LE CŒUR, JEU DES VALVULES
— Mais, en mesurant directement, par le même procédé, la pression intrà-ventriculaire, on la voit, pendant la diastole des ventricules, s'abaisser notablement au-dessous de 0. — Mais si l'existence de la pression négative n'est point contestable, on peut du moins l'interpréter d'une autre façon.
4° Enfin l'amplitude de la diastole est variable; la diastole physiologique est moins étendue que la diastole cadavérique, tandis que la diastole pathologique ou toxique peut devenir supérieure. Si l'on irrite expérimentalement le tronc du nerf vague, on observe une diminution dans l'amplitude des excursions systoliques, une augmentation des diastoles^ et le cœur finit par s'arrêter en diastole forcée.
A son tour, Ckirone, étudiant l'action de la quinine sur le système circulatoire, reconnut qu'elle arrête le cœur en diastole forcée, bien supérieure à l'état de dilatation cadavérique ordinaire. Or dans cette diastole énorme, la quinine n'a point tué la fibre cardiaque, car sous l'influence du vcnîn de crapaud, le cœur, dilaté par la quinine, peut reprendre son volume primitif. Donc cette diastole est un effet d'activité spéciale, puisqu'elle dépasse même celle du cadavre..
Cette dernière expérience est absolument démonstrative.
Le jeu des valvules auriculo-ventricul aires. — C'est à BAUNIGARTEN que l'on doit les détails les plus complets sur cette fonction ^ : On enlève l'oreillette, puis, suspendant le cœur par sa base, on remplit peu à peu le ventricule avec de l'eau albumineuse légèrement salée, pour rapprocher sa densité de celle du sang. On voit alors les valvules s'abaisser et conserver une position oblique, en forme de cône renversé, sans s'appliquer contre les parois du cœur. Si l'on presse alors, pour imiter le reflux du sang, le liquide passant aussitôt dans le sillon valvulaire, qui se trouve entre les parois des ventricules et les voiles membraneux, rapproche les lèvres de ces soupapes si hermétiquement, que l'on peut renverser le cœur, sans qu'une goutte de liquide s'échappe des ventricules. Il en est donc de même pendant Ib. systole du cœur ; et le sang^ relevant les valvules abaissés, heurte leurs parois sans rétrograder. Les cordes tendineuses des muscles papillairos les retiennent à leur tour et les empêchent de se renverser en sens contraire dans les oreillettes. La
' Baumgarten. Ueher den mechanismus durch velchen die venosen herzklappen geschlossen werden. MilUer's Arch. fur anat. und phys., 1843, p. 463.