LE CŒUR, INFLUENCE DE L'ACTION RÉFLEXE
De leur côté Ludwig et Heidenkeim'^ , en 1854, reconnurent qu'en excisant peu à peu les parois auriculaires, on voyait le mouvement ventriculaire s'affaiblir d'autant. Il cesse quand on arrive à une certaine zone, la base du cœur restant encore intacte.
Volkmànn ^ divisant le cœur de la grenouille en fragments, comme jadis l'avait fait Haller, reconnut que l'oreillette séparée du ventricule, continue à battre régulièrement. Le ventricule, au contraire, cessait de battre, ou du moins ses mouvements n'étaient plus en harmonie avec ceux de l'oreillette ; ce résultat, obtenu dès l'année 1844, s'accorde avec les expériences de Stannius faites en 1852.
Enfin Weber'^ en électrisant le bulbe de l'aorte, tout entouré du réseau formé par le plexus cardiaque^ a reconnu qu'il faisait battre le cœur de la grenouille avec force et rapidité.
Onimus et Legros'^, dans un intéressant travail publié en i872, regardent le réseau ganglionnaire du cœur, comme formant un système animé de fonctions rhythmiques, dont ils ont cherché à formuler les lois :
1° Les mouvements sont d'autant plus rapides et plus rapprochés, que la source d'action est plus grande et les résistancesplus faibles.
2° Etant donnée la même source d'activité, les mouvements seront, comme fréquence, en raison inverse des résistâmes, et, comme énergie, en raison directe des résistances.
Ces lois sont bien, en effet, au nombre de celles qui régissent le cœur; mais appartiennent-elles au sympathique? C'est ce qui n'est point démontré.
Influence <lc l'action réfle^^c snr IciS mouvements cardiaciues. — En effet, le nerf accélérateur ne dépend pas seulement d'une action directe de la moelle, il peut agir aussi sous l'influence d'une action réflexe. La face interne des ventricules est sensible, ou du moins irritable; à peine un corps étranger l'at-il touchée, que les battements s'accélèrent. Or cette accélération ne peut être expliquée que par une action réflexe sur le nerf cardiaque accélérateur.
* Hkidenheim. Disquisit. de nervis organisque centralibus cordis. Berlin, 1854. " VoLKMANN. Vachweisung dcr nerven centra. Mûller's Archiv., 1844, p. 423.
' Weber (E. h.). Velier Ed. Weber's entdeckungen in der-lehre von der muskel' contraction. Muller's Archiv. 1846, p. 502.
* Unimus et LegiîOs. llecher. sur la physiol, des nerfs vagues, 1872.