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VARICES ARTÉRIELLES

bélier le cui de sac artériel, fait saillir l'artère et l'isole des tissus d'une façon inquiétante pour le chirurgien. L'artère ^'allonge, parce qu'elle recule devant le sang. . B. La progression directe s'observe encore, compagne de l'allongement, dans les vaisseaux qui offrent un obstacle brusque au courant sanguin. Ainsi, au niveau des éperons de bifurcation, l'artère élastique, poussée par le sang, s'allonge et se rétracte ensuite à chaque battement ; c'est ce qu'on peut voir à Vartère centrale de la rétine, lorsque l'on comprime un œil atteint de glaucome. Mais, dans ce cas, l'allongement^ dû à l'élasticité du tube, n'est que passager et le retrait immédiat, tandis que dans le premier cas il s'y joint un mouvement de glissement, de déplacement dans le tissu cellulaire, qui laisse l'artère saillante en dehors du moignon au bout d'un certain temps.

lunexioii latérale. — Lorsqu'un vaisseau rectiligne est retenu à ses deux extrémités de manière à ne pouvoir suivre une impulsion communiquée un peu latéralement, il subit un allongement et forme une courbure latérale ou même plusieurs,suivant les points de plus grande extensibilité {Frey). Dans les premiers temps, ces inflexions peu marquées disparaissent dans l'intervalle des afflux. S'il existe d'avance une légère courbure, celleci est augmentée. Si, au contraire, le vaisseau offre une brusque courbure, celle-ci dilate son diamètre, et son calibre s'élargit également au point où le courant vient frapper sa grande courbure. On observe souvent cette dilatation au sommet delà crosse aortique. Dans les vaisseaux à circonvolutions multiples, le sang, en passant, excite des mouvements que Spallanzani appelle vermiculaires.

Redrciiisemcnt des courbures. — Lorsque l'extrémité antérieure du vaisseau est relativement libre, le choc du sang redresse la courbure et tend à la ramener à la ligne droite.

Varices artérielles. — Si ces divers phénomènes d'allongement, de déplacement, sont peu marqués à l'état normal, ils peuvent singulièrement augmenter dans cei-tains états morbides. Ainsi s'expliquent les varices artérielles où l'allongement du vaisseau prend des proportions extrêmes, en même temps que le diamètre est également augmenté sous l'influence du ramollissement inflammatoire qu'a subi le vaisseau. Cette dilatation s'accompagne d'amincissement de la tunique moyenne.

TKANSPIRABILITÉ DU SANG. 301

ALI&ON ' a démontré, cti effet, que l'élasticité diminue; la paroi artérielle devient plus molle et s'affaisse comme celle d'une veine, quand elle est enflammée. Aussi les pulsations y sontelles infiniment plus prononcées que dans les artères saines.

Résistance des artères. — Les tuniques artérielles ne sont pas d'égale résistance. Si l'on exerce sur une artère de moyenne grosseur une traction progressive, on voit les trois tuniques s'allonger d'abord simultanément. Puis, arrivées à un certain degré, ou sent les tuniques interne et moyenne se rompre irrégulièrement dans le sens trans verse, tandis que la tunique externe continue de s'allonger, mais en rétrécissant son calibre qui n'est plus soutenu par la présence des fibres élastiques.

Si c'est par le milieu que l'artère a été étirée, elle prend la forme d'un double cône dont les sommets se touchent. Enfin, sous l'influence d'une traction plus grande encore, la tunique externe elle-même finit par se rompre, et ses bords rétractés viennent obturer, en grande partie, les deux orifices du vaisseau.

Flc^kion des artères. — Une flexion extrême arrête, ou peu s'en faut^ la circulation dans l'axe principal de l'artère fléchie.

Ernest HART ^, partant de ce fait, a créé une méthode nouvelle de traitement des ancorysmes du pli dit coude et du creux popUté par la simple flexion de l'articulation du genou et du coude, méthode couronnée de succès. Par ce procédé, le calibre des artères est matériellement diminué au point de flexion, et cet obstacle, ajouté à l'angle suivant lequel le tube artériel flexible est plié, détermine, sans absolument l'arrêter, une diminution du courant si considérable, qu'il se produit un dépôt de couches coagulées^ laminées, concentriques, dans la cavité de l'anévrysme.

