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VAISSEAUX ET NERFS DES ARTÈRES

elles par leurs bords sinueux et se décomposent peu d'heures après la mort.

4° C/oiicbe céiueiiteuse. ADAMKIEWICKS • a signalé en 1875 l'existence de cette nouvelle couche encore inconnue.

Lorsqu'en suivant la méthode de RECHLINGHAUSEN, on imprègne d'oxyde d'argent la paroi d'un vaisseau, on aperçoit au-dessus de l'endothélium une couche située transversalement, parcourue par un réseau à longues mailles irrégulières. La solubilité de cotte couche dans l'ammoniaque et le sulfate de soude révèle sa nature albumineuse ; la striation transversale qu'on y remarque est un effet de la contraction longitudinale des parois vasculaires.

Cette couche protectrice empêche sans doute le frottement du sang d'agir avec trop de force et trop directement sur la paroi vasculaire.

Mais, après avoir décrit l'organisation générale des artères, nous devons ajouter, avec M. Gimbert, que cette structure est loin d'être uniforme.

Non seulement on voit les tuniques s'amincir et disparaître à mesure que les vaisseaux deviennent plus ténus, mais doux artères de même calibre varient de structure, suivant l'organe et la fonction auxquels elles sont destinées. D'une manière générale, les petites artères sont plus riches on fibres musculaires lisses que les troncs volumineux.

Vaisseaux et nerfs des artères. — Les artères sont nourries par des vasa-vasorum nombreux, émanés la plupart des rameaux voisins. Leur distribution dans les trois tuniques a été spécialement étudiée par Ch. robin et par sappey, mais avec des résultats différents. Car, tandis que Robin affirme que les vasa-vasorum ne dépassent pas la tunique celluleuse, Sappey ' admet leur existence probable chez l'homme après l'avoir vérifiée par la dissection attentive de Faorte des grands mammifères, du bœuf et de la baleine. — Les venœ-vasorum succèdent promptement aux artérioles correspondantes et vont rejoindre les veines voisines. — Quant aux lymphatiques, on n'en a trouvé jusqu'à présent aucune trace dans les parois artérielles.

Nervi-vasorum. Emanés des ganglions et plexus voisins du

' Adamkiewicks (A.) Des couches ce'menteuses des parois vascul, Arch. fiir mikr. anat. XI, 2, p. 282. 1875.

^ Sappey. Anatomie, t. II, 1876, p. K31.

294 DES GLOMÉRULES ÂETÉRIELS.

grand S}Tnpathiqiie, ainsi que l'a démontré Claude Bernard, ces nerfs suivent les vasa-vasorum, pénètrent dans la tunique celluleuse, puis dans la couche élastique à fibres circulaires oii ils disparaissent.

C'est en pénétrant dans cette tunique moyenne que les nervivasorum perdent leur névrilème^puis leur couche médullaire et, réduits à leur cylinder axis, vont se terminer dans la couche musculaire artérielle qui leur doit la faculté de resserrer ou de dilater le calibre des vaisseaux. C'est le physiologiste STILLINB qui leur a le premier imposé le nom expressif de vaso-moteurs, universellement adopté dans la science.

Des GLOMÉRULES ARTÉRIELS. — ARNOLD * a décrit sous ce nom un certain nombre de petites glandes ou sacs vasculaires, dont le principal groupe avait déjà été reconnu par luschka, mais faussement décrit sous le nom de glaMtïe coccy$;ieniic. (( Ce ne sont point des glandes en effet, mais des faisceaux vasculaires, qu'il est facile d'étudier en commençant par les plus simples; On en trouve en assez grarxd nombre sur le ti'ajet de l'artère sacrée moyenne, sous forme de petits corps microscopiques. Puis à l'état de giomérules dans la glande coccygimne et le ganglion inter-carotidien qui offre ce caractère tout particulier de siéger dans l'intérieur d'un gros vaisseau. »

Arnold en forme quatre groupes : 1" Les corps les plus simples représentent des granulations arrondies ou ovoïdes, accolées à l'artère sacrée moyenne ou à ses branches. Elles se composent des couches suivantes :

1° Une enveloppe extérieure de nature connective, d'épaisseur variable ;

2° Une couche musculaire lisse, à fibres en général circulaires ;

3" Une membrane propre, amorphe ;

4° Un revêtement épithélial de cellules allongées ou polygonales.

