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LE CŒUR, SES DIVEES TEMPS ET MOUVEMENTS

La systole ventriculaire fort énergique s'accompagne d'un mouvement de torsion, de gauche adroite, et du choc de la masse ventriculaire contre le thorax ;

La diastole est relativement passive. Pendant cette période, les oreillettes se remplissent, et les ventricules commencent à recevoir le sang.

Néanmoins l'élasticité du tissu cardiaque fait des parois du cœur pendant la diastole, non pas une cavité flasque, mais une cavité béante exerçant une succion, une aspiration du sang situé au-dessus d'elle.

Wedemeyer et Gimther ' ont démontré l'existence de cette force aspiratrice par une expérience intéressante ; la petite branche d'un siphon fut adaptée à la veine jugulaire d'un cheval; la grande branche plongeant dan? un bain, à chaque systole du cœur l'eau s'élevait dans le réservoir Mais l'on voyait, à chaque diastole, l'eau du réservoir, aspirée vers le cœur.

Johnson''- en 1823, Chassaigjiac qw 1853, Finck en 1849 ^ ont démontré d'une autre manière la force aspirante des ventricules pendant leur diastole. Finck, 'ÇdiV exemple, adapte un manomètre à l'aorte, et laisse ouvert l'orifice veineux de l'oreillette gauche.

Plongeant alors le cœur, dont il a excisé la pointe^ dans un bain, en ne laissant dépasser que le tube vertical, il comprime les ventricules avec la main,puis laisse l'organe libre de se développer. Or à chaque compression, l'eau monte dans le tube aortique où elle est retenue par le jeu des valvules, puis l'organe, laissé libre se dilate par son élasticité, se remplit de nouveau et une nouvelle pression en fait jaillir le liquide.

Mais ces observateurs ne veulent pas confondre cette force élastique passive avec la dilatation active dont Gcdien ■* faisait une des propriétés du cœur.

Action élastique des poujions. — Le cœur est disposé entre les poumons ; or le tissu de ces organes est éminemment élastique; il tend à se resserrer, prenant un point d'appui sur les parois tboraciques qui résistent, et faisant remonter la voûte flexible du diaphragme.

' Wedemfyer. Untersuchungen iiber den Kreislauf, 1828.

^ WiLso^i Philip, tiome observ . relating to the powers of circulât. Tvans. of tlie med. dur. Sociot., 1823, t. XII, p. 397.

' Finck. Bemerhutigcn, iihcr einige versicche zur crlaulerung der inechanick des Herzens. Mûller's Arch. fur anat. uiid pliysiol, 1849, p. 283.

* Galien. Oi? um partium. OEuvres, Irad. Daremberg, t. I, p. 402.

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Cette force d'aspiration doit donc agir également sur le médiastin et les parois du cœur, dont la dilatation est ainsi rendue facile.

La systole du cœur agit en sens contraire ; elle aspire les poumons, qui ne peuvent laisser de vide intérieur, puis pondant la diastole c'est Vélasticité pulmonaire qui reprend le dessus et dilate les cavités cardiaques, s'ajoutant ainsi à la force élastique des parois vasculaires.

Diastole indirecte. — Outre la succion passive, qui dilate les ventricules, ceux-ci éprouvent une dilatation indirecte par contraction des oreillettes^ qui chassent dans l'étage inférieur le sang de leur cavité ; les ventricules s'allongent alors, s'élargissent, se gonflent. A mesure qu'ils se remplissent^ leur pointe s'abaisse et s'éloigne du sternum.

Systole des oreillettes. — Cette contraction commence dans les auricules ; elle est faible il est vrai, mais suffisante pour chasser le sang. Sans doute, une partie de ce liquide rentre dans les veines caves, car la valvule d'Eustachi ne garnit que les deux tiers antérieurs de la circonférence de la veine cave inférieure. De son côté la veine cave supérieure n'a aucune valvule, et la direction en biais des vaisseaux est la seule cause qui fasse déverser leur sang dans l'oreillette, au lieu de passer directement de l'une à l'autre veine.

Mais des anneaux musculeux sont également disposés autour des orifices veineux ; leur contraction rétrécit l'ouverture, fait progresser le sang, empêche son reflux, en sorte que la systole auriculaire se compose de trois éléments : veines caves, auricule, oreillette pour le cœur droit; — veines pulmonaires , auricule, oreillette pour le gauche.

Une expérience de Harvey démontre parfaitement l'action des oreillettes Il ouvrait le thorax d'un animal, puis attendait le moment oii les ventricules ne battaient plus, tandis que les oreillettes battaient encore ; excisant alors la pointe du cœur, il voyait chaque systole auriculaire lancer un jet de sang à travers et hors du ventricule. Quand la circulation s'embarrasse, et que le sang distend les oreillettes, elles perdent rapidement la faculté de se contracter. Cette inertie, que Ton observe souvent dans les vivisections, a fait croire kMarc d'Espine et à Bouillaud^

' Harvey. E.rercit. anat. de motu cordis, cap. iv, p. 26. * BouiLLAUD. Traité clinique des m. du vœu?; ti I, p. 88.

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