LES ARTÈRES, DÉDUCTIONS THÉRAPEUTIQUES
couches élastiques déjà nommées, assez près de la paroi interne ; elles se multiplient à mesure que le diamètre du vaisseau augmente.
La tunique moyenne offre donc des feuillets extrêmement nombreux ; les fibres qui la composent sont beaucoup plus unies entre elles dans le sens transversal que dans l'horizontal; il en résulte une grande force pour résister à la poussée du cœur qui dilate leur paroi transverse, mais une faible résistance dans l'autre direction.
Déductions thérapeutiques. — Le chirurgien met à profit cette disposition anatomique pour arrêter les hêmorrhagies par la torsion des artères ou par une forte ligature avec un fil assez fin. Sous cette influence, la tunique moyenne se déchire circulairement, tandis que la tunique celluleuse reste entière et les deux se rétractant, oblitèrent la lumière du vaisseau, favorisant ainsi la formation d'un caillot obturateur. De même dans certains cas àe. plaies par arrachement, le retrait seul de cette gaine moyenne peut suffire pour oblitérer une artère importante. Pendant le siège de Paris, j'ai pu faire la désarticulation de la hanche, sans ligature et sans perte de sang, sur un jeune homme de 17 ans qui avait eu le haut de la cuisse broyé par un obus. L'artère crurale déchirée s'était spontanément rétractée et battait devant moi, dénudée, dans la longueur de 12 centimètres, sans donner une goutte de sang et sans qu'il y eût de caillot obturateur. Mais lorsque l'artère, au lieu d'être écrasée, a été coupée en tout ou en partie, elle se contracte, se raccourcit^ reste béante. Cependant la tunique externe, beaucoup moins rétractile, se retire moins loin et l'ouverture prend la forme d'un entonnoir, aux bords duquel le sang se coagule en bourrelet d'abord, puis en bouchon qui arrête parfois l'hémorrhagie.
Impoi'tauce de la syncope et de la saignée. — C'est pourquoi, à la suite des blessures ou des hêmorrhagies, la syncope est souvent utile, car l'instant d'arrêt qu'elle donne à la circulation permet au coagulum de se solidifier. La syncope devient alors un moyen de salut. Il est des cas où le chirurgien habile devra imiter la nature et provoquer la syncope. Mais le plus souvent il suffit de diminuer la tension artérielle par une saignée, un bain de pieds, l'aconit ou la digitale pour arrêter l'hémorrhagie. Les cas les plus graves sont ceux où il s'agit d'artères à moitié tranchées, car leur rétraction circulaire laisse