LE CŒUR, SON CHOC
pas constituée par une série d'oscillations, mais bien par une secousse musculaire simple et unique ; et l'on peut calculer pour le muscle cardiaque, comme pour les autres muscles, ce quHelmoltz a désigné sous le nom de : temps perdu, c'est-à-dire le temps que la fibre musculaire laisse écouler entre deux contractions; il s'élève pour le cœur à un tiers de seconde, temps considérable, si on le compare aux secousses des muscles de la patte de grenouille, qui ne laissent qu'un temps perdu de ^ de seconde. Mais plus la secousse musculaire est longue, durable, plus le temps perdu augmente en proportion.
Choc du cœur : ce n'est pas, comme on aurait pu le croire, pendant la diastole des ventricules, et par suite de leur augmentationde volume, que leur pointe vient battre contre la poitrine; c'est au contraire pendant la systole et par suite d'une forte contraction, qui soulève la pointe, la replie en torsade, et lui fait frapper vivement le cinquième espace intercostal. Harvey le constata pour la première fois sur le cœur du jeune comte de Montgomery , dont l'organe, découvert par une blessure énorme, battait à nu. Le savant anglais reconnut que, pendant la diastole, le cœur restait au fond de sa loge, mais qu'à chaque contraction des ventricules il se relevait brusquement et venait battre contre le thorax * .
Bien des fois depuis, le même phénomène a pu être constaté, dans des cas d'ectopie cardiaque, ou par les vivisections animales^.
Le docteur Beau ^, malgré tant de preuves, attribue néanmoins le choc du cœur à son ampliation soudaine, à sa brusque réplétion par le sang de l'oreillette ; il en fait donc une impulsion dilatatrice au lieu d'une contraction, et dès lors ce chocdiastolique précéderait, suivant lui, d'un instant la systole cardiaque.
ïl en donne pour raison que, lorsqu'on ouvre une des oreillettes, la pointe du cœur ne se porte plus en avant, mais se dévie du côté opposé à l'oreillette restée intacte. Le mouvement en avant serait donc la résultante de l'impulsion donnée par les deux ondées de sang, lancées simultanément par les oreillettes. Ce serait la diagonale du parallélogramme représenté par les deux forces.
* Harvey. Exercit. dégénérât, animal. Exercit. Si, p. 156. Londini 16bl. - Report of the Dublin sub commiitee. {Brit. Assoc, 1835, p. 244.)
' HeAU. Op. rit.