CONTRAGÏILITÉ PROPRE DES CAPILLAIRES
la contractilité organique insensible des petits vaisseaux.
WILSON-PHILIP ' regarde leur circulation comme indépendante de celle du cœur, s'appuyant sur ce fait, qu'après la ligature du cœur ou d'un gros tronc la circulation capillaire dure encore quelque temps.
Nous avons vu que les capillaires les plus fins sont formés aux dépens du protoplasma, mais ce protoplasma, d'après les recherches de Max-Schulze, de HaeJd, de Brenke et de Stricker, est luimême une substance contractile ; aussi ont-ils signalé dans les parois do ces capillaires une série de nodosités, qui se déplacent par contraction vermiculaire, produisant des resserrements et des dilatations successives. Stricker les attribue à une action vraiment vitale, car si la cause était simplement physique, on les observerait toujours au même endroit, tandis qu'elles changent sans cesse de place.
C'est en vain que d'autres observateurs ont voulu opposer à ces faits des raisonnements purement mécaniques, savoir :
Que la force d'impulsion du cœur s'accumule dans les parois élastiques des artères en les dilatant, et qu'en supprimant le centre d'impulsion, la force accumulée n'en continue pas moins de se dépenser jusqu'au bout. Les recherches les plus modernes ont démontré qu'il n'en était point ainsi, et que, le cœur cessant d'agir, quelques secondes seraient à peine nécessaires pour arrêter toute circulation, si d'autres causes n'intervenaient pour la continuer dans les capillaires. Ce qui le prouve encore, c'est que, dès qu'on diminue cette force personnelle des petits vaisseaux, comme, par exemple, enserrant un peu le doigt avec une ligature, le mouvement pulsatif du cœur vient aussitôt y remplacer la circulation continue des capillaires.
En 1875 DE GIOVANNI 2^ en étudiant les phénomènes inflammatoires sur les capillaires de la langue de la grenouille, observa sur les parois de ces capillaires des mouvements analogues aux mouvements sarcodiques. Il en résultait des déformations du vaisseau, des étranglements avec un aspect moniliforme très irrégulier. Quoique l'auteur n'ait pas reconnu l'existence de ces mouvements pendant la circulation normale, il n'en résulte pas moins la démonstration des faits suivants :
* Wilson-Philip. Some observations relating ta the powers of circulation. Med. cliir. transact., 1823, t. XII, p. 401.
- De Giovanmi. Faits relatifs à la contractilité des vaiss. capill. sanguins. Rivist. clinic. (H Bologna, avril 1873.