LA PLÉTHORE
Indications tliérapcHtifiiics. — Ceci explique d'une part les phénomènes de calorification observés dans Vinflammation, où les capillaires sont énormément dilatés, — d'autre part, l'avantage que produisent les enduits imperméables [Collodion) en diminuant cette calorification par l'isolement de l'oxygène atmosphérique et par le resserrement qu'ils opèrent sur les capillaires de la surface.
Influence de la quantité du sang sur la pressignartérielle. — La plétliorc. Il est facile de comprendre que l'ensemble du système sanguin représentant une cavité élastique^ plus elle contiendra de sang-, plus elle en comprimera la masse. C'est cette poussée que BRÙNNER ' a mesurée avec soin dans une expérience restée célèbre. Il commença par annuler sur un petit chien les effets de la contraction des muscles, en chloroformant l'animal, puis les effets de la contraction du cœur, en galvanisant les pneumo-gastriques; mesurant alors la pression du sang avec le kymographe, il la trouva égale à 0,010""" Il G. Puis, faisant la transfusion de 280 g-rammes de sang, il vit la pression monter à 0,019""', et, après une saignée de 359 grammes, elle redescendit à 0,0085.
iMétliorc véritable. — C'est à la surabondance du liquide sanguin que l'on doit donner le nom de jilétliore véritable; la saillie des vaisseaux en est l'indice bien plus que la grandeur du pouls, car, ainsi que nous l'avons vu en étudiant la fausse pléthore, plus l'artère est vide, plus elle fournit des vibrations étendues sous l'influence du jet sanguin émané du cœur^ tandis que l'artère une fois pleine ne donne plus que des oscillations très petites ; d'où Ton doit conclure par ce paradoxe apparent: Plus le pouls est petit dans une artère pleine, plus il indique une pléthore avancée. Mais, comme la résistance des capillaires varie beaucoup suivant les sujets, il est toujours difficile de distinguer \a. pléthore par surabondance de sang de celle qui vient de la parésie des vaisseaux capillaires. Chez les animaux réduits à une maigreur extrême, la pression du sang dans les artères est beaucoup plus faible qu'à l'état normal,, ainsi que l'a démontré Budge'^. Il est évident qu'il en est de même pour l'homme;
' Brunner. Ueber die .«/lanninifj dnt Ruhenden Ididcs hn h-bendcn thiere . ZcitsclïT. l'ur rationnel, med. 1854, 2'' série, t. V, p. 336.
- BuDGE. lieric/it ïibcr die arbi'ileu im physiohyischen inslilut ivi Burin. Caustatt's, jaliresbericlit, \W.y-\, t. 1, p. 89.