INFLUENCE DE LA CIRCULATION SUR LA DENSITÉ DU SANG
qui déterminent une destruction plus ou moins complète de l'endothélium. comme cela arrive dans V Endocardite ulcéreuse^ dans certaines artérites et à la suite de la fièvre Typhoïde ^Aq la Rougeole, de la Scarlatine surtout, où il y a desquamation de l'endartère, aussi bien que l'épiderme. La paroi interne de l'artère devenue rugueuse détermine des frottements prononcés, dont l'auscultation nous rend parfaitement compte et qui rend le pronostic assez défavorable.
Influence de la circulation sur la densité bu sang. — Le sang est un liquide de nature hétérogène, dont les globules rongés représentent la partie la plus dense ; on pourrait le comparer à de l'eau tenant en suspension une poudre pesante.
Or, recherchons quelle est la distribution d'un pareil liquide, lancé à vitesse variable dans un réseau vasculaire à branches divergentes et allant en se rétrécissant : Les docteurs MATHIEU et F. URBAIN avec un mélange d'eau et de carbonate de chaux, ont reproduit la disposition du sang dans un réseau artificiel. Ils ont reconnu que les globules rouges du sang, comme les particules pesantes de l'eau, devaient se trouver en plus grand nombre dans les grosses artères que dans les petites branches qui présentent plus d'obstacles à la circulation.
L'étude des poids spécifiques leur a donné le même résultat; le poids du sang des grosses artères est plus grand que celui d'un pareil volume de sang pris dans les capillaires. La disposition des conduits artériels est telle que la richesse du sang en globules rouges, et par conséquent en oxygène, est plus grande dans les carotides; leur sang est plus dense, et ce qui le prouve encore, c'est que par la ligature des deux carotides on peut augmenter la densité du sang des autres artères, le sang très dense des premières refluant vers les vaisseaux, où la circulation est restée libre comme les artères vertébrales.
Deux corollaires importants peuvent être tirés de celte étude :
1° Par suite de la grosseur de ses artères et de la brièveté de leur parcours depuis leur origine cardiaque, le cerveau reçoit un sang plus riche, plus globuleux, plus oxygéné que les autres organes-
2° Dans les capillaires, le sang est d' autant plus riche en globules et plus oxygéné, que leur dilatation y rend la circulation plus rapide.
' Mathiei' et UltuAiM. fcN (jazdam le saiu], Journ. de physiol. t. IV, 1871-72, p. 201.