ACTION AUTONOME DES AKTÈKES
primant son action, il ne devrait plus rester en jeu que l'élasticité, élasticité qui persiste sur le cadavre et qui devrait même y être plus forte que sur le vivant, n'ayant plus à lutter contre la contractilité des capillaires.
Or l'expérience démontre le contraire ; une injection de bleu de Prusse ou de lait faite dans l'aorte descendante d'un animal vivant après ligature au-dessous du cœur, pénètre sans effort infiniment plus avant dans les capillaires et revient même par les veines, tandis que sur l'animal mort il faudrait une force d'impulsion considérable et longtemps continuée pour obtenir le même effet.
Une deuxième preuve se tire de la circulation capillaire après la ligature de l'aorte ; on voit alors la circulation s'arrêter sans doute peu à peu, mais avant de l'être complètement surviennent des contractions, des oscillations dans les radicules artérielles; le sang paraît tantôt avancer, tantôt reculer, sans suivre pour cela ni le rhjtkme cardiaque ni le rliytkme respiratoire, mais une oscillation autonome qui tient à la contractilité.
Enfui, quand la circulation s'arrête, un courant électrique continu appliqué au vaisseau la fait recommencer.
11 faut conclure qu'en dehors de l'action cardiaque et de l'élasticité artérielle le sang peut être mis en mouvement par l'action autonome des fibres contractiles des artérioles.
Il en est de même dans les tissus enflammés. Si l'on examine au microscope un vaisseau avant la coagulation du sang, on voit sur le trajet vasculaire, surtout au niveau des éperons, des globules sanguins s'arrêter, s'accumuler, distendre le vaisseau, puis celui ci entrer en contraction et disperser ce thrombus commençant. Cette distinction nous aidera à comprendre bien des points encore obscurs dans la théorie vaso-motrice, où toute action dilatante est attribuée à une paralysie nerveuse. En effet, on avait déjà remarqué depuis longtemps que la section du grand sympathique cervical^ type le plus remarquable de cette paralysie, donne bien lieu à une congestion de l'œil par exemple, mais que cet état n'est point identique avec l'inflammation et peut durer des semaines sans y conduire, à moins d'une cause traumatique; au contraire, le moindre corps étranger introduit dans les paupières produit dix fois plus d'effet que la section du sympathique, et la rougeur vive, le torrent de