LE CŒUR, TRANSMISSIONS DE L'EXCITATION
cœur de lapin, au-dessous du sillon auriculo-ventriculaire et par conséquent au-dessous des ganglions cardiaques ; il fixe une canule et enregistre les pulsations . Le cœur est d'abord arrêté; il y injecte alors un mélange de sang de lapin défibriné et de solution de chlorure de Sodium à j^^, et, après un espace qui varie entre 10 et 60 minutes, il voit le cœur reprendre ses battements.
S'il fait l'injection avant de poser la ligature de Stannius, celle-ci perd son pouvoir d'arrêter les battements du cœur, et les pulsations de ce dernier continuent.
Le ventricule possède donc im principe automoteup, et la contraction est due à une modification particulière du muscle.
Mode de transmission de l'excitation cardiaque. — Le cœur est formé de cellules contractiles sans membranes enveloppantes. Les terminaisons nerveuses y sont rares. Il n'y a pas de cellules ganglionnaires dans les parois^ sauf celles des ganglions de la base des ventricules, et cependant chaque fragment détaché de l'organe est contractile : il faut donc penser avec Engelmann * que les excitations du cœur se transmettent, non point par une innervation isolée de chaque cellule, mais bien par une transmission de cellule à cellule,
La vitesse de transmission dans le cœur d'une grenouille est de 20°"" par seconde. La durée de la contraction d'une seule cellule, après une forte irritation, est de de seconde. Chaque cellule mesure un diamètre de 2 de sorte qu'on en trouve 100 sur un fragment du cœur de 20 millimètres. Or^ si chaque cellule devait irriter celle qui la touche, il faudrait 8 secondes pour cette transmission dans le fragment donné, tandis que l'expérience démontre qu'il n'en faut qu'une. En outre la pathologie démontre qu'on peut rencontrer tous les nerfs et les ganglions du cœur altérés, sans que les contractions aient cessé d'être normales.
La transmission s'opère donc sans l'intervention d'éléments nerveux, elle est le fait d'un simple travail moléculaire qui se passe à l'intérieur même des cellules; sans que chacune d'elles devienne à son tour un centre d'excitation.
Enfin, on ne peut objecter que, dans cette théorie, la mort
* Engelmann (Th. W.). De la transmiss, de l'excilat. dans le muscle cardiaq. Pflûgerp. Arch., t. XI, p. 465-481. 1875.