LE CŒUR, HYPOTHÈSE DE MILNE EDWARDS
d'une cellule du cœur entraînerait l'arrêt et la destruction de l'organe, car il est reconnu, en physiologie, que les cellules vivent collectivement et meurent individuellement.
Automatisme du cœur. — Sblf-stimulation. — La conti'action du cœur produit par son acte même la stimulation du centre paralysateur.
La réplétion du cœur pendant le repos de l'organe détermine, à son tour, une stimulation du centre excitateur. En sorte que si le cœur est actif par deux actes contraires, chacun de ces actes se trouve sous la dépendance de l'acte précédent, d'oii naît le rhytlime de l'organe. Et, chose remarquable, ce que le cœur fait pour lui-même, il le fait aussi pour les artères. En effet la contraction du cœur amène la dilatation artérielle ; la dilatation du cœur entraîne la systole de l'artère, en sorte que les mouvements du cœur et des vaisseaux sont antagonistes et de temps et d'actes.
Hypothèse de Milnb Edwards sur l'innervation du cœur. — En voyant une foule de faits contradictoires s'opposer à une théorie ahsolue de l'action du cœur, ce savant physiologiste suppose :
« 1° Que des courants directs et universels doivent se former du cerveau au cœur et du cœur aux centres nerveux ;
« 2° Qu'en outre il existe une solidarité entre la puissance vitale, qui, dans chaque organe, revêt tantôt le caractère de la sensibilité excito-motrice, tantôt celui de la puissance mécanique.
a 3° Qu'il se forme une sorte d'équilibre instable entre ces diverses forces. «
« 4° Tout accroissement de dépense sur un point produit diminution, épuisement, arrêt sur un autre. Et alors la force engendrée dans le cœur, pour faire battre cet organe, s'en écoule, pour remonter vers l'axe cérébro-spinal.
« 5° Toute stimulation cérébrale reflue au cœur par les nerfs vagues, et augmente sa charge nerveuse »
Si cette hypothèse est vraie, toute dépense excessive de force vitale doit arrêter ou affaiblir le cœur. C'est ce que produit en effet une forte commotion ou une douleur violente, car elle peut aller jusqu'à la syncope, jusqu'à la mort.
Dans ces dernières années, M. dastre s'est proposé de faire
' Milne-Edwauds. Leçons sur la physiol. et anat. compar., t. IV, p. 158.