ACTION DES STIMULANTS SUR LA CONTRACTILITÉ ARTÉRIELLE
Jj^timulautsi cliimitiucis . — Ils sont les plus puissants ; sous le nom de styptiques ou astringents, leur indication est générale contre les hémorrJiagies ; mais les uns agissent sur le sang en le coagulant, les autres sur les parois de l'artère en les contractant. La plupart possèdent à la fois ces deux facultés.
Haller a constaté ce résultat pour V acide Suljurique \ HASTINGS ^onvVacide Nitrique THOMSON a vu \ Ammoniaque resserrer les vaisseaux^, maiis Hasting s ^ a observé dans le même cas, tantôt une contraction, tantôt une dilatation. L'essence Térébenthine a paru au même observateur resserrer fortement les capillaires de la grenouille. Le Tannin, VAlun, V acétate de Plomb agissent de même.
' Haller. Dissert, sur VirriUibiliié.
^ Hastings. Disput... de vi contractili vasonun. Edimb., 181S.
Thomsoin. On the liiflam. of t/ie mucous membrane of Ihe hinrjs. * Hastings. Traité de l'inflummat., p. 56.
CONTRACTILIÏÉ DES ARTÈRES.
Stimiilauts physîologiciiics . — Beaucoup de substances végétales possèdent les mêmes propriétés; les unes parce qu'elles ont encore une action chimique, les autres par des propriétés physiologiques.
Ainsi la Rathania, le Cachou agissent par le tannin qu'ils contiennent; VArtkante elongata ou Matico, la Cocaïne, par une excitation spéciale, ainsi que le Seigle ergoté et VErgotine qui peuvent arrèterThémorrhagie de la crurale ou delà carotide d'un mouton sans ligature, ainsi que l'a démontré BONJEAN de Chambéry ^
Variations de la contractilitb dans les diverses artères. — La contractilité artérielle est en raison inverse du volume de l'artère ; faible dans les troncs volumineux, elle est très visible dans les vaisseaux moyens et s'observe au summum dans les ramuscules. Cette loi a été établie par Hanter'^ à la suite de ses expériences sur les artères du cheval.
' Nysten ^ a vu le courant électrique rester souvent sans effet sur l'aorte, tandis que KÔLLIKER*, opérant sur la jambe d'un homme qu'on venait d'amputer, a vu, au bout de deux minutes^ une légère contraction de la Poplitée, et une vive contraction avec resserrement annulaire sur la ïibiale antérieure, pfluger^, en électrisant les racines antérieures des sciatiques de la grenouille, a pu arrêter complètement la circulation des artères du membre.
Certains vaisseaux conservent leur contractilité très longtemps après la mort; c'est ainsi que hunter^, expérimentant sur l'artère Ombilicale séparée du nouveau-né, a pu en renouveler les coutractions à plusieurs reprises, pendant trois jours consécutifs.
Le sexe féminin parait avoir une contractilité artérielle moins puissante; du moins pany' a constaté que, sous l'influence du froid, ou du contact de l'air, la contraction artérielle était beaucoup plus prononcée chez la brebis que chez le bélier.
Yariaiiou <lc la contractilité. — Rien n'est plus variable du reste, que la contractilité. Telle artère, très contractile aujourd'hui, ne le sera presque pas demain. Parfois on observe des
' BoNJEAN. Sur l'appUcat. de l'erqoiine dans let kcmorrhag. Acad. des se. P. 1845, t. XXI, p. S3.
- HuNTER. Sur le sang, Vinflammat. etc. OEuvres, t. III, p. 194.
' Nysten. Recherch. de phy.siol. el de chimie patkolog., 181, p. 325.
* KôLLiKER. Zur lehre von der contractiUtat. etc. Zcitschrift. fiir Wissens cliaftliche zoologie, 1849, t. p. 259.
Pfi.uger. Canstatt jahresbericlit, 1855, t. I, p. 132.
"HuNTER. OEuvres, t. III, p. 186.
' Pany. Experim. inquirg onarterial puise, p. 76,
CONTKACTILITÉ DES ARTÈRES. 309
différences tranchées entre les deux côtés du corps, ou bien entre les rameaux d'une même branche. Tantôt l'effet est général, la contractilité envahit toute une région; tantôt il est local et linéaire. C'est ainsi que Verschuir^ , qui, l'un des premiers, reconnut l'existence de la contractilité vasculaire, vit la fémorale d'un chien râclée avec un scalpel se contracter d'espace en espace et comme par segments annulaires.