D'autre part, la pression du sang sur les parois du sac est en même temps fort anjoindrie, ce qui permet aux membranes trop dilatées de revenir sur elles-mêmes. Treize cas de guérison ont déjà été constatés dans la science, et cette utile découverte a pris droit de cité.

Thanspirabilitb du sang (vitesse <l'écouIei»»ent). — D'après EWALD ^ la vitesse d'écoulement du sang est d'autant plus grande

' Alison. Notice of some experiments on the vital properties of arteries leading lo inflamed parts . Ediaib. med. and surg. Journ. 1836, 1. XLV. p. 100. - Hah't (E.). Thé Trdnsact. med. ckirurg. vol.' XLII, 1839.

' EwALD. Ue/jer die transpiration des blutes,] Arch. fur auat. und physiol.j P; 208; 1877;

DILATABILITÉ ACTIVE DES AKTÈRES.

que le sang contient plus de matières solides. Elle diminue quand le sang est plus aqueux.

Le coefficient de vitesse de l'eau étant : 1, celui du sang sera : 0^27. Mais ces expériences ont été faites dans des capillaires artificiels.

En général, presque toutes les substances ajoutées au sang ralentissent sa vitesse ; Vacide carbonique, la nicotine, le chloroforme, r^^Y/igr agissent ainsi.

Mais le sang qui a été congelé s'écoule plus rapidement que le sang non congelé, par suite de la fragmentation et la décomposition des hématies.

luflncucc «le l'ali«>cncc «l'élasticité swr l'artère. — Toute variation dans l'élasticité des parois artérielles influe sur la force, la forme et la durée de la pulsation.

Ainsi la rigidité des artères, surtout celles qui sont voisines du cœur, augmente l'intensité du pouls dans la circulation périphérique etlui conserve plus longtemps son caractère rhythmique.

Mais si la rigidité était absolue, comme dans V ossification des artères^ le pouls disparaît dans la portion altérée, car le vaisseau, pour battre, doit être dilatable; sinon, il ne peut transmettre au doigt qui l'explore l'impression que lui donne la variation de volume.

Quand l'artère est seulement scléreuse, comme dans l'altération sénile des vieillards, la diminution d'élasticité s'accuse par l'arrêt du sommet de la systole, qui, ne trouvant pas à se développer en hauteur, se prolonge en un plateau plus ou moins prononcé. Mais comme l'altération graisseuse des artères épaissit leurs parois, diminue leur lumière, la sclérose s'accuse aussi physiologiquementpar une pénétration incomplète du sang dans l'intimité de l'organe, d'où les faiblesses^ les vertiges^ les défaillances qu'éprouvent alors les vieillards^ préludes trop fréquents d'une attaque à' apoplexie, car les artères scléreuses se rompent avec grande facilité.

Dilatabilité active des artères. — Les artères ne sont pas seulement contractiles, elles sont aussi spontanément expansibles, activement dilatables.

Pidoux ' en donne pour premier exemple la diastole si active, si puissante des artères ombilicales, malgré leur isolement et leur long trajel.

' Pidoux. /--t'.s Z,'j('.v île la circulai, du ^aui/. Puris, Assl'Uu. 1 vol. iu-b". 1879.

Les tz^avaux de Claude Bernard et la découverte qu'il fit des nerfs vaso-dilatateurs comme antagonistes des nerfs vaso-constricteurs, sont venus apporter une clarté nouvelle dans ce point obscur de la science.

