LE CŒUK, PRESSION ARTÉRIELLE
— Haies l'un des premiers, a cherché à établir que la fréquence du pouls est en raison inverse de la tension artérielle. Il saignait un cheval, et le pouls, qui dans la plénitude de l'artère donnait quarante pulsations par minute, en donna cent lors de la demi- vacuité artérielle. Mais il ne tenait pas compte de l'action régulatrice du sang lui-même qui diminue avec sa quantité.
En 18S9, il^œ^'é:?/ ^, reprenant l'idée de Haies, posa cette loi dynamique : (c lafréqueace des baMements dit cœur est en i-aison inverse de la tension », car tout obstacle, toute résistance amène un ralentissement. Mais alors, comment expliquer que le cœur du requin, retiré du corps et vide de sang, bat pendant plusieurs heures sans fréquence extrême ?
En 1864, Lûdwig et Thiry, expérimentant sur l'animal, sectionnèrent les pneumo-gastriques, et ne trouvèrent aucun rapport constant entre la pression du sang artériel et le rhythme du cœur.
Plus tard^ en 1867, les deux frères (7yow ^ reconnurent que l'élévation de la pression artérielle accélère les mouvements du cœur, mais avec des exceptions nombreuses. Blacley exprima la même opinion.
Bezold et Steinshy, la même année, firent des observations semblables, mais reconnurent que, passé une certaine limite de tension, le cœur ne s'accélérait plus. Or cette limite est d'autant plus élevée que la température est plus basse.
Knoll de Prague, en 1869, argumentant sur les expériences de Lûdwig, conclut que la section de la moelle et des nerfs du cou dérange tout rapport entre la pression du sang et la fréquence du cœur; mais que dans l'intégrité du système nerveux, le rhythme du cœur se ralentit quand la pression augmente. En 1874, Nauwrocki * établit que lerbythme du cœur est entièrement indépendant de la pression artérielle quand le pneumo-gastrique est intact. Mais il arrive que l'accroissement de pression stimule la tonicité des nerfs vagues ; dès lors, le rhythme du cœur se ralentit. La tension diminuée^ au contraire, affaiblit cette tonicité et détermine des contractions plus rapides'.
' Hales. Hémostatique.
^ Marey. Rech. hydrauliq. sur la circulation du sang. Revue des sciences nat., 1837, t. VIII.
' Cyon. Haeviodynamih. (iicsscn, 1816.
* Nauwrocki (F). Influence de la teris. du sang sur la fréq. des contract. cardiaques. Recueil d'anat. et de physioL offert à Lndwig par ses élèves, 1874.
194 LE CŒUR, TENSION RELATIVE DES DEUX VExNTRICULES.
Enfin Tschirjew en 1877, aborda une dernière fois ce sujet il arriva aux conclusions suivantes, après de nombreuses expériences : Le rhythme du cœur est véritablement lié à la pression sanguine ; le travail du muscle cardiaque dépend de la tension artérielle, comme le travail d'un muscle dépend de la force qu'il peut déployer ; mais cette pression agit à la fois sur les nerfs modérateur& et sur les accélérateurs. Chez les animaux qui n'ont pas subi de mutilations, dont les nerfs vagues et les nerfs accélérateurs sont intacts, il y a prédominance d'action sur les nerfs modérateurs [Pneumo-gastriques\. Mais quand l'appareil modérateur est épuisé, c'est le tour de l'accélérateur; c'est ce qui arrive par une longue fatigue, ou lorsqu'on sectionne les nerfs vagues et qu'ils ne peuvent plus enrayer les accélérateurs. Quand, après une certaine élévation de pression, celle-ci baisse, le cœur s'accélère aussitôt par l'excitation momentanée que la tension a produite et qui persiste encore dans les ganglions moteurs intrà-cardiaque s, alors que le nerf modérateur a cessé d'être excité.
De la FE:éQUENCE DU POULS DANS SES RAPPORTS AVEC LA TENSION
RELATIVE DBS DEUX CŒURS. — Broocke et Hopwood out obscrvé que l'application du bandage d'Esmarch sur le membre inférieur amène toujours une augmentation dans le nombre des pulsations du cœur. Cependant, d'après la théorie de Marey, lorsque la pression artérielle augmente, le cœur doit battre lentement. Il semblerait donc qu'il y eût désaccord entre ces physiologistes, puisque la compression d'Esmarch fait refluer dans le torrent circulatoire le sang artériel, le sang veineux et la lymphe.
C'est qu'en effet la loi posée par Marey doit être rectifiée ; le cœur bat plus rapidement, quand la différence de pression qui existe normalement entre la tension veineuse et la tension artérielle diminue, c'est-à-dire lorsque la pression du cœur droit augmente. L'inverse a lieu quand le cœur bat plus lentement.
Et, ce qui le prouve bien, c'est que dans la sténose mitrale, où le cœur droit est engorgé, le nombi'e des battements augmente.
* Tschirjew. Influence des chanrjctn. de la press. artérielle sur le rhythme du cœur. Arch. fiir anat. imcl phys. b. 1 p. 116. 1877.
Bkoocke et Hopwood. Journ. of anat. and plu/s. vol. XI, janvier 1877.