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LE CŒUR, ACTION RHYTHMIQUE

d'instants par la ligature des artères coronaires, et encore plus rapidement si, en arrêtant l'abord du sang artériel, on laissait échapper le sang des veines coronaires. Ce fait n'est que l'expression d'un autre plus général, savoir : que tout muscle exsangue devient paralysé.

Schiff * produisit dans le cœur des paralysies partielles et locales, en liant seulement l'artère qui se rend au ventricule droit. Dès lors, le ventricule gauche seul continuait de battre. Aussi, quand nous voyons l'ouverture des artères coronaires, si particulièmcnt placée, qu'elle échappe en grande partie à l'ondée aortique primitive et ne subit que l'impulsion de retour, il nous paraît évident que la contraction du cœur^ en produisant son anémie presque totale, artérielle et veineuse, arrête aussitôt sa contractilité, mais qu'à peine relâché, il subit l'influence d'une nouvelle ondée de sang qui lui rend sa vertu, en sorte que le cœur possède dans sa fonction elle-même un frein automoteur, le plus simple et le plus parfait possible, qui assure indéfiniment son rhythme, sans préjudice de l'influence nécessaire du système nerveux. Cette opinion a déjà été soutenue par Brilcke"^ en 18ô5. Je sais bien qn'Haller^ a cherché à démontrer que les artères du cœur battent, comme les autres, pendant la systole des ventricules, il a même prouvé que le jet de sang qui s'échappe d'une piqûre faite à une artère coronaire est plus fort pendant la systole ventriculaire. Mais cela ne vient point infirmer notre problème. Oui, sans doute, au début de la systole, le sang, pressé par la contraction musculaire, reçoit une vive impulsion dans l'artère coronaire ; mais celle-ci instantanément vidée dans l'aorte, par régression, amène l'anémie du tissu à la fin de la systole, et, ce qui le prouve, c'est qu'on voit le cœur pâlir h ce moment, après quoi il s'affaisse et se dilate. Mais, si l'on fait une piqûre à l'artère, il est évident que, trouvant cette issue,le sangy passera, au lieu de refluer entièrement dans l'aorte.

Klug * de Buda-Pesth démontra par une méthode ingénieuse la vérité de l'assertion de Briicke, savoir : que les capillaires

' Schiff. Arch. fûrphysiol. Heilkunde., t. IX.

'Bbucke. Physiologische bemerkungen ïiherdie arieriae caronaris co'rfis. Akad. zu Wien, 1855., t. xiv, P. 345.

' Haller. 2 mëm. sur le mouvement du sang et tes effets de la saignée, Lausanne, nse, in-12 trad. franç. pr. 35.

* Klug (F.). Çontrihut. à la théorie de la circulation sanguine dans l'artère coronaire du cœur. Centralblatt. fiir medic. Wissench. u° 8. 187S.

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