MODES DE CIRCULATION DU SANG DANS LES ARTÈRES
occupe. Ainsi en est-il pour le sang. En effet, comme l'avait déjà remarqué G. Colles au xvii® siècle, la bifurcation des artères donne naissance à des branches dont les calibres réunis sont plus considérables que celui du tronc d'émergence. Le sang va donc en ralentissant sa marche de plus en plus. Mais Ferneley * et Paget ^ ont démontré de notre temps que la somme des aires n'augmente pas toujours, et que souvent elle augmente très peu. L'aire de l'aorte, à sa sortie du cœur, étant : 1, la somme des aires de ce vaisseau, au-delà de l'origine de la sous-clavière gauche et des trois grosses branches qui en émanent entre ces points, sera : 1, 05. Il y a dilatation légère, le courant se ralentit. Mais au niveau de l'origine des iliaques primitives, les différences sont contraires ; l'aire de terminaison de l'aorte étant représentée par : 1, la somme des aires de ses deux branches n'était^ d'après les expériences de Paget, que de : 0.89. Le courant doit donc s'accélérer ; hazard * est arrivé à un résultat semblable, il a calculé que la somme des aires des iliaques était de îl^plus petite que celle de l'aorte avant sa division. Enfin ner * et Brown-Scquard ^ ont reconnu que cette règle éprouvait de fréquentes exceptions individuelles.
Frottement du sang dans le cœur et les vaisseaux. — Rien de plus compliqué en apparence que les frottements du sang dans les vaisseaux, et rien de plus important, car si les globules du sang n'étaient pas ainsi constamment mélangés, ils s'attacheraient les uns aux autres et produiraient de faciles embolies ou thromboses.
Modes de circulation du sang. — Les travaux de MOILIN * nous ont fait connaître qu'il y a dans les vaisseaux deux modes de circulation: l'une parallèle à l'axe du canal, c'est le Oux. central du liquide qui, constamment retenu parles résistances latérales^ progresse directement ; l'autre oblîtiHc, ce sont les courants latéraux, qui, frappant alternativement et les parois élastiques et le liquide central, cheminent par ondulations et ressauts successifs; de là des frottements multiples.
' Ferneley. On the obtinance of certain laws in the animal economy. Londou, Med. Gaz. 1840, t. XXV, p. 389.
- 'PKr,K?. On the relative sizes of the trunks and branches of the Urteries, Lond. Med. Gaz. 1842. 2« série, t. II, p. oo.
" Hazakd. Dans Horner. Spécial Anatonvj, t. II, p. 184. Philadelphie, 1843.
■* FoLCNER. Dissertatio de nexu inter arteriaruin truncos et rainos exorientes, Groningue 185o, et Ganstatt's jahresber, 1857, t. I) p. 77.
' Bbown-Séquard. Journ. de phtjsiol. 1838, t. Ij p. 303, op. citât.