‹ Le circulation et le poulsChapitre 155 sur 669 · LE CŒUR, SON INNERVATION GANGLIONNAIRE · texte numérisé non relu

LE CŒUR, SON INNERVATION GANGLIONNAIRE

trique. Elle oppose un pouvoir excito-moteur à la force modératrice de la moelle allongée.

Vierordt, en effets affirme que l'excitation de la portion cervicale du grand sympathique par un courant continu, produit, au bout de quelques minutes, l'accélération des mouvements cardiaques, mais dans une mesure modérée. D'autre part, la section du sympathique cervical produit une diminution durable de la fréquence des battements. Parfois pourtant elle est restée sans effet, ou même a produit des résultats inverses, en sorte que, dans ce cas, ce nerf, au lieu d'être l'antagoniste du nerf vague, semblait exercer la même action que lui.

Mais F. BEZOLD a résolu ce problème en démontrant que la partie des filets, habituellement accolés au nerf vague, l'est alors, par exception, au grand sympathique ; celui-ci resterait donc comme le nerf excito-moteur du muscle cardiaque. L'opinion générale des physiologistes est que les contractions rhythmiques du cœur, séparé du corps, sont entretenues par des groupes de cellules ganglionnaires, dont les uns sont excitateurs du cœur, les autres modérateurs, quand on vient à les irriter.

En effet, les sources d'innervation étant les mêmes dans tous ces nerfs, on ne peut expliquer leurs différences de fonctions, les unes excito-motrices , les autres modératrices, que par leur terminaison différente dans le cœur, où ils sont absorbés par des ganglions de différente nature, accélérateurs ou modérateurs. Les ganglions excitateurs [chez la grenouille] sont placés aux orifices veineux et dans le sillon auriculo-ventriculaire.

Les ganglions modérateurs occupent la cloison inter- auriculaire.

En effet, si l'on pratique une ligature au-dessous de la fosse ovale, les ganglions excitateurs cessent d'agir, le cœur cesse de se contracter ; si à cet instant on change la ligature, et qu'on la porte sur le sillon auriculo-ventriculaire, le ventricule reprend ses contractions^ mais irrégulières, car elles n'alternent plus de l'oreillette au ventricule. Enfin, si l'on sectionne au-dessous de ce sillon, la partie inférieure du ventricule reste immobile tandis que l'oreillette et la partie restée adhérente du ventricule reprennent leurs pulsations rhythmiques. Telle fut la célèbre expérience de STANNius

' Stan.mijs. VVei reiJien physiologischer rersuche: MûWer's Archiv. 1852, p. 83;

Page 1