A l'intérieur de ces corps, on trouve une cavité qui, comme le prouvent les injections, communique avec l'intérieur de l'artère immédiatement ou par l'intermédiaire d'un pédicule- Ce sont donc de simples dilatations dans lesquelles on

' Arnold. Mém.sur lasU'ucture delà prétendue glande coccygienne.' Arnold. Sur la airuel. du qamjlion intcr-carolidicn. Gaz. métl. de P. 18GG, ]..'M. ■ ■ ■

DES «LOMÉRULES ARTÉRIELS. 295

retrouve toutes les couches de l'artère, mais où la couche musculaire et surtout la couche épilhéliale ont pris un développement exagéré. De ces corps on voit toujours partir un ou deux petits vaisseaux.

2° Les sacs vasculaires du deuxième ordre sont de forme allongée ; l'artère se divise en deux et forme ainsi deux tubes qui se réunissent ensuite; ces tubes présentent deux couches de fibres musculaires lisses^ l'une interne, l'autre externe longitudinale.

3° Les sacs du troisième ordre sont plus gros, visibles à l'œil nu; les tubes artériels qui les constituent sont plus allongés, tortueux, formés par des alternatives de dilatation et d'étranglements et disposés souvent en réseau; ils sont entourés d'une enveloppe connective, contenant un réseau capillaire. A quoi servent ces glomérules? On l'ignore complètement. Ce sont sans doute des glandes vasculaires destinées à former ou perfectionner les globules du sang.

4" La glande coccygienne représente une formation du même ordre, mais avec une structure compliquée ; elle n'est autre qu'une agglomération de dilatations artérielles pouvant présenter toutes les formes des degrés inférieurs. Ce sont ces tubes et ces sacs que Luschka a pris pour des tubes glandulaires : les injections et la présence du sang dans les cavités prouvent qu'il s'agit de cavités vasculaires. La cause de l'erreur de Luschka vient de la structure très compliquée de cette prétendue glande, structure qui devient facile à étudier, si l'on part des formations les plus simples. Au lieu de: glande coccygienne, propose le nom de : glomémles artériels coccygiens. Pour ce qui est de l'opinion de Luschka, que la glande coccygienne serait le point de départ de la plupart des tumeurs congénitales du coccyx, il ne la croit pas basée sur des raisons suffisantes.

Quant à la structure des gauglions infer-carotidicns, là encore Luschka a pris pour des vésicules et des tubes glandulaires de simples glomérules artériels à tubes contournés ou ramifiés. Le ganglion inter-carotidien possède à peu près la même structure que la glande coccygienne ; il s'en distingue seulement en ce qu'il ne présente point les dilatations si remarquables de cette dernière ; les tubes vasculaires qui le composent ont un calibre uniforme et leurs parois ne possèdent pas de couche musculaire; ils doivent être plutôt rattachés aux capil-

laires. On devrait donc aussi remplacer le nom de : gangliorts inter-carotidiens par celui de glomérules artériels inter-carotidiens.

ÉLASTICITÉ DES ARTERES.

Le système artériel doit, comme première fonction, porter par ses ramifications sans nombre le sang à tous les organes ; c'est ce qui constitue la canalisation du sang. Mais, à côté de cette fonction connue, il en est d'autres, moins faciles à apprécier, et qui ne s'exécutent que par l'intermédiaire de deux propriétés que nous devons étudier ici : l'élasticité et la contractilité.

1° Elasticité. — U élasticité artérielle est cette propriété que manifestent ses parois, de reprendre plus ou moins complètement leur état primitif, quand la cause qui modifiait leur volume ou leur forme cesse d'agir.