Si l'on considère le temps, on voit la contractilité se manifester parfois immédiatement, et d'autres fois seulement au bout de j, I, une heure et plus, après la cause agissante.
Excitants. — Quant aux causes, tous les excitants peuvent développer la contractilité. Ainsi, le froid resserre les petites artères et une chaleur extrême produit le même effet, tandis qu'une chaleur modérée les dilate sensiblement.
Excitants cbimiqucfs. — Ce sont les plus puissants agents de la contraction artérielle, sous le nom à' astringents; ils constituent une des principales ressources du chirurgien contre les hémorrhagies .
Épuisement d'action par la fatigne. — Toute contraction énergique des vaisseaux est suivie d'un affaiblissement de la puissance vitale de l'organe qui devient moins excitable. Le stimulant ne provoque plus la même contraction.
Règle générale: ainsi que l'a montré Mareg'^, une excitation modérée tend toujours à faire contracter les vaisseaux. Une excitation forte tend à les dilater par épuisement. La répétition de l'excitation émousse la sensibilité de l'organe, c'est ce qu'on nomme Y accoutumance.
Action de l'électricité. — Les courants électriques manifestent toutes ces propriétés d'une manière remarquable ; tantôt contractant les petites artères au point de les rendre imperméables, tantôt les laissant tellement inertes à la suite de ces fortes contractions, que le vaisseau prend, sous la poussée du sang, un volume double de son état primitif.
Circulations locales. — Influences des dilatations et resserrements. — Chaque glande a sa circulation locale, et, suivant que la fonction de cette glande sommeille ou s'active, les vaisseaux se resserrent ou se dilatent.
' Versciidir. De arteriaruni et venarum vi irritabili, p. 89.
- Marey. MifOT. sur la contractilité vascul. Ami. des se. nalur., 1858, i*" sériet. IX, p. 69.
Quanti les vaisseaux se resserrent, ils ne servent plus qu'à la nutrition intime de l'organe, et n'admettent que peu de sang^ qui de rutilant devient noir.
Quand la glande fonctionne, les vaisseaux, élargis, laissent passer le sang en abondance, et ce sang reste souvent rouge ou même pulsatif, après avoir passé dans les veines.
19B<«tinction entre Sa rétraetilitc et Ba contractilité. — Il semble, au premier abord, que ces deux mots soient synonymes, puisque tous deux expriment une diminution de volume de l'artère. Pourtant il n'en est rien.
La rctractilitè ne s'exerce que lorsque l'artère a dépassé par dilatation le diamètre moyen de son calibre, que l'on peut considérer comme son point d'équilibre ou de repos.
La contractilité ne commence à agir qu'à dater de ce moment et dépasse souvent de beaucoup le resserrement moyen et normal de l'artère.
Ainsi, l'une de ces propriétés finit où l'autre commence, toutes deux concourant au même but.
Influence des artères sur la force circulatoire générale. — Les artères ont-elles dans l'acte circulatoire une part active, ou ne font-elles que diriger le sang, et transformer son mouvement pour le rendre continu? Question bien controversée. Charles BELL ^ attribuait aux artères une puissance impulsive plus grande que celle du cœur.
Cette opinion est évidemment exagérée ; mais si l'on considère les résultats obtenus par Poiseuille, démontrant que la réaclion vitale des artères produit une pression supérieure à celle du sang, au moment de la dilatation vasculaire, on sera porté à admettre avec Milne- Edroards ^ que la contractilité des artères mises en jeu par le fait de chaque diastole devient une nouvelle force active qui continue la poussée vers les capillaires et répare la déperdition des forces, inévitable dans un trajet si complexe.
Cela est vrai surtout, si l'on admet la théorie de la contraction autonome à'Onimus, et toutes les fois que les muscles vasoconstricteurs sont enjeu.
Quant au tissu élastique, il fonctionne comme un ressort qui résiste d'autant plus que l'obstacle est plus grand; il arrive à
' Ch. Brll. On essay on the forces iMrh circula tp tlic hlood, 1S19. - .Milne-Edwamds. op. cit., t. IV, p. 223.