LE CŒUR, SON RECUL
peut subir un déplacement sous l'influence du jet artériel; deux causes le produisent :
1° Le recnl. Ohryan ' et Gutbrod ont, en effet, démontré que la contraction des parois d'un vase agit identiquement comme la dilatation des gaz dans le recul des armes à feu. Toute la force mise en jeu tend à repousser la paroi du cœur en tous sens. Là oii elle se fait équilibre, aucun mouvement ne se produit. Mais, comme aux orifices artériels la résistance cesse, le sang s'y précipite et le point opposé, la pointe du cœur, recevant une impulsion non équilibrée, entraîne l'organe entier dans un recul mathématique, en allongeant la g-aîne des gros vaisseaux suspenseurs. Ce recul compense d'ordinaire le raccourcissement de la pointe, ou même fait descendre le cœur un peu plus bas. Hijfelsheim attribuait même le choc du cœur à son déplacement total, le comparant au canon qui lance un projectile, et l'exprimait en disant : « Le cœur bat, parce qu'il recule. »
Bamberger ^ a pu vérifier par le toucher le recul du cœur sur un homme blessé à la poitrine et dont la pointe du cœur était accessible au doigt.
O'bryan * vit ce recul, plus prononcé encore, sur un enfant âgé de 15 jours, atteint d'eciojoze cardiaque.
Les observateurs les plus modernes, CJmiveau et Moilin^ examinant le cœur à nu sur l'animal, ou mieux encore remplaçant la paroi pectorale par un verre bombé^ afin d'éviter les dépressions atmosphériques, ont reconnu que le battement et le choc contre la paroi thoracique existaient bien réellement, mais qu'ils étaient dûs à la double modification qu'imprimait au cœur sa contraction subite. De mou et aplati qu'il était, le ventricule devient dur, globuleux ; les rides dont se couvre sa surface indiquent bien à ce moment le raccourcissement des faisceaux musculaires. Ce changement de volume rapproche le cœur de la paroi thoracique, surtout pendant la station verticale ; d'où nous tirons cette indicatîou importante pour le dia-
* O'bryan. Case of partial ectop. Americ. J. of med. sciences, 1836, t. XXIII, p. 193.
2 HiFFELsnEDi. Physiol. du cœur, mouvements absolus et relatifs. Méiu. de la Société de biologie, 18S0, 2" série, t I, p. 273.
' Bamberger. Beitrage zur physiologie und pathologie des herzens. Arch. fur patliol. anat. und physiol. 1856, t. ix', p. 328.
* O'bryan. Case of partial ectop. Americ. Journ. of med. science, 1838^ t. XXIII,