E}3iLi!stcuce et uatnrc de l'élasticité. — L'élasticité est facile àconstater dans les artères. En effet, même après la mort, elles conservent leur forme cylindrique; si l'on aplatit leur calibre, il se relève dès que l'obstacle est enlevé ; si l'on étire leur paroi, elle s'allonge, puis revient au point de départ, dès que la liberté lui est rendue. La résistance latérale, qui est la principale, tient à la tunique moyenne formée d'un tissu jaune particulier, aussi fragile longitudinalement que fort latéralement. La résistance longitudinale dépend donc surtout de la tunique externe.

Fonctions de l'élasticité. U élasticité est le complément de l'action du cœur, dont elle facilite le travail. Ses fonctions principales sont au nombre de deux :

1° Égaliser la circulation, en supprimant l'intermittence. — Infiuence de rhythme.

2° Recevoir le sang avec moins d'effort. — Influence de débit.

1° Suppression de l'intermittence on influence de rliytlimc. — L'hydraulique nous enseigne que tout mouvement intermittent peut être converti en mouvement continu, si la force primitive est utilisée pour comprimer un réservoir élastique intermédiaire ou un ressort d'action continue.

Or les artères ont des parois élastiques, et dans l'organisme

la pression de l'ondée sanguine, exerçant son effet sur la paroi vasculaire aussi bien que sur la colonne liquide, se dédouble et se divise ; une moitié fait progresser le liquide, une moitié dilate les parois artérielles pour y loger une portion du liquide. Puis^ quand l'action du cœur vientà cesser, l'artère revenant sur elle-même restitue au liquide le mouvement qu'elle lui avait emprunté, perpétuant ainsi sa progression.

FREY * a surtout fort bien étudié le mode de transmission, assimilant les parois artérielles àunfaisceau circulaire de cordes élastiques, où se propageraient les ondes.

MAREY ^ en a donné la démonstration avec un appareil ingénieux : une pompe, imitant le cœur, débite dans un tuyau élastique de caoutchouc une quantité connue d'eau à chaque coupdepiston. Ilafaitvoirqu'ilfallait,pendantla durée de chacun d'eux, que la capacité du conduit d'écoulement fût augmentée d'une quantité égale à la charge additionnelle constituée par l'excédent de la recette sur la dépense.

Dans l'expérience, la recette est constituée par la quantité d'eau débitée par le coup de piston; la dépense est représentée par la quantité qui sort en même temps de l'orifice d'écoulement.

Cette élasticité transforme donc peu à peu le mouvement intermittent émané du cœur en mouvement continu; et comme cette transformation est d'autant plus complète que l'action pariétale est continuée sur une plus longue surface et qu'elle s'exerce sur une moindre quantité de liquide, il en résulte qu'à mesure que l'artère diminue de volume, la pulsation devient moins élevée, jusqu'à ce qu'enfin, dans les capillaires, le mou vement soit uniforme.

2° Inflticucc de «lébit. — L'élasticité artérielle aussi bien que celle des tuyaux élastiques soumis en hydraulique à une pression intermittente, contribue singulièrement à augmenter le débit de l'orifice d'écoulement.

Elle l'augmente : A, en dilatant cet orifice, puisqu'il est élastique.

B, en ralentissant la progression du sang, car la physique démontre que les frottements et les résistances d'un liquide

' Friîy. Versuch einer théorie der Wellenbeweffung des blutes. Mûller's Arcliiv 1845, p. 132.

- Marey. Rech: hydraul. sur la circulât, du sang. Anual. des se. uatur., 1837, t. VIII, p. 329.

298 ÉLASTICITÉ DES AriTÉRES,

contre les parois d'un tube croissent comme le carré de la vitesse du courant.

Ainsi Vartêre, par son élasticité, diminue les résistances qu'éprouve le sang à passer du ventricule dans les vaisseaux, mais en outre elle facilite le travail du cœur. En effet, si cet organe rencontrait des parois rigides, les nombreux chocs du liquide réagiraient immédiatement sur son mouvement, sur ses valvules, et ne lui laisseraient point sa libre évolution; l'abaissement des valvules arriverait même avant la fin de la systole.

liKlicatiou diagnostique. — Quand les artères perdent une partie de leur élasticité {état sénile), le cœur éprouve plus de peine à se vider ; il tend donc à s'hypertropliier par compensation, ou à se dilater par insuffisance de force.

nilatatioit des artères. — Mais Y élasticité renferme deux propriétés secondaires :

1° U extensibilité .