Depuis lors, plusieurs physiologistes ont complété cette démonstration par l'étude de V Asphyxie. En effet, Brown-Séquard a démontré d'abord les propriétés excitantes du sang asphyxique pour tous les tissus. Or, si nous examinons avec MM. dastre et MORAT * l'état de la circulation pendant l'asphyxie, on reconnaît que l'énorme dilatation des artères et veines capillaires qui survient alors n'est point l'expression de la paralysie des nerfs et muscles constricteurs des vaisseaux, car leur excitabilité n'est épuisée en aucune façon. Si l'on pince l'extrémité de l'oreille d'un lapin en asphyxie, on voit les vaisseaux se resserrer, le tissu pâlir un instant, puis revenir peu à peu à son degré de congestion primitive. La dilatation vasculaire n'est donc point un état passif, une paralysie, mais bien une activité nouvelle mise enjeu par une excitation des nerfs dilatateurs, tandis que le resserrement est dù à l'excitation des nerfs constricteurs.

CONTEACTILIÏÉ DES ARTERES.

2° CoNTRACTiLiT^. — La secoude propriété des artères se nomme contractilitc ; c'est la force qui règle à chaque instant les quotités de sang, qui, de la circulation centrale, doivent rentrer dans l'intimité des organes et dans la circulation périphérique.

Les artères doivent donc avoir un débit très différent et distribuer une quantité de sang qui varie en proportion inverse de l'effort produit par la contractilité, presque constamment unie à l'élasticité; c'est de l'équilibre de ces deux forces, luttant contre celle du cœur ou s'y associant suivant les circonstances, que résulte le volume variable du vaisseau, et cet état de résistance que l'on désigne sous le nom de : tension vasculaire.

Existence de la coutraetilité. — Maqendie ^ niait qu'il y

' Dasthe et MouAT. Acad. des se. P. 1880.

- Magendie. Laçons sur les phénom. physi'j. de la rie, t. Il, p. '78.

eût dans les artères une autre propriété que l'élasticité. « Du moment, disait-il, que l'on admet que les parois des artères grosses et petites se contractent à la manière des muscles, il n'y a plus de théorie de la circulation de possible. »

Cependant les expériences de pany ' ont démontré que les artères exercent pendant la vie sur le sang une pression Lien plus considérable qu'après la mort. Ainsi la carotide d'un bélier, mesurée pendant la vie, mesurait une circonférence de |^ de pouce. Quelques minutes après la mort la mesure était de 270, un jour après la mort 320. Ainsi, sur les 109 degrés de diminution, 50 devaient appartenir à l'élasticité physique, 59 à une autre force, celle que nous allons étudier sous le nom de contractilitc vitale.

POiSEUiLLE ^, qui mesura ces différences sur l'artère d'un cheval, à l'aide du manomètre, trouva que l'excès de force de la contractilité sur l'élasticité était de 24 "™ H. G. sur l'animal vivant, et de quatre seulement sur l'animal mort depuis plusieurs jours.

Pendant la vie^ quelle que soit la quantité de sang contenu encore dans' les vaisseaux, les artères dilatées ou contractées se moulent constamment sur leur contenu et ne laissent aucun vide.

Enfin tous les anatomistes savent qu'immédiatement après la mort il survient une telle contraction des artères qu'il est souvent presque impossible d'injecter les sujets, tandis que le corps refroidi s'injecte sans peine.

j^atupc de la contractîlîAé. — Bichat regardait cette qualité des vaisseaux comme différente de son analogue dans les muscles et la distinguait sous le nom de : tonicité, qui est resté dans la science. Il avait raison en un sens, car la contractilité artérielle n'est point brusque comme celle des muscles, elle ne se déclare parfois qu'un temps notable après l'action des stimulants. Elle est lente et plus durable; mais, comme celle des muscles^ elle peut cesser et renaître à plusieurs reprises, sous l'influence des excitants.

Du reste les études micrograpliiques n'ont point tardé à éclairer la question, en montrant la nature musculeusede la deuxième tunique des artères.

* Pany. On expérimental inquiry into the nature ofthe drtenHal puise, 1816, p. 60. ^ PoiSEUiLLE. Rech. sur Vaetion des artères dans la circulât, aftér. 3. de physiol. de Mageudie, 1829, t; IX, p. 44.

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