) ^larburg, 1853.

" DoNUEUs. Physiolog. des menschen, i. 1, p. 41.

"Erichsen. On the influence of the coronary circulation Of thé action of tlie heart. LoudoQ med. gaz. 1842, t, II, p. 561;

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