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LE CŒUR, FORCE DE PENETRATION SANGUINE

pour cela, le cœur et la circulation aient cessé de fonctionner normalement.

Les lésions, les décoordinations des deux cœurs, suivent donc une marche en sens inverse, et quand les deux sont atteints, c'est le cœur gauche qui est pris en dernier lieu.

Cette importance relative des deux cœurs a été admirablement étudiée par le regretté professeur Parrot. Nous ne pouvions mieux faire que de résumer ici ses principales idées à ce sujet.

Quotité du sang débité par les deux (jœurs. — Les quantités de sang, qui abordent à chaque moitié du cœur ou qui en sortent, dans le même temps, ne sont point égales pour les deux. L'oreillette droite, qui a une capacité bien supérieure à celle de la gauche, se vide moins que cette dernière, lors de leur systole commune ; une partie de son contenu n'est point lancé dans le ventricule correspondant et se divise en deux fractions : l'une qui demeure là, et l'autre qui reflue dans les veines caves. L'oreillette gauche, au contraire, se débarrasse à peu près complètement de son sang, à chaque contraction; elle n'est pas le point de départ d'un reflux sensible du côté des veines pulmonaires. Le mouvement d'expiration, qui est pour sa congénère la cause du reflux^ en devient pour elle un puissant obstacle.

Force de pénétration sanguine dans l'intimité des tissus. — L'injection sanguine effectuée par les ventricules, dans les systèmes artériels, n'est point uniforme des deux côtés.

Le ventricule droit est d'un débit très inégal. Au moment de l'inspiration, il se remplit mieux et lance une plus grande quantité de sang dans le poumon dont les vaisseaux s'agrandissent. Lors de l'expiration, il se remplit moins et injecte moins de liquide dans l'organe pulmonaire. Toutefois, si à ce dernier moment il contient trop de sang, sa systole est incomplète. L'observation attentive de ses mouvements montre que pendant l'expiration^ il ne se vide pas au même degré que l'autre.

L'excédent de capacité qu'il a sur le gauche a évidemment pour but de lui permettre, d'une part, de recevoir et de lancer des ondées tour à tour foi'tes et faibles, et, d'autre part, de conserver ou de tenir en réserve les fractions d'ondées que le poumon, dans les périodes d'affaissement, n'est pas en état d'admettre.

Mais, quelles que soient ces différences, il s'établit une compensation, un véritable balancement entre les deux cœurs. Si le

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