VACUITÉ DES ARTÈRES APRÈS LA MORT
égaler la poussée, jamais à la dépasser; mais il parvient à la vaincre par son action conlinue, la poussée élanl toujours inlermittenle.
Centres d'impulsion artériels, — sénac regardait les artères comme de vrais cœurs siippléineittaires, sous une autre forme.
En effet, comme le cœur, elles se contractent et se dilatent alternativement, mais à des moments opposés h ceux de cet organe; la dilatation artérielle commence pendant la contraction ventriculaire, elle revient sur elle-même alors que le ventricule se dilate.
Chez les animaûx., l'idée de Sénac est parfois entièrement vérifiée; certaines artères deviennent des centres d'impulsion. Ainsi, l'artère axillaire de la Torpille est douée d'une activité propre, et bat, indépendamment du cœur, ainsi que l'a constaté DAVY.
Il en est de même de l'artère de Vaile des Chauves-souris, et de l'artère de Voreille du Lapin. Celle-ci se montre totalement indépendante du cœur, et, au lieu de battre 160 ou 180 fois par minute, elle ne bat que 15 ou 20 fois, laissant souvent des intervalles de plusieurs secondes de repos entre deux conctractions. Mais pour l'homme rien de pareil ne s'observe, du moins sur les gros vaisseaux artériels. Ils s,ont doués d'une contractilité énergique, et la montrent sous l'influence de tous les stimulants, mais ils n'ont aucun battement rhythmique personnel en dehors de ceux que leur communique le cœur. Ils sont surtout le trait d'union, entre les deux grands centres : le cœur, centre d'action; les capillaires, centre de résistance et d'absorption.
Vacuité des artères âpres la mort. — C'est un fait observé depuis longtemps, qu'après la mort, le sang, au lieu de rester réparti dans tous les vaisseaux, s'accumule spécialement dans les veines, tandis que les artères restent à peu près vides.
Harvey ^ croyait à une obstruction des poumons après lamort, empêchant l'arrivée du sang dans les cavités gauches.
CARSON ^ admettait une action aspiratrice du poumon, dont l'élasticité retenait le sang dans les oreillettes et les grosses veines du thorax.
' Harvfy. Exercitatio altéra apud Riolanum. Op. omn. p. HR. - Carson. On l.he cause of vncuily of tlie nrterie.i af'ter death. Med. chir. trans. t. XT, p. lfiri.
:5r2 PÉNÉTKATION DE L'AIR DANS LES ARTÈRES.
Cotte hypothèse ingénieuse ne peut subsister devant ce fait, que les reptiles et les poissons, qui n'ont aucune force aspiratrice semblable, offrent également le phénomène de la vacuité des artères.
Mais il suffit, comme le fait observer milne-edwards ^, de se rappeler que les artères sont douées d'une puissance de contraction tonique bien plus grande que celle des veines, pour comprendre qu'en vertu de cette propriété elles doivent se resserrer et chasser dans les veines tout le sang qu'elles contenaient. Le cœur seul était en effet capable par ses contractions de surmonter cette tonicité des artères et de remplir leur calibre. Mais le cœur cesse de battre aussitôt après la mort, tandis que la fonction contractile dos tuniques artérielles persiste encore longtemps ; de là cette vacuité si particulière.
Enfin la découverte faite par Onimus de la contractilité autonome des artères achève d'éclairer la question.
Plus tard, quand la mort date de plusieurs heures, la coagulation du sang dans les veines empêche ce liquide de traverser de nouveau les capillaires et de refluer dans les artères.
HOLLAND ^ a pourtant fait une remarque; c'est que^ dans les cas de mort subite par strangulation ou par Sîibmerswn, les artères ne se vident pas complètement ; cela vient sans doute de l'état de demi-paralysie où se trouvent leurs parois, au contact d'un sang devenu noir et chargé d'acide carbonique. Il doit en être de même dans tous les cas A' asphyxie.
PRÉSENCE DE l'aIR DANS LES ARTERES.
' PÉNÉTRATION DE l'air DANS LES ARTÈRES. — La préseuce d'air à l'état gazeux dans le système aortique provoque des accidents dont la gravité varie suivant la quantité et suivant les territoires vasculaires dans lesquels s'engagent les embolies gazeuses.
Pourtant l'introduction d'une très petite quantité d'air dans le système veineux est presque sans danger, car l'air ne tue que lorsqu'il fait équilibre par sa tension à la puissance contractile
' Milne-Edwards. Leçons sur la phyxiol, t. IV, p. 387.
^ HoLLAND. The properties and influence of arteries on the circulalion of tlie blood. Edimb. nied. and surg. Journ., 1841, t. LV, p. 17.