2° La rétractilité.

1° ExtcusîSiiBité. — Comme tous les corps élastiques, les artères se dilatent dans leur circonférence ou diamètre, et dans leur longueur.

A. Diamètre. — Il suffit pour le démontrer de répéter l'expérience de FLOURENS. On introduit * autour de l'aorte d'un animal un anneau brisé très souple, et de la dimension précise du vaisseau en diastole. On voit alors à chaque systole l'artère se dilater, écarter les branches de l'anneau et les laisser se rapprocher pendant la diastole.

B. AlSongement artériel. L'extensibilité longitudinale est souvent très prononcée; elle se manifeste surtout quand le choc du sang rencontre un obstacle, lorsqu'il vient frapper contre une courbure vasculaire, comme à la crosse aortique, ou contre un éperon diviseur. On en reconnaît sans peine la réalité, en marquant d'un trait un point convenu de la carotide primitive. A côté, sur la chair même, on pose un autre point comparatif. Celui-ci demeure immobile, tandis que le trait carotidien avance et recule suivant l'impulsion transmise par le cœur. Cette démonstration est due à Flou.rens, mais il y a longtemps que Haller avait indiqué le fait curieux de l'allongement des

' Flourens. Expér. sur le mécanisme du mowemetii des artères. Aun. di'S se. nalur. 1837, 2" série, t. VII, p. 100.

IIaller. Mémoire sur le mouvemenl du sang. P. 41.

arlères chez les amputés sous l'influence des ligatures, influence dont nous aurons à parler bientôt.

Volkmann % qui a fort approfondi lechg.pitre des dilatations et des allongements vasculaires, a reconnu, contrairement à l'opinion reçue, que l'extension latérale était plus considérable que l'allongement. Celui-ci étant représenté par : 1, l'extension serait de : 0,4Sà 0,83.

Coefficient tl'élasficKé. — Mais les membranes élastiques sont pourtant moins extensibles que les membranesmusculaires. Aussi le coefficient d'élasticité des artères est, d'après wundt 2, de 72 gr. 6 en longueur et environ 38 gr. en largeur.

2° Réfractilîté. — La rétractilitê est l'antagoniste de l'extensibilité et lui fait équilibre ; ces deux propriétés de tissus sont comme les deux plateaux d'une balance, dont l'un monte quand l'autre descend.

Comme elle, elle s'étend en longueur et Qn diamètre ; on en reconnaît surtout l'existence lorsqu'on divise une artère dans une portion de sa circonférence. Aussitôt les deux bouts s'écartent d'une manière très prononcée, et cela s'observe sur le cadavre comme sur le vivant. De là vient la gravité des blessures faites aux artères. Mais souvent elles entraînent avec elles une portion de tissu cellulaire, qui sert de premier obturateur.

Locomotiou artérielle, — On donne ce nom au mouvement de déplacement total qu'éprouvent certaines artères. Cette locomotion est toujours le résultat du choc du sang sur la paroi du vaisseau. Mais, suivant que ce choc agit dans le sens de l'axe, verticalement ou bien obliquement sur les parois, le mouvement varie. De là, trois genres de locomotion : — par progressiou directe, — par inflexion latérale, — par redressement des conritnres.

Progression directe. — r La progression directe accompagne toujours l'allongement de l'artère et serait facilement confondue avec elle ; néanmoins elle en diffère par le déplacement de totalité, déplacement d'abord momentané, mais qui peut devenir définitif.

A. Elle s'observe souvent dans les moignons après l'amputation. La ligature de l'artère principale, offrant au sang un point d'appui, à chaque pulsation il vient heurter comme un

' Volkmann. Haemodynamick, p. 420.

^"VViiNOT. Phyuiologifi. Trad- de Bouchard. P. 1872. p. 45.

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