LE CŒUR, CONCLUSION
l'analyse expérimentale des deux lois qui régissent l'activité du cœur : la loi do la variation périodique de V excitabilité [Marey] ; et la loi de la l'uniformité du travail ou du rhytJme [E. Cyon, Marey] .
i° Los travaux de Marey ont montré que le cœur de la tortue et de la grenouille, réfractaire aux excitations électriques pendant la systole, n'est excitable que pendant la diastole; la contraction provoquée s'intercale alors entre deux systoles normales.
Mais ce que M. Dastre vient de montrer, en opérant sur la pointe et par des expériences pleines de délicatesse, c'est que les nerfs cardiaques sont étrangers au phénomène, et que cette propriété do l'organe qui fait alterner un temps d'activité avec un temps de repos est duo à la fibre musculaire seule, que c'est une loi musculaire. En employant des courants d'induction fréquemment interrompus, on peut faire battre rhythmiquement la pointe du cœur, qui naturellement est inerte.
Une des expériences de l'autour lui a permis de conclure que la plus remarquable des excitations propres à faire revenir les contractions est la pression du sang à l'intérieur du cœur, et que les alternatives de la pression suffisent à entretenir le retour rhythmique de ses battements.
2° D'après MM. Cyon et Marey, lorsqu'on trouble le rhythme normal du cœur de la grenouille en provoquant artificiellement une contraction nouvelle, après chaque systole provoquée, il se produit un repos compensateur qui rétablit le rhythme du cœur un instant altéré. De même que la loi précédente, celle-ci avait été constatée pour le cœur tout entier. Mais si l'on n'excite que la fibre musculaire sans provoquer les nerfs, la pause ne se produit pas. Le repos compensateur serait donc le fait de Vappareil nerveux intrà-cardiaque, qui présiderait ainsi à la régularisation du travail musculaire de l'organe, étant donné que les variations périodiques de la pression sanguine dussent suffire à entretenir le rhythme alternatif.